G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

jeudi 24 septembre 2026

1971 fut une bonne année


 "La musique que les Allman Brothers ont jouée ce week-end-là — celle qui, grâce à Tom Dowd, a été immortalisée sur l'album At Fillmore East — a redéfini ce qui était possible sur une scène rock. Elle était parfaitement adaptée aux dimensions de la salle. Comme tant d'autres lieux emblématiques du rock 'n' roll, le Fillmore était tout sauf une salle conçue à l'origine pour ce genre de concerts. À l'origine, c'était un théâtre yiddish pouvant accueillir deux mille cinq cents personnes ; aujourd'hui, on dirait de lui qu'il est idéal pour des concerts à l'atmosphère unique. Ce qui a émergé de ce week-end a propulsé le groupe au rang des formations les plus populaires des États-Unis. Sur le plan musical, la performance fut extraordinaire. Du titre insouciant « Statesboro Blues » au morceau instrumental aux accents jazz « In Memory of Elizabeth Reed », en passant par l'ardent « Whipping Post », les deux guitaristes et les deux batteurs des Allman jouaient avec la puissance d'un poids lourd maniable comme une Ferrari, reléguant au rang de tentatives brouillonnes et maladroites toutes les autres tentatives d'enregistrement d'improvisations rock. L'album est devenu une telle référence que même le cri étranglé réclamant « Whipping Post », lancé par un spectateur dans un moment de silence entre deux chansons, a été largement imité par des plaisantins lors de concerts d'autres groupes. Le phénomène s'est reproduit si souvent au cours de la décennie que Frank Zappa a fini par apprendre une version de « Whipping Post » pour l'intégrer à son propre spectacle." (traduction maison)
David Hepworth, Never a Dull Moment, 1971 The year that rock exploded

mercredi 23 septembre 2026

L'art de la nouvelle


 Début de la nouvelle de James Salter intitulée "Le cinéma" :

  "Elle arriva à dix heures er demie. Ils attendaient. La porte au bout de la salle s'ouvrit ; avec une certaine timidité, essayant de voir dans la pénombre s'il y avait quelqu'un, elle avança lentement, presque à regret, ses longs cheveux flottant sur ses épaules comme ceux d'une écolière. Tous les regards étaient braqués sur elle. Une jeune femme, sa secrétaire, la suivait.

   Les très beaux visages ne s'expliquent pas. Elle avait un long nez, une bouche, et une curieusedistance entre les yeux. C'était un visage à la fois ouvert et insaisissable. En quelque sorte, il exprimait une certaine indifférence envers indifférence envers la vie."

James Salter, Last night (Editions de l'Olivier)

mardi 22 septembre 2026

Comme les autruches


 

On entend dire que le gouvernement prend des décisions au coup par coup, avec un temps de retard, et toujours sans orientation d’ensemble accordée à une vision claire des problèmes qui se poseront inévitablement. La raison de cet aveuglement est pourtant évidente : les visions à plus long terme, c’est-à-dire dépassant la fin du mois en cours, sont si désolantes et pour certaines si effrayantes qu’il est naturel de garder les yeux au ras des évènements qui surgissent. Pour le reste, on verra plus tard. Même comportement chez les nombreux candidats en campagne. L’objectif semble être de nous ménager, de ne pas trop nous démoraliser. En effet, quel sens peut avoir une élection lorsqu'autour le décor a déjà commencé à s’effondrer ?

lundi 21 septembre 2026

Authentiquement Soul


 Dan Penn venait de Vernon, raconte Rick Hall, et il a aussitôt excité la curiosité de tous : c'était un gamin blanc de seize ans qui chantait comme Ray Charles et était dingue de musique noire. Il était authentique. Ce n'était ni un escroc ni un imposteur. Il en savait plus sur la musique noire que nous tous réunis. Je me confiais à Dan. Je respectais ses opinions - sans abandonner les miennes pour autant, bien entendu. J'étais particulièrement impressionné par sa sensibilité aux chansons et à leur composition. Il n'avait rien d'un béni-oui-oui. S'il n'aimait pas quelque chose, il te disait : "Je pense que ce truc schlingue. Jamais entendu pire." Dan était un esprit libre". 

Peter Guralnick, Sweet Soul Music (Allia)


samedi 19 septembre 2026

Entre deux livres


La difficulté, après avoir lu un roman correspondant à ce que vous attendez de la  littérature, est de trouver une solution pour enchaîner sur le suivant. J’ai commencé deux romans dont j’ai dû interrompre la lecture au bout de quelques pages. Du réalisme social, lourd, vulgaire comme les personnages qu’ils observaient avec une distance condescendante. J’ai alors repensé à l’écrivain qui m'était revenu à l'esprit en lisant le début d’Entre amis. Il s'agissait de James Salter. Je me suis aussitôt plongé dans ses nouvelles et j’ai eu la confirmation qu’il s’agissait du bon choix


 

vendredi 18 septembre 2026

Essai comparatif



 

DuckDuckGo : Très bon réfrencement du blog avec le lien, c'est parfait.


Qwant : très bon référencement du blog avec le lien juste en dessous. Excellent.



Google : rien. Pas de livre, pas de blog et donc, pas de lien. Totalement inconnu sur le web. Nada. Conclusion : les bots de Google, avec les moyens dont ils disposent, doivent pouvoir faire mieux.






jeudi 17 septembre 2026

Fin


 

Je viens de terminer la lecture d’Entre amis. J’ai foncé vers la fin comme cela ne m’étais pas arrivé depuis longtemps. C’est quoi, un « grand roman » ? C’est un roman complètement réussi indépendamment de ce qu’il raconte, voire en dépit de l'histoire qu'il raconte. Un peu le contraire des romans "témoignage". Dans celui-ci, tout le plaisir du lecteur est dans les descriptions, dans les ambiances, les détails, les changements de points de vue, les comparaisons évocatrices (j’aurais dû en noter quelques-unes), les dialogues, etc. Au passage, et sans vous en être aperçu, vous en sortez avec l’impression d’avoir appris des choses pas clairement formulables sur le roman en cours qu'est votre vie.

mercredi 16 septembre 2026

Vous avez dit "attention" ?


 "Les personnes intentives ont un sens de l'observation très superficiel. Leurs jugements sont erronés et ils se m'éprennent sur la valeur des choses, car pour approfondir une question, ils ne savent pas donner suffisamment de temps, de patience ou de précision. Ces personnes entendent et mémorisent tout à moitié, et souvent de façon désordonnée. Ils connaissent un peu de chaque chose mais rien de l'ensemble. Il sont souvent imprudents, ils élaborent de grands projets mais ils sont très inconstant pour les réaliser."

Melchior Adam Weikard, 1775

mardi 15 septembre 2026

Hémisphères


 

J’ai trop lu aujourd'hui

l'hémisphère gauche de mon cerveau

qui analyse les mots

commence à fatiguer

Je vais regarder des images

en passant sur l'hémisphère droit

qui est aussi le côté des émotions

Il y a cette couverture de Charlie Hebdo

où l'on voit un nazi avec un brassard AFD

La bulle qui dit : « On n’a jamais réessayé »

J'ai trouvé ça amuppant*

 

* amusant et flippant