G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur: septembre 2026

mercredi 30 septembre 2026

Matinée

 

Dessin : Bill Térébenthine


Dans la revue en ligne En attendant Nadeau, je lis le début d’un article. « À la question « qu’est-ce que cela vous fait de vieillir ? » posée par une étudiante américaine, Christian Boltanski avait un jour répondu : « Vous savez : Giacometti, en vieillissant, ressemblait de plus en plus à un Giacometti ; et Francis Bacon, en vieillissant, ressemblait de plus en plus à un Francis Bacon... » Je me pose la question, ou plutôt j’essaie, et je ne trouve pas « ce que cela me fait de vieillir » même s’il est certain que le processus a lieu en ce moment d’une manière spécifique. En revanche, je crois savoir assez précisément ce qui évite ou ralentit le vieillissement en cours. Il y a la curiosité qui m’amène par exemple à lire cet article sur Enrique Vila-Matas et sur la superficialité « qui, comme le disait Italo Calvino, est une vertu ». Et puis il y a la playlist d’excellente musique diffusée par Radio GFIV. Ce matin : The Chiffons, Elvis Presley, The Cajun Band, John Lennon, Lloyd Cole and the Commotions, Buster Brown et, en ce moment, The Chocolate Watchband. 

Rien sur Céline Dion, le pape et Bardella ? Désolé, mais je n’écris que sur ce qui retient mon intérêt.


mardi 29 septembre 2026

Croquis d'audience


 


Procès Dati : une nouvelle occasion d'admirer les dessins de Sergio Aquindo. On apprécie particulièrement la manière dont ce trait capte les manifestations de la tension nerveuse et de l'irritation.

lundi 28 septembre 2026

10 : 42


 

Pas encore vraiment 

réveillé

Confusion

La confusion est partout

A l’intérieur 

Tout autour

Sur les réseaux

Dans la rue

Pour la moindre démarche

Il faut dépenser

Une énergie démesurée

Chercher l'origine

Des contretemps

Des erreurs

Des retards


Pourquoi pas

Laisser tomber

Ne plus bouger

Et respirer

Lentement

En attendant

Le retour

Du silence 

 

samedi 26 septembre 2026

Des fleurs, de la musique et des sourires


Ce n’était peut-être pas une très bonne idée de revoir le film Monterey Pop Festival 1967. Les musiciens sont bons. Certains le sont presque trop. Janis Joplin, Jimi Hendrix, les Who en pleine forme. Mais ce n’est pas tout. La caméra de Pennebaker, en état de grâce, a saisi l’ambiance qui régnait dans les allées du festival. Les spectateurs sont très présents au montage, principalement les visages des filles filmés en gros plan. Tout le monde est détendu, ouvert, souriant. Forcément, lorsque qu’on voit ça maintenant, l’impression est pour le moins mitigée. A moins de se réfugier dans le ricanement, il est difficile de ne pas sentir passer un peu de mélancolie en se demandant comment une si belle énergie a pu laisser la place à ce qui a suivi. Mais il y a la musique et les images ; alors on se dit que tout n’a pas été définitivement perdu. 




 

vendredi 25 septembre 2026

Une journée ordinaire



 

