G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

mardi 21 juillet 2026

A la poubelle

 


« Un état où il n’y a ni idée ni absence d’idée ». Cette formulation, lue dans une vie de Bouddha, m’a frappé au point de rester gravée dans mon esprit. C’est probablement parce qu’elle résume avec clarté ce que je cherche obscurément à atteindre à chaque fois que je gribouille des mots sur des bouts de papier que je déchire après les avoir mis au propre. Je comprends aussi pourquoi j’ai toujours l’impression d’avoir raté la cible (qui n’existe pas). 


lundi 20 juillet 2026

Interview


 "En permettant l'homme, la nature a commis beaucoup plus qu'une erreur de calcul : un attentat contre elle-même."

Cioran, De l'inconvénient d'être né



— Monsieur Legloseur...

— Vous pouvez m’appeler Joe.

— Joe, que pensez-vous de ceux qui sont prêts à voter pour des hommes ou des femmes politiques qui, après avoir minimisé les dangers du réchauffement climatique, ne proposent rien d’autre qu’un cauchemar climatisé sans aucun projet de DIMINUTION MASSIVE DES EMISSIONS DE CO2 (principal gaz à effet de serre d'origine anthropique sur notre planète) tout en sachant qu’une telle politique implique nécessairement un changement d’orientation global incluant tous les aspects de la vie quotidienne (alimentation, transports, consommation, habitations, etc.) ?

— Qu’ils crèvent de chaleur.

— Merci Joe d’avoir répondu et bonne journée.


samedi 18 juillet 2026

Un peu de fraicheur


La magie, la sensualité et les mystères de l'enfance sont les sujets des nouvelles qui composent le livre de Maurice Pons. Il s'agit de textes de jeunesse, ce qui explique peut-être la précision avec laquele il évoque ces souvenirs - réels ou reconstruits, peu importe. L'ensemble nous replonge dans cet univers parrallèle bien lointain pour nous. Il le fait avec élégance, humour et, c'est appréciable, sans aucune trace de niaiserie. 

Extrait de l'introduction de mon récit préféré où il est question d'une bande à vélo dirigée par une fille qui exerçe un étrange ascendant sur les garçons de son gang. 

"Quand vint le printemps de cette année-là, on s'aperçut qu'il s'était formé une nouvelle bande qui allaiy exciter la curiosité de toutes les autres. Elle n'était composée que de jeunes garçons, ayant à leur tête une seule petite jeune fille. La bande ne circulait qu'à biciclette, en des formations très étudiées, qui lui donnaient un aspect de cohésion et de force incomparable. Il semblait régner sur elle une sorte de mystère intouchable qu'enfermaient les rangées fugitives de vélos, et la jeune fille étrange, chaussée de hautes bottes, cheveux au vent, emmenait à vive allure ses jeunes amis, dévorés d'on ne savait quelle fièvre. Ils gardaient sur leur secret de silence des grands initiés ; à toutes questions ils ne répondaient que par le sourire de la soumission parfaite."

vendredi 17 juillet 2026

John pour toujours


 

Dans la cour de récré, j’étais 100 % Stones. Je n'écoutais pas les disques des Beatles ; ils n'ont débarqué chez moi que dans les années 80, amenés par ma compagne qui les avait tous dans ses bagages. Quand je me penchais sur leurs enregistrements, je préférais souvent les titres les plus lennoniens. En revanche, les albums solos de l’ex-Beatles à lunettes ont plutôt mal vieilli, entre engagement politique simpliste et niaiseries peace and love. Plus grave : aucun n'est audibles intégralement. Il existe cependant une exception, un chef-d’œuvre intégral d'une incroyable force (comme par hasard, il est sous représenté dans les compilations supervisées par la veuve). Je veux parler de l’album de reprises sorti en 1975 fort justement intitulé Rock n’ Roll.  Celui-là, je ne m’en lasserai jamais. 


jeudi 16 juillet 2026

Nos amis les cloportes


 

Les cloportes n’ont pas très bonne réputation. Ce sont pourtant des petites bêtes assez sympathiques, presqu’attachantes. D’habitude, on ne les remarque pas beaucoup. Elles se tiennent discrètement cachées dans les anfractuosités des murs ou sous les pierres. Mais depuis que nous vivons au rythme des canicules, on voit rappliquer ces pauvres cloportes à la recherche d’un peu de fraicheur dans des recoins à l’ombre. J’en déloge lorsque je balaie le pas de la porte ou le carport. Lorsqu’ils se sentent menacés, les cloportes se roulent sur eux-mêmes pour former une petite boule hermétique protégée par leur carapace. C’est assez efficace. Je les transporte ainsi dans une bordure. Lorsqu’ils se déplient, ils se retrouvent souvent sur le dos et agitent leurs pattes. Mais ils arrivent à se redresser sans notre aide.   

mercredi 15 juillet 2026

Consignes


J’aurai passé une partie de ma vie à forcer ma nature ou plutôt, à essayer de la forcer, sans jamais parvenir à faire illusion. La retraite a sonné comme une libération. Enfin un statut social qui me correspondait parfaitement. Activité : inactif. Maintenant, les consignes gouvernementales « spécial canicules » viennent me conforter : restez chez vous ; pas de sport ; ne bougez pas de votre fauteuil. Privilégiez les activités « douces ». Cela tombe bien : lire, écrire et écouter de la musique rentrent bien dans cette catégorie. Quel plaisir d’être enfin raccord avec les normes sociales.


mardi 14 juillet 2026

PLUIE


 

Pluie que nous ne supportions plus

Pluie qui tombait tous les matins

Pluie dont nous guettions les interruptions

 

Pluie que je n’aurais jamais cru attendre

Pluie qui apporte fraicheur et soulagement

Pluie j’aime le son de tes gouttes sur la terrasse

Pluie comme tu joues bien des percussions sur le toit

 

Pluie reste encore un peu

Pluie éloigne le soleil accablant

Pluie continue à abreuver la végétation

Pluie les arbres ont encore soif

Pluie ! Ne t’en va pas !

lundi 13 juillet 2026

Rassurant


 

Nous allons finir par les aimer

Nos politiciens veules et fuyants

Qui louchent à force de regarder

Ailleurs en restant impassibles

 

Nous ne pourrons plus nous en passer

Ils font partie de notre décor familier

Comme les grossières escroqueries

Sur nos téléphones et sur nos ordinateurs

Qui ciblent les faibles d’esprit

 

Il faut croire que

Nous avons besoin d'eux

Ils nous rassurent

Comme une vieille habitude

On s'est habitués à eux

Comme la pollution de l'air à l’ozone 

Pendant les canicules

Ou les polluants éternels répandus

Un peu partout dans la nature