G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

mardi 30 juin 2026

Un peu de poésie


drive through hell


the people are weary, unhappy and frustrated, the people are

bitter and vengeful, the people are deluded and fearful, the

people are angry and uninventive

and I drive among them on the freeway and they project

what is left of themselves in their manner of driving—

some more hateful, more thwarted than others—

some don’t like to be passed, some attempt to keep others

from passing

—some attempt to block lane changes

—some hate cars of a newer, more expensive model

—others in these cars hate the older cars.

the freeway is a circus of cheap and petty emotions, it’s

humanity on the move, most of them coming from some place they

hated and going to another they hate just as much or

more.

the freeways are a lesson in what we have become and

most of the crashes and deaths are the collision

of incomplete beings, of pitiful and demented

lives.

when I drive the freeways I see the soul of humanity of

my city and it’s ugly, ugly, ugly: the living have choked the

heart

away.



lundi 29 juin 2026

Capuche


 

Il existe un club informel

Dont je fais partie

Qui rassemble ceux qui

Se demandent certains matins

Ce que devient Bob Dylan

Ils prennent alors de ses nouvelles

Comme on le ferait d’un vieil ami

Perdu de vue depuis longtemps

C’est ce que j’ai fait ce matin

 

Bob qui vient d’avoir 85 ans

A commencé une nouvelle tournée

A travers les Etats-Unis

Elle devrait durer jusqu’en août

Pour l’instant il a l’air de porter sur scène

Une capuche sur la tête

Il continue à ne pas parler au public

Et n’annonce même plus les musiciens

Tout va bien

samedi 27 juin 2026

Exil (suite)

Bill Térébenthine

 "L'homme transplanté, ou bien dépérit comme une plante extraite de son sol natal, ou bien attend le retour dans son pays. L'homme transplanté qui languit chante et devient poète, s'exprime poétiquement. La transplantation est un principe de la poésie ; celui qui n'est pas dans son pays devient poète. Celui qui n'apercevrait pas la poésie de son pays quand il s'y trouve, quand il est sur place, quans la vie est mêlée à l'action quotidienne, la reconnaît lorsqu'il est en exil. Il faut être exilé  pour connaître le charme de l'ailleurs."

Vladimir Jankélévitch  

vendredi 26 juin 2026

En passant




Projet que je ne réaliserai jamais : un livre qui se serait appelé Eloge du je-m’en-foutisme. J'aurais montré qu'il ne s'agit pas seulement d'une attitude socialement condamnée mais également d'une posture politique, philosophique, spirituelle qui n’a jamais été théorisée et pour cause. Les principaux intéressés, ceux qui vivent la démarche en profondeur de l’intérieur sont allergiques aux tâches trop fastidieuses et indifférents à la reconnaissance sociale ; il y a très peu de chance qu’un je-m’en-foutiste se démène un jour pour écrire un livre sur le sujet.

jeudi 25 juin 2026

Vol




Levant les yeux de mon livre

Je revois passer un instant

Le papillon blanc

Qui met du mouvement

Dans le jardin immobile

mercredi 24 juin 2026

Un peu de poésie


 "Les locaux de l'agence France -Presse sont attenant à ceux du Nepakokukiveuh, le grand journal du soir de Tokyo.

Je suis accueilli par une ravissante blonde qui a un regard aussi fripon qu'une édition non expurgée de Gamiani. Je lui demande si elle est française, ce qui est parfaitement superflu, car cette souris ne se fringue pas au Prisunic du coin.

Elle porte (allégrement, divinement, merveilleusement) un petit deux-pièces avec alcôves dont on aimerait découvrir les agrafes."

San Antonio, Fleur de nave vinaigrette

mardi 23 juin 2026

Sweet nothing


 

La pensée de la non-existence de tout, quel que soit le contexte d’émergence de cette annulation radicale (physique quantique, pensées orientales, nihilisme, etc.), est particulièrement plaisante. Le grand avantage de cette table rase, c’est qu’elle nous libère des jugements de valeur qui pèsent sur ce que nous avons fait et, plus encore, sur ce que nous n’avons pas réussi à faire. Le (petit) prix à payer est de voir se volatiliser le prestige social de nos rares réussites. Moralité : non seulement on peut vivre dans un monde où tout n’est qu’apparence et où rien n’existe vraiment, mais on y vit mieux.


lundi 22 juin 2026

Rester positif



 Le seul espoir qu’il nous reste, s’il en existe encore un, serait l’arrivée soudaine d’une immense catastrophe boursière, une explosion sans précédent de la bulle spéculative qui se développe autour des chimères technologiques entretenues par des milliardaires hallucinés. Un tel scénario n’a rien d’irréaliste si l’on en croit certains économistes ; ce serait même le plus probable en plus d’être fortement souhaitable.