Levés plus tôt que d’habitude

Rendez-vous au garage

Entretien de la voiture

Retour au pas de course

Arriver avant la pluie

Mission réussie

Différents appels et mails

Ici tout le monde connait

Mes limites

Je me contente d’assister

Aux échanges

Puis retour au garage

Récupérer l’automobile

Le garagiste sympathique

A besoin de parler

Une vie défile à toute vitesse

Maladies, séparations, décès

Nous réussissons à partir

Complètement épuisés

Par cette journée ordinaire 


jeudi 24 septembre 2026

1971 fut une bonne année


 "La musique que les Allman Brothers ont jouée ce week-end-là — celle qui, grâce à Tom Dowd, a été immortalisée sur l'album At Fillmore East — a redéfini ce qui était possible sur une scène rock. Elle était parfaitement adaptée aux dimensions de la salle. Comme tant d'autres lieux emblématiques du rock 'n' roll, le Fillmore était tout sauf une salle conçue à l'origine pour ce genre de concerts. À l'origine, c'était un théâtre yiddish pouvant accueillir deux mille cinq cents personnes ; aujourd'hui, on dirait de lui qu'il est idéal pour des concerts à l'atmosphère unique. Ce qui a émergé de ce week-end a propulsé le groupe au rang des formations les plus populaires des États-Unis. Sur le plan musical, la performance fut extraordinaire. Du titre insouciant « Statesboro Blues » au morceau instrumental aux accents jazz « In Memory of Elizabeth Reed », en passant par l'ardent « Whipping Post », les deux guitaristes et les deux batteurs des Allman jouaient avec la puissance d'un poids lourd maniable comme une Ferrari, reléguant au rang de tentatives brouillonnes et maladroites toutes les autres tentatives d'enregistrement d'improvisations rock. L'album est devenu une telle référence que même le cri étranglé réclamant « Whipping Post », lancé par un spectateur dans un moment de silence entre deux chansons, a été largement imité par des plaisantins lors de concerts d'autres groupes. Le phénomène s'est reproduit si souvent au cours de la décennie que Frank Zappa a fini par apprendre une version de « Whipping Post » pour l'intégrer à son propre spectacle." (traduction maison)
David Hepworth, Never a Dull Moment, 1971 The year that rock exploded

mercredi 23 septembre 2026

L'art de la nouvelle


 Début de la nouvelle de James Salter intitulée "Le cinéma" :

  "Elle arriva à dix heures er demie. Ils attendaient. La porte au bout de la salle s'ouvrit ; avec une certaine timidité, essayant de voir dans la pénombre s'il y avait quelqu'un, elle avança lentement, presque à regret, ses longs cheveux flottant sur ses épaules comme ceux d'une écolière. Tous les regards étaient braqués sur elle. Une jeune femme, sa secrétaire, la suivait.

   Les très beaux visages ne s'expliquent pas. Elle avait un long nez, une bouche, et une curieusedistance entre les yeux. C'était un visage à la fois ouvert et insaisissable. En quelque sorte, il exprimait une certaine indifférence envers indifférence envers la vie."

James Salter, Last night (Editions de l'Olivier)

mardi 22 septembre 2026

Comme les autruches


 

On entend dire que le gouvernement prend des décisions au coup par coup, avec un temps de retard, et toujours sans orientation d’ensemble accordée à une vision claire des problèmes qui se poseront inévitablement. La raison de cet aveuglement est pourtant évidente : les visions à plus long terme, c’est-à-dire dépassant la fin du mois en cours, sont si désolantes et pour certaines si effrayantes qu’il est naturel de garder les yeux au ras des évènements qui surgissent. Pour le reste, on verra plus tard. Même comportement chez les nombreux candidats en campagne. L’objectif semble être de nous ménager, de ne pas trop nous démoraliser. En effet, quel sens peut avoir une élection lorsqu'autour le décor a déjà commencé à s’effondrer ?

lundi 21 septembre 2026

Authentiquement Soul


 Dan Penn venait de Vernon, raconte Rick Hall, et il a aussitôt excité la curiosité de tous : c'était un gamin blanc de seize ans qui chantait comme Ray Charles et était dingue de musique noire. Il était authentique. Ce n'était ni un escroc ni un imposteur. Il en savait plus sur la musique noire que nous tous réunis. Je me confiais à Dan. Je respectais ses opinions - sans abandonner les miennes pour autant, bien entendu. J'étais particulièrement impressionné par sa sensibilité aux chansons et à leur composition. Il n'avait rien d'un béni-oui-oui. S'il n'aimait pas quelque chose, il te disait : "Je pense que ce truc schlingue. Jamais entendu pire." Dan était un esprit libre". 

Peter Guralnick, Sweet Soul Music (Allia)


samedi 19 septembre 2026

Entre deux livres


La difficulté, après avoir lu un roman correspondant à ce que vous attendez de la  littérature, est de trouver une solution pour enchaîner sur le suivant. J’ai commencé deux romans dont j’ai dû interrompre la lecture au bout de quelques pages. Du réalisme social, lourd, vulgaire comme les personnages qu’ils observaient avec une distance condescendante. J’ai alors repensé à l’écrivain qui m'était revenu à l'esprit en lisant le début d’Entre amis. Il s'agissait de James Salter. Je me suis aussitôt plongé dans ses nouvelles et j’ai eu la confirmation qu’il s’agissait du bon choix


 

vendredi 18 septembre 2026

Essai comparatif



 

DuckDuckGo : Très bon réfrencement du blog avec le lien, c'est parfait.


