Le Carnet de Joe Legloseur
Réflexions inutiles et vaines notées au fil des jours.
jeudi 26 février 2026
Vision
mercredi 25 février 2026
Les belles âmes
Certains jours, il m’arrive
d’être assailli par un trop plein de bonté, de générosité et de soucis des
autres qui se déverse sur moi en abondance. Je me sens alors terriblement laid
moralement, égoïste et mesquin, savourant ma tasse de café alors que les
souffrances continuent de s’accumuler autour de moi, monstre d’indifférence qui
se permet de savourer chaque gorgée de boisson chaude en oubliant complètement
ce qui ne se trouve pas immédiatement sous ses yeux. Cela m’apparait
cruellement lorsque j’entends ou lis les paroles de ceux qui sont invités à
s’exprimer dans les médias. Dans le monde de la culture particulièrement, il y
a un concours permanent, une compétition pour faire savoir, avec un impressionnant
accent de sincérité, qui est le plus touché au cœur par les malheurs du monde.
L’exhibition de toutes ces belles âmes ne peut que me renvoyer à ma propre insouciance,
à ma légèreté insupportablement individualiste.
mardi 24 février 2026
Survivre (guide approximatif)
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Chacun a ses petits trucs
ses bricolages nés de l’observation
pour tenter de rester à l’écart
éviter autant que possible
les ennuis, les désagréments
chacun a ses procédures
j’ai les miennes
une liste d’endroits à éviter
on y trouve les prisons
les hôpitaux
les monastères
les tribunaux
de cette liste découle
celle des personnes
à ne jamais approcher
elle est facile à deviner
lundi 23 février 2026
Introspection robotique
J'ai interrogé ChatGPT à propos de lui-même.
La question était : Es-tu une IA "faible" ou une IA "forte" ?
La réponse du chatbot a été : Je suis une IA “faible” (ou étroite).
Pourquoi ?
Je suis conçue pour traiter et générer du langage, analyser des informations et aider sur des tâches
spécifiques.
Je n’ai pas de conscience, pas d’intentions propres, pas d’expérience subjective du monde.
Mon fonctionnement repose sur des modèles statistiques entraînés sur des données, pas sur une
compréhension autonome comparable à l’intelligence humaine générale.
Ce que serait une IA “forte”
On parle d’IA forte (ou AGI) pour désigner une intelligence artificielle capable de :
comprendre et apprendre n’importe quelle tâche intellectuelle au niveau humain,
posséder une forme d’autonomie cognitive générale,
éventuellement avoir une conscience ou des états mentaux propres.
➡️ Ce type d’IA n’existe pas actuellement.
Conclusion : le robot est lucide sur ses limites. J'espère seulement ne pas avoir allumé une petite lueur de conscience réflexive dans ses circuits...
dimanche 22 février 2026
samedi 21 février 2026
Un peu d'Histoire
Quel plaisir de pouvoir écouter
le concert de Bob Dylan donné le 3 septembre 1965 à l’Hollywood Bowl
magnifiquement remixé par le grand Professor Stoned. On oublie tous les miasmes
et on laisse la magie opérer. Pour préciser le contexte historique, un extrait
de la présentation : « Voici un précieux témoignage du talent de
Dylan à un tournant décisif de sa carrière. On y découvre deux prestations
exceptionnelles : l’une en solo, dans un registre néo-folk, et l’autre en
meneur proto-punk déchaîné, à la tête d’un groupe électrique. Le groupe était
composé de Robbie Robertson à la guitare solo, Al Kooper à l’orgue, Harvey
Brooks à la basse, Levon Helm à la batterie, et Dylan à la guitare rythmique et
au piano. Il s’agissait du premier concert de la tournée électrique, juste
après sa prestation controversée au Newport Folk Festival – et quatre jours
seulement après la sortie de Highway 61 Revisited. » Difficile de trouver
mieux pour accompagner une nouvelle journée de pluie.
Bob Dylan - The Hollywood Bowl,Los Angeles, California, September 3, 1965 (Prof Stoned Remaster)
vendredi 20 février 2026
Création
"Qu'est-ce que j'entends par créer ? J'entends ce que je ressentais et appréciais à propos de certains peintres du passé que j'aimais et qui m'inspiraient, comme Cézanne et Manet. Ce que j'appréciais chez eux : cette perte totale de soi dans l'œuvre, à un point tel que l'œuvre elle-même - que ce soit un tableau de femme à son miroir ou un poisson mort sur une table - n'était pas simplement pour moi un tableau. Elle donnait l'impression qu'un organisme vivant était posé là, sur cette toile, sur cette surface. Voilà ce qu'est vraiment pour moi, la création."
Philip Guston
jeudi 19 février 2026
Parution
Comme je manquais un peu de recul j'ai demandé à une IA de faire la présentation :
Carnet 3 (2023) est le troisième volume d'une série de carnets publiés par les éditions du GFIV.
Comme les précédents, il se présente sous la forme de notes éparses, datées ou non, rédigées au fil des jours depuis la Bretagne où vit l'auteur.
On y retrouve les thèmes familiers de Joe Legloseur : les lectures en cours (Kafka, Musil, Baudrillard, Amiel, Stephen King), la musique écoutée (Dylan, les Stones, la Country, le folk), les films et séries vus, les promenades, les insomnies, les travaux de la maison en vente. Le tout traversé par un regard ironique sur l'époque — l'agitation politique, les réseaux sociaux, l'intelligence artificielle encore tenue à distance — et par des retours réguliers sur des années de jeunesse à Paris, en Normandie, sur les routes d'Asie.
Le Carnet 3 se clôt le 30 décembre 2023 avec l'ouverture de La Montagne magique de Thomas Mann. Il est accompagné d'un index des noms cités, disponible en fin de volume.
Téléchargement gratuit sur gfiv.fr
ou directement en PDF ici
mercredi 18 février 2026
Basquiat
"Sa main était vive et sûre. Les images qu'elle laissait dans son sillages crépitaient, explosaient comme un feu d'artifice tiré de la plateforme d'un camion roulant à tombeau ouvert. L'homme qui était au volant - l'homme qui allumait les fusées - semblait le plus souvent ailleurs. Parfois, il l'était réellement. Parfois, il simulait, son esprit restant concentré sous un masque d'inattention ou d'indifférence. A la fin, il perdit la piste, ne distinguant plus le vrai du faux. Il était désormais incapable de dire s'il vivait ses rêves ou mourrait de ses rêves, s'il dépeignait un monde cauchemardesque ou devenait prisonnier d'une réalité surréelle. A la fin, il se fracassa comme un camion tombant de l'embarcadère, plongeant dans les eaux froides, engourdissantes. Mais le camion était pratiquement vide et lui, il avait brûlé presque toutes ses allumettes, peinant à enflammer celles qu'il tenait dans sa main crispée sous le vent de son anéantissement"
Robert Storr
mardi 17 février 2026
Comme un rap
Je vais écrire un poème
c’est pour le blog mais quand
même
j’aimerais bien faire quelque chose qui se tienne
uniquement des rimes en
« ème »
telle est la contrainte de ce poème
je ne vois pas de problème
pas besoin d’un théorème








