G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

vendredi 20 février 2026

Création


 "Qu'est-ce que j'entends par créer ? J'entends ce que je ressentais et appréciais à propos de certains peintres du passé que j'aimais et qui m'inspiraient, comme Cézanne et Manet. Ce que j'appréciais chez eux : cette perte totale de soi dans l'œuvre, à un point tel que l'œuvre elle-même - que ce soit un tableau de femme à son miroir ou un poisson mort sur une table - n'était pas simplement pour moi un tableau. Elle donnait l'impression qu'un organisme vivant était posé là, sur cette toile, sur cette surface. Voilà ce qu'est vraiment pour moi, la création." 

Philip Guston

jeudi 19 février 2026

Parution


 Comme je manquais un peu de recul j'ai demandé à une IA de faire la présentation :

Carnet 3 (2023) est le troisième volume d'une série de carnets publiés par les éditions du GFIV. 

Comme les précédents, il se présente sous la forme de notes éparses, datées ou non, rédigées au fil des jours depuis la Bretagne où vit l'auteur.

On y retrouve les thèmes familiers de Joe Legloseur : les lectures en cours (Kafka, Musil, Baudrillard, Amiel, Stephen King), la musique écoutée (Dylan, les Stones, la Country, le folk), les films et séries vus, les promenades, les insomnies, les travaux de la maison en vente. Le tout traversé par un regard ironique sur l'époque — l'agitation politique, les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle encore tenue à distance — et par des retours réguliers sur des années de jeunesse à Paris, en Normandie, sur les routes d'Asie.

Le Carnet 3 se clôt le 30 décembre 2023 avec l'ouverture de La Montagne magique de Thomas Mann. Il est accompagné d'un index des noms cités, disponible en fin de volume.

Téléchargement gratuit sur gfiv.fr

ou directement en PDF ici

mercredi 18 février 2026

Basquiat


 "Sa main était vive et sûre. Les images qu'elle laissait dans son sillages crépitaient, explosaient comme un feu d'artifice tiré de la plateforme d'un camion roulant à tombeau ouvert. L'homme qui était au volant - l'homme qui allumait les fusées - semblait le plus souvent ailleurs. Parfois, il l'était réellement. Parfois, il simulait, son esprit restant concentré sous un masque d'inattention ou d'indifférence. A la fin, il perdit la piste, ne distinguant plus le vrai du faux. Il était désormais incapable de dire s'il vivait ses rêves ou mourrait de ses rêves, s'il dépeignait un monde cauchemardesque ou devenait prisonnier d'une réalité surréelle. A la fin, il se fracassa comme un camion tombant de l'embarcadère, plongeant dans les eaux froides, engourdissantes. Mais le camion était pratiquement vide et lui, il avait brûlé presque toutes ses allumettes, peinant à enflammer celles qu'il tenait dans sa main crispée sous le vent de son anéantissement" 

Robert Storr

mardi 17 février 2026

Comme un rap

 

Je vais écrire un poème

c’est pour le blog mais quand même

j’aimerais bien faire quelque chose qui se tienne


uniquement des rimes en « ème »

telle est la contrainte de ce poème

je ne vois pas de problème

pas besoin d’un théorème     

 

"Il est faux que la versification ne soit qu'un obstacle au libre jet de la pensée." Hegel, Esthétique

lundi 16 février 2026

futurologie


 

J’utilise rarement les robots conversationnels mais j’aime bien lire les spéculations sur l’avenir de l’IA. Au point où l’on se trouve, on peut faire des paris. Car les avis divergent radicalement. Les patrons de la Tech promettent d’une intelligence artificielle « forte » (ou « générale ») qui nous garantira un futur merveilleux comme on en promettait pour l’an 2000 dans les années 50-60. C’est préférable pour lever des fonds. J’ai tendance, c’est mon côté « mauvais esprit », à tendre l’oreille aux cassandres. Pas les prophètes du transhumanisme qui nous imaginent complètement dépassés par les machines dans un délai de deux à trois ans, contraints de télécharger notre cerveau sur un disque dur pour survivre. Non, plutôt ceux qui soulignent les limites matérielles de l’intelligence artificielle (gigantesques centres de données, consommation d’électricité titanesque, tonnes d’eau utilisées pour le refroidissement, et coûts démesurés).

samedi 14 février 2026

Une belle tirade


 "Comment la liberté s'exerce-t-elle le mieux ?" demanda-t-il.

Il n'avait pas baissé les yeux sur son écran. Cela semblait être une question improvisée.

"Avec obstination, dit-elle. Sans conformisme. Par la réfutation de la coutume. Le refus des modèles. Le mépris rationnel des règles irrationnelles. En gardant le secret. En restant invisible. Par la solitude. L'indifférence sociale. En combattant le pouvoir mal façonné. Par l'irrévérence envers l'autorité. En sillonnant le monde et les jours sans barrières ni horaires. En choisissant quand participer et quand se retirer."

Dave Eggers, Le Tout

vendredi 13 février 2026

Des mots

Bill Térébenthine

 

juste quelques mots

et c’est bien

quelques mots pour rien

en passant

ça n’a l’air de rien

c’est certain

mais j’en ai besoin

vitalement

c’est ma solution

pour tenir

et supporter ça

pas trop mal

jeudi 12 février 2026

Météo

Comme l’homme imaginé par Buffon qui, voyant réapparaitre le soleil jour après jour, en induisait l’assurance de sa réapparition, comme lui j’ai acquis la certitude de voir revenir la pluie jour après jour.


 

mercredi 11 février 2026

Le tournant de 2026


 

Au moment où « les Amazon, Alphabet, Meta et Microsoft prévoient d’investir plus de 650 milliards de dollars en 2026 dans l’IA » (Le Monde), une question se pose : l’année qui commence verra-t-elle l’avènement la Singularité technologique ou au contraire marquera-t-elle le début d’un nouvel hiver de l’IA, également appelé « IAvernage » ? « L’IAvernage désigne les périodes où l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle se transforme en désillusion. » (Usbeck & Rica) Les périodes de promesses non tenues ont correspondu par le passé au retrait massif des investisseurs. Cette fois-ci, les entreprises du numérique ont accumulé tellement de bénéfices qu’elles n’ont pas besoin d’emprunter.