G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

mardi 11 août 2026

Pour ou contre Céline ?

 

 

Pauvre Céline

Il pue quand même

Un peu beaucoup

La merde

 

Il a ses adorateurs

Ses fanatiques

Plus ou moins malsains

 

Je n’ai jamais cherché

A relire le Voyage

Et je n’ai jamais pu

Dépasser les premières pages

De Mort à Crédit

 

La suite on n’en parle même pas

De plus en plus de petits points

La fuite honteuse avec les collabos

Et les éructations d’un loser mégalomane


En résumé j’ai fait une croix

Définitive

Sur Céline




lundi 10 août 2026

Révélation encombrante


 

Il y a ce moment au début de l’adolescence où l’on comprend soudain que tout est bidon. Tout ce qu’on vous a raconté était faux, tout ce qu’on vous a dit était creux, tout ce à quoi on a voulu vous faire croire pendant l’enfance était du vent. Les adultes jouent un rôle et ils ne le jouent pas très bien. Il y eut ce moment joyeux qui déboucha sur une période de grande liberté. Mais vinrent ensuite les années maussades, le début de l’âge adulte, lorsqu’on réalise qu’on n’a pas le choix : si on veut éviter la clochardisation, il faut obligatoirement revenir dans le jeu collectif et apprendre à faire semblant.

samedi 8 août 2026

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 Nous sommes au coeur de l'été. C'est le moment où ceux qui ont l'habitude d'être occupés s'ennuie un peu. Oubliez le fil info anxiogène. Découvrez la chaine vidéo du GFIV. Entre cinéma expérimental et haikus visuels, ces "shorts", comme on dit sur Youtube, occuperons quelques minutes de votre attention. 
Rendez vous ici :

vendredi 7 août 2026

Infos


Google a enfin réussi à indexer le Carnet. Bravo. En revanche, sur le front de la lutte contre le vieillissement, pas de progrès remarquable. Je parcours le dossier du Point consacré au sujet. Le bon vieux bistouri et le classique botox sont toujours d’actualité. En évitant de changer complètement le visage, tient à préciser une star de la chirurgie esthétique. Une nouveauté à signaler : « les polynucléoides connus sous le nom de « sperme de saumon » car souvent produit à partir de l’ADN de l’animal » pour améliorer la qualité de la peau en stimulant le derme. A part ça, ici en Bretagne, nous avons le temps de la côte d’azur au vingtième siècle. Il y a même eu un petit incendie sur le GR34.


jeudi 6 août 2026

Karen Dalton et autres images


 
Bill nous a signalé cette très rare photographie de Karen Dalton. Pour être complet, il faut dire que l'image vient d'un blog précieux où je passe régulièrement*. Si vous aimez les bluesmen du Delta, Bob Dylan à tous les âges, les Byrds et Gram Parsons, the Band, Joan Baez, les musiciens folk qui jouaient du banjo en famille sous les porches, Robert Crumb, les pionniers de la Country, toute cette tradition musicale qui ne s'éteindra pas tant qu'elle sera écoutée, n'hésitez pas.

* Il parait que ce genre de lien appelé autrefois hypertexte est appelé à disparaitre à cause des IA. Je n'y crois pas. Il y aura simplement deux façons d'utiliser internet. La nouvelle où l'on receuille la réponse donnée à une IA sans chercher plus loin et l'ancienne qui consistait à déambuler au fil de ses curiosités. Il y a assez de place pour tout le monde. 

mercredi 5 août 2026

Réapparition d’un souvenir


 

Le déclenchement s’est produit tandis que j’entendais, sans l’écouter vraiment, la voix de Bernadette Lafont à la radio. Son physique à ses débuts, sa voix et aussi une forme de gouaille associée à certains de ses rôles, tous ces éléments ont fait revenir une fille que j’ai côtoyée quand j’avais dix ans. Elle prenait le car qui nous conduisait au collège situé dans la ville la plus proche. Comme elle montait au village précédent, elle était déjà installée quand j'entrais dans le car. Elle me réservait toujours la place à côté d’elle. Elle était plus grande, assez intimidante. Dans mon souvenir, elle était brune, les cheveux plutôt courts, un beau visage. Le genre chef de bande parlant fort, interpellant ses copines et riant beaucoup. Elle avait décrété que j’étais son protégé, un peu comme son petit frère. Un lien avait fini par se créer entre nous, au-delà des mots, car nous parlions peu. Nous nous sommes dit au revoir un peu tristement le dernier jour de l’année scolaire. Nous ne nous sommes jamais revus ; j’ai changé de collège l'année suivante.  

mardi 4 août 2026

Changement de ton


 

— Maintenant, il va falloir reparler du Journal de Matthieu Galey.

— Et bien vas-y.

— Ma lecture s’étend sur une longue période. Le bouquin fait 900 pages et j’en lis une ou deux par jour (aux toilettes). Jusque-là, c’était une lecture agréable et légère, le ton est toujours vif et c'est bien écrit. Mais depuis quelques temps, le ton a changé avec l’annonce d’une maladie incurable (Charcot) et la mise en route simultanée d’un compte à rebours et d’une dégradation physique. Je pourrais interrompre là, mais je trouverais ça un peu dégueulasse. Je veux l’accompagner.

 — C’est quoi, le problème ? L’exhibitionnisme ou le voyeurisme ?

— Ni l’un ni l’autre. Galey est d’une dignité impressionnante. Alors qu’il se décrit boitant, presque aphone, c’est toujours le même humour froid et distancié pratiqué depuis le début du Journal. Comme dans ce passage. « Ma santé morale m’épate. Tandis que la mécanique se déglingue chaque jour un peu plus, pas le moindre toussotement mystique. » Ou encore lorsqu’il constate qu’il a du mal à refaire une promenade faite le mois précédent : « Dans cette maladie « à paliers », j’ai dû descendre un étage. »

— L’humour noir, le vrai.

 


lundi 3 août 2026

Bilan d'étape


 

Je suis un peu superficiel. Je passe de Bouddha aux Who, de Sam Cooke à Cioran. C’est ce qui semble convenir à mon cerveau « atypique » (aimable euphémisme pour dire complètement tordu). La concentration sur un point à l’exclusion de tout le reste, cela m’est interdit pour cause de déficit d’attention (TDAH). Je ne parle pas des souffrances endurées pendant les périodes où j’essayais vainement de me conformer au fonctionnement cognitif normal. J’ai depuis longtemps renoncé à lutter ; j’avance à mon rythme en suivant sans chercher à les canaliser les circonvolutions aberrantes de mes neurones bizarrement connectés. Bref, tout va bien.