G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

lundi 5 octobre 2026

Revue de presse


 Dans le Nouvel Obs, une interview de Giuliano da Empoli (dont je n’ai lu aucun livre). Il sort un roman dont le personnage principal est inspiré par un des maitres du monde : Peter Thiel. Les élites issues de la tech feraient selon l'écrivain preuve de méfiance à l’égard de « tout de qui n’est pas numérisable ». Il déclare : « Leur objectif est de remplacer l’humain dans le plus de sphères possible. Jusqu’à cette solution ultime qui est peut-être de ne plus avoir d’humains du tout... » J'ai noté le « peut-être » plein d’espoir. A part ça, j’ai survolé un entretien avec Angot dont je n’ai rien lu non plus mais que j’aime bien de loin. Sa colère ne retombe pas, c’est du costaud. Et puis, pour finir en beauté, la bonne nouvelle qu’on n’attendait plus : le nouveau roman de Pynchon vient de paraitre !

samedi 3 octobre 2026

Aller retour


 

J’écoute avec un grand plaisir ma playlist « 1971 ». Parler à ce sujet de nostalgie serait à mon avis une erreur. Le mot « nostalgie » traine un halo suspect de tristesse complaisante et de regrets pleurnichards. En réentendant les chansons découvertes à 13 ans, je ne suis pas triste du tout et je ne regrette rien. Du point de vue neurologique, le circuit de la récompense est suractivé. Mais au-delà de cette réaction de plaisir immédiat, il s’agit aussi d’un voyage dans le temps. Il n’a  a pas de souffrance à revenir en arrière vers une époque révolue puisqu’on circule aisément entre passé et présent pendant le temps d'une chanson. La circulation est fluide. Voici ce que notait Cioran dans ses Cahiers après avoir entendu, probablement à la radio, une chanson de sa jeunesse. « Je viens d’entendre Ramona, la rengaine à la mode vers 1929, date à laquelle je quittai Sibiu pour aller à Bucarest, à l’université. Le commentateur la trouve ridicule ; elle l’est peut-être, mais, pour moi, elle m’évoque une période de ma vie beaucoup mieux que ne feraient les plus grands efforts de ma mémoire ou un retour sur les lieux de ma jeunesse. »

vendredi 2 octobre 2026

Le défilé des réparateurs


 

Tant de personnes pensent savoir avec certitude comment réparer la société. Je pense au « tintamarre » évoqué par l’auteur des Essais lorsqu’il passait en revue les multiples explications du monde proclamées par les « cervelles philosophiques » de l’Antiquité. On trouve ce passage dans l’« Apologie de Raimond Sebond » (Livre 2, chap. XII). Montaigne y avançait avec prudence ; le scepticisme qu’il adopte pouvait en effet difficilement être compris et encore moins accepté à une époque où l’on s’étripait au nom des dogmes religieux. J’ai l’impression qu’il est toujours assez peu apprécié.


jeudi 1 octobre 2026

Aveuglement

 



"Ce qu'il y a de pire dans l'erreur, ce n'est pas ce qu'elle a de faux, mais ce qu'elle a de volontaire, d'aveugle et de passionné."

Joseph Joubert, Pensées, essais et maximes

mercredi 30 septembre 2026

Matinée

 

Dessin : Bill Térébenthine


Dans la revue en ligne En attendant Nadeau, je lis le début d’un article. « À la question « qu’est-ce que cela vous fait de vieillir ? » posée par une étudiante américaine, Christian Boltanski avait un jour répondu : « Vous savez : Giacometti, en vieillissant, ressemblait de plus en plus à un Giacometti ; et Francis Bacon, en vieillissant, ressemblait de plus en plus à un Francis Bacon... » Je me pose la question, ou plutôt j’essaie, et je ne trouve pas « ce que cela me fait de vieillir » même s’il est certain que le processus a lieu en ce moment d’une manière spécifique. En revanche, je crois savoir assez précisément ce qui évite ou ralentit le vieillissement en cours. Il y a la curiosité qui m’amène par exemple à lire cet article sur Enrique Vila-Matas et sur la superficialité « qui, comme le disait Italo Calvino, est une vertu ». Et puis il y a la playlist d’excellente musique diffusée par Radio GFIV. Ce matin : The Chiffons, Elvis Presley, The Cajun Band, John Lennon, Lloyd Cole and the Commotions, Buster Brown et, en ce moment, The Chocolate Watchband. 

Rien sur Céline Dion, le pape et Bardella ? Désolé, mais je n’écris que sur ce qui retient mon intérêt.


mardi 29 septembre 2026

Croquis d'audience


 


Procès Dati : une nouvelle occasion d'admirer les dessins de Sergio Aquindo. On apprécie particulièrement la manière dont ce trait capte les manifestations de la tension nerveuse et de l'irritation.

lundi 28 septembre 2026

10 : 42


 

Pas encore vraiment 

réveillé

Confusion

La confusion est partout

A l’intérieur 

Tout autour

Sur les réseaux

Dans la rue

Pour la moindre démarche

Il faut dépenser

Une énergie démesurée

Chercher l'origine

Des contretemps

Des erreurs

Des retards


Pourquoi pas

Laisser tomber

Ne plus bouger

Et respirer

Lentement

En attendant

Le retour

Du silence 

 

samedi 26 septembre 2026

Des fleurs, de la musique et des sourires


Ce n’était peut-être pas une très bonne idée de revoir le film Monterey Pop Festival 1967. Les musiciens sont bons. Certains le sont presque trop. Janis Joplin, Jimi Hendrix, les Who en pleine forme. Mais ce n’est pas tout. La caméra de Pennebaker, en état de grâce, a saisi l’ambiance qui régnait dans les allées du festival. Les spectateurs sont très présents au montage, principalement les visages des filles filmés en gros plan. Tout le monde est détendu, ouvert, souriant. Forcément, lorsque qu’on voit ça maintenant, l’impression est pour le moins mitigée. A moins de se réfugier dans le ricanement, il est difficile de ne pas sentir passer un peu de mélancolie en se demandant comment une si belle énergie a pu laisser la place à ce qui a suivi. Mais il y a la musique et les images ; alors on se dit que tout n’a pas été définitivement perdu.