G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

vendredi 10 avril 2026

Mode d'emploi

Bill Térébenthine

International : les journalistes commencent à s’adapter à la communication ubuesque en provenance de la Maison-Blanche. La plupart d'entre eux a renoncé à commenter les dernières éructations du président. Il pourrait annoncer, le doigt sur le bouton, qu’il allait déclencher l’apocalypse nucléaire dans cinq secondes, le fait serait à peine évoqué et on passerait à la météo. 

 

jeudi 9 avril 2026

La lecture en 2026


 

La bibliothèque papier est pleine à ras bord. Les volumes non-lus se font rares. Toujours pas ouvert Homère et j’ai calé au milieu des Essais (mais je les reprendrai). Et puis il y a toutes les relectures en attente. De quoi ne pas s’ennuyer avant d’être aveugle. La nouveauté, c’est la bibliothèque numérique qui commence à prendre des proportions imposantes. Sur le smartphone, les fichiers s’accumulent rapidement. J’apprécie la concentration spatiale, la possibilité de lire avec le chien sur les genoux, le recours à la désintégration en cas de livre décevant. Mais je retrouve toujours avec plaisir les vieilles sensations des livres en papier. Cela ne s’imite pas.

 

mercredi 8 avril 2026

Perdu et retrouvé


 "Lorsque enfin, cessant de raisonner, l'on immobilise son esprit, il y a quelque chose de plus. On éprouve une étrange nostalgie, presque un souvenir de quelque chose que l'on savait jadis, et que l'on a depuis longtemps oublié. Et l'on se demande, en connaissant trop bien la réponse, ce que l'on possède à la place de ce qui est perdu. Vanité, illusion, néant.

mardi 7 avril 2026

La vie fascinante des maîtres du monde (suite)


 

A signaler, dans le dernier numéro du Monde Diplomatique, un article de Monique Pinçon-Charlot consacré aux révélations liées au dossier Epstein.  Selon la sociologue des ultrariches, "les médias dominants - souvent détenus par des milliardaires - ont transformé l'"affaire Epstein" en un fait divers scabreux et racoleur. Une telle lecture tend à masquer le fonctionnement réel d'une classe sociale qui concentre tous les pouvoirs (économique, social, culturel...) et vit à l'écart du reste de la population, qu'elle domine et exploite à sa guise." Tous ces mails, ces rendez-vous, révèle le fonctionnement des "réseaux personnels des dominants". Ceux-ci "s'insèrent dans un ensemble d'organisations internationales, de clubs privés, de clubs de golf, de think tanks et parfois de partis politiques."

A propos des documents de l'enquête, je croyais qu'il en restait seulement un peu à publier. Au détour d'un article sur le limogeage de Pam Bondi, j'ai appris qu'il restait près de la moitié des archives Epstein en attente d'une publication.


lundi 6 avril 2026

Dans la montagne froide



allant vers le torrent, me regardant dans le courant

ou du côté de la falaise, m'asseoir sur un grand rocher

cœur, nuage solitaire, nulle attache

les affaires du monde, à quoi bon courir après ?


Shan Han, 108 poèmes

samedi 4 avril 2026

Instant


 

Sortant le chien dans la cour

je lève la tête vers le ciel

la pleine lune apparait

à travers les nuages

le chien veut rentrer

il a fini d’uriner

je m’éloigne illuminé

vendredi 3 avril 2026

Soutien total au meilleur président des USA de tous les temps et même au-delà


 

Une pensée spéciale pour les trumpistes français qui doivent traverser une période difficile. Je leur apporte ici mon soutien. On entend dire partout que le très grand stratège américain n'a "aucun but de guerre". C'est faux. Comment ferait-il pour que tous les buts soient atteints, comme il l'a annoncé, si ces but de guerre n'existaient pas. En revanche, il y en a un qu'on oublie généralement de mentionner et qui saute pourtant aux yeux : on ne parle presque plus de l'affaire Epstein. 

PS : le titre est stratégique. Il a pour fonction d'obtenir les faveurs de l'algorithme de Google dans l'espoir (un peu vain) d'obtenir enfin un référencement dans le plus grand moteur de recherche du monde. 

jeudi 2 avril 2026

Cowboys


 

Sans grande surprise, c'est avec un grand plaisir que j’ai regardé le western proposé par Arte, La caravane de feu (1967). A noter : le film est sorti la même année que Bonnie et Clyde qui allait lancer ce qu’on appelle le « nouvel Hollywood » mais il reste fidèle (à un détail près) aux canons classiques du western humaniste façon Rio Bravo. La réalisation est efficace dans les scènes d’action et les passages obligés comme la bagarre générale dans le saloon très cartoon. On apprécie particulièrement le jeu des deux acteurs principaux : John Wayne, égal à lui-même c'est-à-dire parfait, et Kirk Douglas en dandy élégant (foulard jaune canard et unique gant noir). Le premier incarne la droiture, le second est plus fourbe. Il y a même des indiens plutôt cools (c'est le détail qui montre un début d'évolution appelée à se poursuivre la décennie suivante).

mercredi 1 avril 2026

Vous avez dit "néoréactionnaire" ?

"Certes, la néoréaction incorpore des éléments nouveaux, en particulier le libertarianisme et la
technophilie, mais elle reste une pensée réactionnaire. Tout d’abord parce qu’il existe un véritable
intertexte avec la tradition réactionnaire (Carlyle, Maistre, Schmitt, Spengler, Evola, etc.), mais aussi
parce que la néoréaction s’oppose frontalement au conservatisme. Elle n’entend pas simplement
défendre un ensemble de valeurs morales ou religieuses mais créer une véritable rupture historique
et instaurer — ou réinstaurer — un nouvel ordre politique. Sans les catégories d’analyse de la pensée
réactionnaire, on ne pourrait voir autre chose dans la néoréaction qu’une nébuleuse numérique
incompréhensible.
La pensée néoréactionnaire est une tentative de concilier l’innovation technocapitaliste avec la
stabilité d’une société hiérarchique. Bien sûr, cette union stratégique se fait avant tout contre un
ennemi commun : l’égalitarisme démocratique."
Arnaud Miranda, extrait d'un entretien à lire ici.