Qwant : très bon référencement du blog avec le lien juste en dessous. Excellent.



Google : rien. Pas de livre, pas de blog et donc, pas de lien. Totalement inconnu sur le web. Nada. Conclusion : les bots de Google, avec les moyens dont ils disposent, doivent pouvoir faire mieux.






jeudi 17 septembre 2026

Fin


 

Je viens de terminer la lecture d’Entre amis. J’ai foncé vers la fin comme cela ne m’étais pas arrivé depuis longtemps. C’est quoi, un « grand roman » ? C’est un roman complètement réussi indépendamment de ce qu’il raconte, voire en dépit de l'histoire qu'il raconte. Un peu le contraire des romans "témoignage". Dans celui-ci, tout le plaisir du lecteur est dans les descriptions, dans les ambiances, les détails, les changements de points de vue, les comparaisons évocatrices (j’aurais dû en noter quelques-unes), les dialogues, etc. Au passage, et sans vous en être aperçu, vous en sortez avec l’impression d’avoir appris des choses pas clairement formulables sur le roman en cours qu'est votre vie.

mercredi 16 septembre 2026

Vous avez dit "attention" ?


 "Les personnes intentives ont un sens de l'observation très superficiel. Leurs jugements sont erronés et ils se m'éprennent sur la valeur des choses, car pour approfondir une question, ils ne savent pas donner suffisamment de temps, de patience ou de précision. Ces personnes entendent et mémorisent tout à moitié, et souvent de façon désordonnée. Ils connaissent un peu de chaque chose mais rien de l'ensemble. Il sont souvent imprudents, ils élaborent de grands projets mais ils sont très inconstant pour les réaliser."

Melchior Adam Weikard, 1775

mardi 15 septembre 2026

Hémisphères


 

J’ai trop lu aujourd'hui

l'hémisphère gauche de mon cerveau

qui analyse les mots

commence à fatiguer

Je vais regarder des images

en passant sur l'hémisphère droit

qui est aussi le côté des émotions

Il y a cette couverture de Charlie Hebdo

où l'on voit un nazi avec un brassard AFD

La bulle qui dit : « On n’a jamais réessayé »

J'ai trouvé ça amuppant*

 

* amusant et flippant

lundi 14 septembre 2026

Revue de presse

 

Je ne sais pas ce que Patrick Besson a fait de ses vacances mais son billet de rentrée est assez faiblard. C’est la seule chose que je lis lorsque je feuillète le Point. Le thème retenu cette semaine m’a intéressé parce que j’avais songé un moment l’évoquer dans le Carnet. Il s’agissait de se pencher sur l’usage omniprésent du terme « compliqué ». Besson le chroniqueur traite le sujet de manière assez paresseuse. Tout est compliqué, blablabla. Le ton est moins sarcastique qu’à l’accoutumé. Il me semble qu il passe à côté d’un point important, que j’envisageais de traiter : l’expression exacte est « C’est un peu compliqué », le « un peu » étant utilisé de manière à euphémiser ce qui est en train de se passer. Exemple : « Ma maison a brûlé, ma femme a disparu, alors c’est un peu compliqué ». On entend ça à chaque reportage sur une catastrophe, c’est-à-dire tous les jours. J’avais certainement ma petite idée sur cet usage généralisé de l’understatement mais depuis, j’ai oublié.

 

samedi 12 septembre 2026

A l'écoute


 

J’écoute une compilation maison

Le titre qui passe s’appelle

Our Love Is Here To Stay

Par The Lester Young-Teddy Wilson Quartet

La musique me calme et me détend

Je ne sais pas ce que je deviendrais

Sans ces doses quotidiennes de Jazz,

De Soul, de Blues, de Rock, de Folk, etc.

J’en ai besoin comme j’ai besoin des livres

Maintenant c’est la trompette magique de Miles

Les incantations vaudou de Bitches Brew

Qui viennent apaiser mes nerfs et mon cerveau

Je m’abandonne à cette jungle sonore

Où des animaux étranges se répondent

A travers des pylônes électriques

vendredi 11 septembre 2026

Un peu de poésie


 Ah quelle fraîcheur en pleine figure ne pas s'aquitter d'un devoir !

