G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

mercredi 29 avril 2026

Aidons les bots


 

On ne peut pas laisser les IA ingurgiter des masses de données sans les aider à faire un tri. Ce blog, par exemple, ne leur est d’aucune utilité. Plus de perte de temps et d’énergie pour récolter des choses sans intérêt ou, pire, qui risquent d’entrainer nos nouveaux amis artificiels sur des pentes glissantes (ironie, mauvais esprit, irrespect envers les autorités, etc.). D’où l’idée de créer un label NGD pour No Good Data. Traduction : pas de données exploitables. Les robots pourront ainsi passer leur chemin et se tourner vers des sites sérieux.

 

mardi 28 avril 2026

Le grésillement du blues

Robert Crumb


 Greil Marcus peut être très pénible dans le genre universitaire obsessionnel qui ne peut pas s'empêcher d'étaler les moindres détails des connaissances qu'il a accumulées sur le sujet traité. Heureusement, et c'est la raison pour laquelle je le lis, il lui arrive de se laisser emporter par l'écriture ce qui peut donner lieu à des envolées visionnaires, comme lorsqu'il se lance dans une apologie du "bruit de fond" sur les enregistrements de Blues et qu'il appelle "grésillement Paramount".  
"Il nimbe l'interprétation d'une aura de lointain, d'égarement, d'abandon qui tout entière lui appartient depuis le départ. Le bruit de fond - "qui donne l'impression que la chanteuse peut disparaître dans l'éther à tout moment" - génère un langage au sein duquel même le mot le plus clairement prononcé demeure ambigu dans son contexte sonore, et ce contexte lui-même n'est perceptible qu'à travers ce voile."
C'est exactement ce qui se passe avec les enregistrement des héros du Mississippi Delta Blues (Skip James, Son House, Robert Johnson, etc.)
Greil Marcus, Three Songs, Three Singers, Three Nations

 


lundi 27 avril 2026

Irréalité

Bill Térébenthine

"La plénitude comme extrémité du bonheur n'est possible que dans les instants où l'on prend conscience en profondeur de l'irréalité et de la vie et de la mort. Ces instants sont rares en tant qu'expériences, bien qu'ils puissent être fréquents dans l'ordre de la réflexion. En ce domaine, n'existe que ce qu'on sent. Or, l'irréalité sentie et cependant transcendée à l'intérieur d'un même acte, est une performance qui rivalise avec l'extase et parfois l'éclipse."

Cioran, Ebauches de vertige

samedi 25 avril 2026

Sur les blogs


 

Je me suis demandé à quoi pouvait servir un blog pour ceux qui le suivent plus ou moins régulièrement. Aller fouiller du côté des blogs, au lieu de se contenter d’aller se baigner, comme presque tout le monde, sur les réseaux sociaux, c’est déjà un choix singulier ; on pourrait presque dire un acte de résistance vis-à-vis des incitations des maîtres de la tech. Dans un monde lissé, formaté, uniformisé par les perroquets probabilistes abusivement surnommés « intelligences », il peut être agréable de rendre visite à des individus singuliers, même s’ils ne pensent pas exactement comme vous et ne partagent pas tous vos goûts. Et puis, dans le chaos ambiant, on peut se rassurer en constatant que tout va bien sur certains blogs ; on ne s’y laisse pas trop envahir par les préoccupations collectives du moment. Bref, la vie continue.

vendredi 24 avril 2026

Bonjour, c'est Pop 2

 

Mercredi soir. J’entre dans la cuisine pour préparer le dîner ; j’allume la radio et je tombe sur Claude Ventura, un homme que j’apprécie beaucoup. J’ai découvert son nom au générique de l’émission Pop 2 qui a eu un impact énorme sur les gamins de 12-13 ans qui la découvraient dans le désert du début des années 70. Claude Ventura n’avait pas son pareil pour filmer les concerts de rock diffusés dans cette émission de télévision. Par la suite, je n’ai pas suivi régulièrement les reportages de Cinéma cinémas (je n’étais pas très télé dans les années 80) mais c’était toujours bien. Son titre de gloire, celui dont il est le plus fier à juste titre, c’est d’avoir filmé le concert de Lou Reed, John Cale et Nico au Bataclan en 1972. C’est l’un des trois meilleurs documentaires sur la musique rock avec les Stones par Godard dans One + One et Dylan par Pennebaker (Don’t Look Back)



jeudi 23 avril 2026

Rétro Blues


 

Chaque année, au printemps, il y a un festival en ville au cours duquel des collectionneurs de vieilles voitures viennent montrer leurs Corvette, Chevrolet et autres rutilantes américaines. C’est également l’occasion de voir se produire quelques groupes de rock de "revival". L’année dernière, j’ai découvert avec plaisir ces festivités. Cette année, j’ai trouvé la chose assez triste. Je veux bien admettre que l’époque puisse donner envie de fuir, mais pas de cette manière, pas dans la nostalgie d’une époque que personne (surtout pas les jeunes gens déguisés) n’a connue. 

mercredi 22 avril 2026

A la surface


 

Montre-moi ta playlist

je te dirai qui tu es

ça marche aussi avec la bibliothèque

la décoration intérieure, la coiffure

 

tout ce qui est visible

à la surface des choses et des corps

 

se méfier des apparences

elles montrent tout

tout ce qui est caché

révélé en un éclair

 

mardi 21 avril 2026

THEORIE DE LA MEMOIRE


 "Il y a bien, bien longtemps, avant que je sois une artiste tourmentée, hantée par le désir et pourtant incapable de former des liens durables, bien avant cela, j'étais une souveraine glorieuse qui unifiait toutes les parties d'un pays divisé - voilà ce que me disait la liseuse de bonne aventure qui examinait ma paume. De grandes choses, dit-elle, sont au-devant de vous, ou peut-être derrière vous ; il est difficile d'en être sûre. Et pourtant, ajouta-t-elle, quelle est la différence ? A cet instant vous êtes une enfant qui donne sa main à une diseuse de bonne aventure. Tout le reste n'est qu'hypothèse et rêve."

Luise Glück, Nuit de foi et de vertu

Un texte comme celui-ci, d'une apparente simplicité, gagne à être relu, ou mieux, recopié mot à mot. On entraperçoit alors pourquoi il a touché quelque chose en vous. Et rien n'est dû au hasard.

lundi 20 avril 2026

Encore une découverte


 

Il n'y a pas que la guerre dans la vie : il y a aussi la poésie. J’ai découvert Louise Glück très récemment après la lecture d’un article dans le Monde des livres et j’ai eu envie de la lire (ne me demandez pas pourquoi). J'en saurai peut-être un peu plus après l’avoir lue. 

PS : j’ai une excuse pour la découverte tardive de cette poète américaine, prix Nobel de littérature (comme Dylan) : lorsqu’elle a reçu son prix en 2020 aucun de ses livres n’était encore traduit par ici.