G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

vendredi 7 août 2026

Infos


Google a enfin réussi à indexer le Carnet. Bravo. En revanche, sur le front de la lutte contre le vieillissement, pas de progrès remarquable. Je parcours le dossier du Point consacré au sujet. Le bon vieux bistouri et le classique botox sont toujours d’actualité. En évitant de changer complètement le visage, tient à préciser une star de la chirurgie esthétique. Une nouveauté à signaler : « les polynucléoides connus sous le nom de « sperme de saumon » car souvent produit à partir de l’ADN de l’animal » pour améliorer la qualité de la peau en stimulant le derme. A part ça, ici en Bretagne, nous avons le temps de la côte d’azur au vingtième siècle. Il y a même eu un petit incendie sur le GR34.


jeudi 6 août 2026

Karen Dalton et autres images


 
Bill nous a signalé cette très rare photographie de Karen Dalton. Pour être complet, il faut dire que l'image vient d'un blog précieux où je passe régulièrement*. Si vous aimez les bluesmen du Delta, Bob Dylan à tous les âges, les Byrds et Gram Parsons, the Band, Joan Baez, les musiciens folk qui jouaient du banjo en famille sous les porches, Robert Crumb, les pionniers de la Country, toute cette tradition musicale qui ne s'éteindra pas tant qu'elle sera écoutée, n'hésitez pas.

* Il parait que ce genre de lien appelé autrefois hypertexte est appelé à disparaitre à cause des IA. Je n'y crois pas. Il y aura simplement deux façons d'utiliser internet. La nouvelle où l'on receuille la réponse donnée à une IA sans chercher plus loin et l'ancienne qui consistait à déambuler au fil de ses curiosités. Il y a assez de place pour tout le monde. 

mercredi 5 août 2026

Réapparition d’un souvenir


 

Le déclenchement s’est produit tandis que j’entendais, sans l’écouter vraiment, la voix de Bernadette Lafont à la radio. Son physique à ses débuts, sa voix et aussi une forme de gouaille associée à certains de ses rôles, tous ces éléments ont fait revenir une fille que j’ai côtoyée quand j’avais dix ans. Elle prenait le car qui nous conduisait au collège situé dans la ville la plus proche. Comme elle montait au village précédent, elle était déjà installée quand j'entrais dans le car. Elle me réservait toujours la place à côté d’elle. Elle était plus grande, assez intimidante. Dans mon souvenir, elle était brune, les cheveux plutôt courts, un beau visage. Le genre chef de bande parlant fort, interpellant ses copines et riant beaucoup. Elle avait décrété que j’étais son protégé, un peu comme son petit frère. Un lien avait fini par se créer entre nous, au-delà des mots, car nous parlions peu. Nous nous sommes dit au revoir un peu tristement le dernier jour de l’année scolaire. Nous ne nous sommes jamais revus ; j’ai changé de collège l'année suivante.  

mardi 4 août 2026

Changement de ton


 

— Maintenant, il va falloir reparler du Journal de Matthieu Galey.

— Et bien vas-y.

— Ma lecture s’étend sur une longue période. Le bouquin fait 900 pages et j’en lis une ou deux par jour (aux toilettes). Jusque-là, c’était une lecture agréable et légère, le ton est toujours vif et c'est bien écrit. Mais depuis quelques temps, le ton a changé avec l’annonce d’une maladie incurable (Charcot) et la mise en route simultanée d’un compte à rebours et d’une dégradation physique. Je pourrais interrompre là, mais je trouverais ça un peu dégueulasse. Je veux l’accompagner.

 — C’est quoi, le problème ? L’exhibitionnisme ou le voyeurisme ?

— Ni l’un ni l’autre. Galey est d’une dignité impressionnante. Alors qu’il se décrit boitant, presque aphone, c’est toujours le même humour froid et distancié pratiqué depuis le début du Journal. Comme dans ce passage. « Ma santé morale m’épate. Tandis que la mécanique se déglingue chaque jour un peu plus, pas le moindre toussotement mystique. » Ou encore lorsqu’il constate qu’il a du mal à refaire une promenade faite le mois précédent : « Dans cette maladie « à paliers », j’ai dû descendre un étage. »

— L’humour noir, le vrai.

 


lundi 3 août 2026

Bilan d'étape


 

Je suis un peu superficiel. Je passe de Bouddha aux Who, de Sam Cooke à Cioran. C’est ce qui semble convenir à mon cerveau « atypique » (aimable euphémisme pour dire complètement tordu). La concentration sur un point à l’exclusion de tout le reste, cela m’est interdit pour cause de déficit d’attention (TDAH). Je ne parle pas des souffrances endurées pendant les périodes où j’essayais vainement de me conformer au fonctionnement cognitif normal. J’ai depuis longtemps renoncé à lutter ; j’avance à mon rythme en suivant sans chercher à les canaliser les circonvolutions aberrantes de mes neurones bizarrement connectés. Bref, tout va bien.

samedi 1 août 2026

L'amour du prochain


 

Le soleil cogne à nouveau

Promenade du chien écourtée

Retour à l’ombre

Après avoir lancé une malédiction

Aux deux conducteurs

Qui sont passés sans s’arrêter

Au passage piéton

Où j’attendais avec le chien

Je leur ai dit d’aller crever

Mais je l’ai dit silencieusement

Sans rien manifester extérieurement

Pas d’insultes de gestes agressifs

L’un de ces abrutis serait capable

De revenir me casser la gueule

Il ne manquerait plus que ça

vendredi 31 juillet 2026

Cendrier

Depardieu dans Saved

 
Dans le journal de Matthieu Galey, cette anecdote :

"La violence qui est en Depardieu se manifestait sans cesse dans son jeu. Ainsi, aux répétitions, il casse un jour le cendrier qui se trouvait sur la table, du plat de la main, comme ça, pour le plaisir. "Excellent, dit Régy, il faut garder ça !" Le régisseur propose de fabriquer un cendrier en sucre pour le lendemain, mais Depardieu n'a rien voulu entendre : il lui fallait de la vrair faïence ! Pendant deux mois, il a joué Saved en s'ouvrant la paume chaque soir, tout dégoulinant de sang. Cabotin et martyr, jusqu'au stigmates."

jeudi 30 juillet 2026

Eloge du désabusement


 "On peut avancer longtemps dans la vie sans y vieillir. Le progrès, dans l'âge mûr, consiste à revenir sur ses pas, et à voir où l'on fut trompé. Le désabusement, dans la vieillesse, est une grande découverte."

Joseph Joubert

mercredi 29 juillet 2026

Deep Soul


 

La voix de Sam Cooke figure tout en haut de la liste des remèdes qui exercent un effet bénéfique sur mes nerfs fatigués. Je crois que je vais en abuser en cette soirée orageuse sans orage. Une définition possible de l’enfer : un monde où la Soul n’existerait pas. Peter Guralnick raconte le passage du Gospel religieux à une musique profane visant un plus large publique. Sam Cooke a joué un rôle central dans cette révolution douce, tout comme les managers qui ont cru en lui. On apprend plein de choses en lisant Sweet Soul Music (Allia) et surtout, on a envie d'écouter de la Deep Soul en dansant doucement.