Faillir c'est positivement être à la campagne !

Quel refuge que l'impossibilité pour autrui d'avoir confiance en nous !

Je respire mieux maintenant que sont passées toutes les heures des rendez-vous.

Je ne suis allé à aucun, par décision délibérée de mon insousciance,

Je suis resté dans l'attente de l'envie de m'y rendre, car je devais savoir que je n'irais pas.

Je suis libre, contre la sociétéorganisée et habillée.

Je suis nu, et je plonge dans les eaux de mon imagination.

Il est trop tard pour je sois à l'un ou l'autre des deux points où je devrais être en même temps,

Délibérément en même temps...

C'est bon, je resterai ici rêvant des vers et souriant en italique.

Elle est si agréable cette part auxiliaire de la vie !

Je ne parviens même pas à allumer la cigarette suivante... Si vous êtes un geste,

Restez donc avec les autres, qui m'attendent, dans ce rendez-vous raté qu'est le vie. 

Alvaro de Campos

jeudi 10 septembre 2026

En exclusivité

Illustration : Bill Térébenthine


« Un imposteur, un fumiste, conscient de l’être, donc spectateur de soi-même, est nécessairement plus avancé dans la connaissance qu’un esprit posé, plein de mérites, et tout d’un pièce. » Cioran, L’Inconvénient d’être né

Avec Cioran, on pèse chaque mot. Condensation maximum, telle est sa devise (qu’il jugeait paralysante mais il ne savait pas faire autrement). Il faut donc déplier un peu et tirer quelques développements. Peut-être de quoi occuper un livre entier : ce livre, précisément. Je me demande si l’auteur de cette réflexion a bien mesuré tout ce qu’elle entrainait comme renversement radical des valeurs en vigueur. Pour lui, ce n’était qu’un bâton de dynamite parmi d’autres. Mais pour ceux qui subissent le dédoublement de l’imposteur en étant conscients de ce qui se passe en eux, c’est un énorme soulagement. Ce qu’ils ont vécu toute leur vie comme un handicap, une incapacité, une absence de "compétences sociales" s’avère, aux yeux d’un des penseurs du vingtième siècle, un signe d’excellence dans la connaissance. Il est peut-être temps de tout reconsidérer.

Vous êtes un fumiste (extrait)


mercredi 9 septembre 2026

Pour en finir avec la biodiversité

 



Arrêtez de pleurer sur la biodiversité en danger. Il y a, parait-il, beaucoup moins d’insectes. Et alors ? On voit que vous n’avez pas connu (ou que vous avez oublié) l’époque où il fallait nettoyer le pare-brise lors de chaque trajet un peu long. Aujourd’hui, on peut traverser le pays du nord au sud sans avoir à verser un pourboire au pompiste qui vous a passé une éponge sur la vitre couverte d’insectes écrasés. Le pompiste a disparu et les insectes également. Quoi ? Les oiseaux ? Ils n’ont plus rien a à manger ? On ne les entend plus dans les campagnes ? Vous oubliez juste un détail au sujet des oiseaux : ils balancent des chiasses partout, sur le mobilier de jardin, sur les terrasses, sur les velux. C'est une catastrophe. Alors les petits zoizeaux, on ne les regrettera pas.


mardi 8 septembre 2026

Echos de rentrée



Il arrive parfois que les choses se répondent comme si elles faisaient signe. J’avance lentement mais surement dans le pavé de Peter Guralnick, Sweet Soul Music, où il est longuement question de l’ascension du label Stax au début des années 60 grâce, notamment, à l’éclosion du jeune Otis Redding. La description de l’enregistrement de son premier album lors d’une nuit blanche restée dans tous les esprits est un grand moment du livre. Par ailleurs, en cherchent de quoi accompagner musicalement cette lecture, j’ai remis la main sur de vieilles K7 compilant ses titres. Enfin, je viens de voir le "Blow Up" de la rentrée consacré aux liens entre Otis Reading et le cinéma. Un extrait m’a furieusement donné envie de revoir Monterey Pop de Pennebaker.

