Je revois passer un instant
Le papillon blanc
Qui met du mouvement
Dans le jardin immobile
G-0C9MFWP390
Réflexions inutiles et vaines notées au fil des jours.
Je revois passer un instant
Le papillon blanc
Qui met du mouvement
Dans le jardin immobile
Je suis accueilli par une ravissante blonde qui a un regard aussi fripon qu'une édition non expurgée de Gamiani. Je lui demande si elle est française, ce qui est parfaitement superflu, car cette souris ne se fringue pas au Prisunic du coin.
Elle porte (allégrement, divinement, merveilleusement) un petit deux-pièces avec alcôves dont on aimerait découvrir les agrafes."
San Antonio, Fleur de nave vinaigrette
La pensée de la non-existence de
tout, quel que soit le contexte d’émergence de cette annulation radicale
(physique quantique, pensées orientales, nihilisme, etc.), est particulièrement
plaisante. Le grand avantage de cette table rase, c’est qu’elle nous libère des
jugements de valeur qui pèsent sur ce que nous avons fait et, plus encore, sur
ce que nous n’avons pas réussi à faire. Le (petit) prix à payer est de voir se
volatiliser le prestige social de nos rares réussites. Moralité : non
seulement on peut vivre dans un monde où tout n’est qu’apparence et où rien
n’existe vraiment, mais on y vit mieux.
Le seul espoir qu’il nous reste, s’il en existe encore un, serait l’arrivée soudaine d’une immense catastrophe boursière, une explosion sans précédent de la bulle spéculative qui se développe autour des chimères technologiques entretenues par des milliardaires hallucinés. Un tel scénario n’a rien d’irréaliste si l’on en croit certains économistes ; ce serait même le plus probable en plus d’être fortement souhaitable.
Et non, ce n’était pas mieux avant. C’est ce que je me suis dit en regardant une photographie datant du siècle précédent sur laquelle on pouvait voir une petite gare de campagne qui ressemblait à celle de mon village (en fait, elles se ressemblaient toutes). Pendant un instant, j’ai senti passer la pesanteur de ce temps où régnaient l’ennui, la lenteur et la monotonie. La seule chose qui venait mettre de l’excitation et de l’émotion au milieu de ce marasme, c’était ce qu’on appelait alors la Pop music. Coup de chance, la période était bénie des dieux sur le plan musical.
J’envie l’insouciance
des climato-sceptiques
pour eux tout est normal
chaud en été ou un peu avant
rien à signaler
pas de motif d’inquiétude
aucune raison de changer
ses bonnes vieilles habitude
combien de records battus
de courbes qui grimpent
sans jamais redescendre
pour ébranler leur assurance
on assiste au contraire
à un renforcement du déni
ainsi fonctionne une part
de notre chère humanité
J’aimerais chanter le charme de
ma sous-préfecture où il ne se passe jamais rien (le paradis, selon une chanson des Talking Heads). Mais je ne suis pas Julien Gracq. Je ne me sens pas du tout capable de décrire
les rues paisibles bordées d’arbres dont je ne connais même pas le nom. Ceci ne m’empêche
nullement de profiter pleinement des ambiances traversées lorsque je me promène
en ce lieu que j’ai trouvé un peu par hasard et qui me convient
complètement.
Vladimir Jankélévitch, L’Enchantement misical