Lu Signé Irène de Vincent Almendros que j’avais choisi simplement parce que je m’étais dit : « Tiens !
Je n’ai pas lu de livre des éditions de Minuit depuis longtemps. » Je l’ai
commencé sans rien savoir de l’auteur ni du sujet. Il ne s'agit pas un roman mais d'un livre de souvenirs autour d’une personne décédée. Comme il s’agit de l’éditrice
de l’auteur, fille de Jérôme Lindon le créateur de la maison d’édition, on
comprend qu'elle a joué un rôle important dans sa vie. Le récit découpé
en courts chapitres de deux ou trois pages retrace les relations entre le
narrateur et cette femme stricte et exigeante depuis la relecture du
premier manuscrit dans son bureau jusqu’à la scène
finale de l’enterrement au Père-Lachaise. Almendros décrit avec précision chaque souvenir de rencontre toujours centré sur la littérature et l'écriture (choix d'un mot, emplacement d'une virgule...). Comme l'auteur, le lecteur apprend à connaître peu à peu cette femme réservée et à apprécier son élégance venue d’un autre temps.
Le Carnet de Joe Legloseur
Réflexions vaines et inutiles notées au fil des jours.
mercredi 28 octobre 2026
D'une traite
mardi 27 octobre 2026
Le côté sombre
Je ne suis pas un grand amateur de biographies mais j'ai un certain intérêt pour les destins brisés de certains chanteurs de Soul comme par exemple celui de James Carr, l'interprète du classique The Dark End Of The Street. Lorsque Peter Gurealnick parvient à le retrouver en compagnie de son producteur, il a disparu du circuit depuis de nombreuses années.
"Bouffi, l'esprit visiblement confus, les yeux hagards et les cheveux en pétard, Carr ne ressemblait en rien au jeune homme que montrent ses premières photos publicitaires. En voiture dans les quartiers sud de Memphis ou assis dans un restaurant devant une tasse de café, James semblait pratiquement amorphe, respirait difficilement et irrégulièrement et restait sans réaction face aux demandes de Roosvelt. "Ce monsieur peut faire beaucoup pour toi, tenta Roosevelt. Est-ce que tu comprends d'où je viens ? Tu es prêt à te réveiller et à nous parler un peu, maintenant, ou tu vas te rendormir ?" Roosevelt demanda à sa découverte comment elle se sentait. "J'ai juste un peu mal à la tête", répondit James. Il y a quelques années, Roosevelt a hypothéqué sa maison pour financer une session d'enregistrement avec James, laquelle tourna court. Il semblait prêt à récidiver. "Ne sommes-nous pas amis ?" se hasarda-t-il à demander en désespoir de cause. "Quelquefois", répondit James, avec la ruse des vrais déments."
Peter Gurealnick, Sweet Soul Music
lundi 26 octobre 2026
Chez les seniors
dimanche 25 octobre 2026
samedi 24 octobre 2026
Electricité
Dans le noir ce matin
Coupure d’électricité
La tempête Austen grondait
Derrière les volets baissés
Café préparé à la lumière
Des téléphones
Infos sur la radio à piles
Manifestations fermeté
Bla bla bla
Au moment de préparer le repas
Le volet de la cuisine s’est relevé
Comme par magie
Lentement
Le miracle fut salué
Par des Youhou !
Et par les aboiements du chien
Tout finit bien
vendredi 23 octobre 2026
Par-dessous la jambe
Lorsqu’on dit d’une action
qu’elle a été menée « par-dessous la jambe », on ne cherche pas à valoriser
la manière dont elle a été exécutée. On veut indiquer au contraire que cette action a été faite négligemment, en faisant le moindre effort, à la va-vite. Pourtant, à l’origine
(qui remonte à la Renaissance), l’expression ne comportait pas cette
connotation négative associée à un certain je-m’en-foutisme. Au jeu de paume,
le joueur qui tentait un coup en passant le bras par-dessous la jambe tentait
ainsi de déstabiliser l’autre joueur en le prenant par surprise. Le coup
semblait joué avec une apparente facilité, sans effort et au figuré, l’expression
désigna dans un premier temps des actions menée avec aisance. Le
dictionnaire de l’Académie française en conserve une trace dans l’expression
« jouer quelqu’un par-dessous la jambe » : « obtenir avec
facilité un avantage sur lui, l’amener avec adresse à faire exactement ce qu’on
veut de lui. »
jeudi 22 octobre 2026
Playlist
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| Playlist (extrait) |
mercredi 21 octobre 2026
Interviews
Un tic journalistique et radiophonique
énervant, celui qui consiste à demander à propos de tout et n’importe quoi,
« ce que ça nous dit ». En
général, la question tourne autour de « ce que ça dit de l'état de notre société ». C'est l'occasion pour le spécialiste ou le penseur interrogé de pointer l’un des nombreux disfonctionnements observables sur le ton du prophète délivrant son diagnostic visionnaire. Et ça marche à tous les
coups. J’attends toujours l’interviewé qui répondrait que cela nous dit rien du tout. En développant un peu
(nous sommes à la radio), le commentateur pourrait ajouter que des faits bruts ou des données statistiques ne nous « disent » rien. Ils peuvent tout juste faire l’objet d’interprétations qui divergent selon les points de vue, de projections plus ou moins faussées par le
biais de confirmation, mais en aucun elles ne nous « disent » quelque
chose de clair et d’univoque.
mardi 20 octobre 2026
Dimension symbolique
A propos d'évènements récents, je me demande ce qu'on peut en dire au-delà des descriptions effrayantes. En l'absence de recul et de plus amples informations, la prudence voudrait que chaque affirmation soit précédée d'une formule dubitative (comme "si ça se trouve") afin d’indiquer que nous en sommes encore au stade des suppositions. Je m'étonne de voir qu'on ne prête pas d’avantage attention à la place centrale symbolique occupée par la marchandise dans les vols et les destructions. Il manque peut-être un Baudrillard ou un Debord* pour commenter sous cet angle les images de sols jonchés de produits de consommation et les devantures de magasins éventrées.
*Je pense à son texte de 1966 consacré à l'interprétation des émeutes de Watts.
lundi 19 octobre 2026
De la trahison
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| Caravage, 1602 |
Ces jours-ci, mon esprit a été un
peu occupé par l’idée de trahison. J’ai ainsi vu défiler mes petits Judas à moi ;
j’imagine que chacun a les siens. Heureux ceux qui n’en ont connu aucun. Il
leur manquera peut-être quelques connaissances sur la nature humaine mais on
peut aisément s’en passer. Qui, du traitre ou du trahi, est le plus endommagé ? Il
suffit d’observer des trahisons effectuées aux yeux de tous pour obtenir un
début de réponse à la question.