 

 

lundi 7 septembre 2026

Début


 

Cela ne vous aura peut-être pas échappé, j’aime commencer la lecture d’un roman. La raison pour laquelle j’ai pioché Entre amis dans l’avalanche de titre sortis en cette rentrée m’échappe un peu. La couverture a pu jouer un rôle mais pas le nom de l’auteur, inconnu au bataillon (normal : c’est son premier roman). Il faut croire que le pitch de l’éditeur a éveillé ma curiosité. Amitié toxique entre deux quinquas qui ont réussi, réunions avec femmes, enfants... L’enthousiasme de la critique américaine à propos des qualités d’écriture de ce jeune romancier a fini par l'emporter. J’en suis au début, il ne s’est encore rien passé d’important (mais on sait qu’une grave crise va éclater) et pourtant, avec un sens du détail concret assez réjouissant, Hal Ebbott installe tout de suite un climat légèrement pesant en laissant apparaitre des failles qui sonnent juste. Je retrouve un peu du plaisir de lecture que m’avait procuré Un bonheur parfait de James Salter.

samedi 5 septembre 2026

Secrètes croyances

Dessin : Bill Térébenthine

 

Nous sommes tenus de garder le silence au sujet des choses auxquelles nous croyons profondément. En effet, le risque d’être considéré comme un malade mental est bien réel. Dans le monde moderne, ce qui faisait l’ordinaire de la vie d’un primitif a basculé intégralement dans le domaine de la psychiatrie ou de la psychanalyse. Or, nous ne désirons pas du tout être soignés et encore moins guérir. La discrétion s’impose donc.

vendredi 4 septembre 2026

Maigret, le vrai


 Un auteur de la rentrée annonce qu'il a lu "tous les Maigret" pour écrire son roman. Je ne connaitrai pas le résultat parce que son livre ne me tente pas. En revanche, je n'ai pas résisté à l'envie de replonger dans Simenon. Maigret aux assises commence très bien. Le commissaire dépose à la barre en tant que témoin. Il se substitue à son auteur et raconte son enquête au président du tribunal qui l'interroge. Il est précis et efficace dans ses descriptions, exactement comme Simenon peut l'être dans les siennes. Il doit bien exister des thèses universitaires sur "les enjeux narratifs dans le récit simenonien".

jeudi 3 septembre 2026

Revue de presse


 Un article paru dans New York Magazine nous apprend que nous sommes de plus en plus limités intellectuellement. Ce n'est une surprise pour personne. La question des causes, elle, fait l'objet de plusieurs hypothèses. L'une d'entre elle change un peu des complaintes anti-scrolling. Notre cerveau, qui n'a pas fondamentalement changé depuis la fin de la préhistoire, n'était pas conçu à l'origine pour entrer en contact avec la pensée d'une multitude d'inconnus. Il est débordé, en surcharge ; il ploie sous l'abondance de stupidité déversée. Il y a une bonne nouvelle : l'IA devrait également se dégrader rapidement, victime de la boucle rétroactive qu'elle génère en se nourrissant de contenus qu'elle a elle-même produits. De résumé en résumé, les scories et les erreurs sont répétées jusqu'à perdre tout lien avec la logique du contenu d'origine humaine. Mais comme de plus en plus d'humains feront confiance aveuglement aux résumés de l'IA, ce n'est pas non plus une très bonne nouvelle.  

mercredi 2 septembre 2026

Un peu de féminisme


 "Rien de plus insuportable qu'une femme qui connaît une chose à fond, qui étudie un problème, qui montre de la compétence dans les matières vagues, comme la littérature ou l'art. Pour conserver son charme, une femme doit seulement effleurer ou deviner ; dès qu'elle sait, elle ne séduit plus."

Cioran, Cahiers

mardi 1 septembre 2026

Retour à Maigret


 

Je viens de lire un Maigret et ce fut bien agréable. Félicie est là mérite d’être recommandé. Simenon parvient à nous surprendre avec un Maigret hésitant, troublé par une jeune normande butée et arrogante qui lui résiste et semble le mener en bateau. C’est la bonne d’un vieux monsieur assassiné et elle semble savoir des choses mais elle répète : « De toute façon je ne vous dirai rien. » Alors Maigret s’incruste dans la maison du crime tandis que l’enquête se poursuit du côté de Rouen et de Pigalle, moitié pour protéger ce témoin récalcitrant, moitié pour une raison qui lui échappe. Cette étrange fascination est le vrai sujet de ce roman qui est un régal.