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| Robert Crumb |
Robert Crumb, entretien revue Transfuge
G-0C9MFWP390
Réflexions inutiles et vaines notées au fil des jours.
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| Robert Crumb |
Robert Crumb, entretien revue Transfuge
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| Bill Térébenthine |
mal dormi
envie de rien faire
à part écouter de la musique
en laissant l’esprit divaguer
message aux investisseurs
il est encore temps de se sauver
ce délire technologique est
condamné
il n’y a pas de futur de ce côté
si tu ne sais pas quoi penser
demande à l’IA de t’aider
elle sait bien mieux que toi
ce dont tu as vitalement besoin
et si tu n'aimes pas les robots
qui ont réponse à tout
prends une guitare ou un piano
et écris une chanson à l'ancienne
Revu, une fois de plus, Le Mépris. La première fois, c’était en
75. Il y a un demi-siècle. Une paille (l’expression est à double sens : une
quantité négligeable ou, au contraire, une quantité énorme, exagérée). Entre-temps, tout a changé sauf le film lui-même,
chef-d’œuvre parfait, inusable, intact, toujours actuel et hors du temps. Inspiré
par les dieux, Godard ne pouvait rien rater ; tout lui réussissait. A
chaque vision, on découvre encore des idées cinématographiques fulgurantes. Sur
l’actualité du film en ce début d’année 2026, il faut avouer que le producteur
Jeremy Prokosch apparait terriblement trumpien. Ce qui est nouveau cette
fois-ci, c’est la mort ; elle a frappé presque tout le monde : Piccoli
(2020), Bardot (2025), Godard (2022), Lang (1976), Palence (2006).
« Il n'y a pas une seule
façon correcte de décrire la réalité, une façon qui lui "correspondrait"
vraiment. Il existe une foule de manières de parler du monde - dont la plupart
n'ont jamais été découvertes et ne le seront probablement jamais. Toutes sont susceptibles
de contenir une parcelle de vérité. Cela ne veut pas dire, je m'empresse de
l'ajouter, que le concept de vérité soit relatif à une façon de parler. Il n'y
a qu'un seul concept de vérité, mais la question de savoir si une proposition
est vraie dépend d'abord de ce que cette proposition signifie. » Donald
Davidson
Certains jours, il m’arrive
d’être assailli par un trop plein de bonté, de générosité et de soucis des
autres qui se déverse sur moi en abondance. Je me sens alors terriblement laid
moralement, égoïste et mesquin, savourant ma tasse de café alors que les
souffrances continuent de s’accumuler autour de moi, monstre d’indifférence qui
se permet de savourer chaque gorgée de boisson chaude en oubliant complètement
ce qui ne se trouve pas immédiatement sous ses yeux. Cela m’apparait
cruellement lorsque j’entends ou lis les paroles de ceux qui sont invités à
s’exprimer dans les médias. Dans le monde de la culture particulièrement, il y
a un concours permanent, une compétition pour faire savoir, avec un impressionnant
accent de sincérité, qui est le plus touché au cœur par les malheurs du monde.
L’exhibition de toutes ces belles âmes ne peut que me renvoyer à ma propre insouciance,
à ma légèreté insupportablement individualiste.
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Chacun a ses petits trucs
ses bricolages nés de l’observation
pour tenter de rester à l’écart
éviter autant que possible
les ennuis, les désagréments
chacun a ses procédures
j’ai les miennes
une liste d’endroits à éviter
on y trouve les prisons
les hôpitaux
les monastères
les tribunaux
de cette liste découle
celle des personnes
à ne jamais approcher
elle est facile à deviner