G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

mercredi 25 mars 2026

Le retour du printemps


 

Il ne reste rien

du monde ancien

pourtant le printemps

revient comme avant

semblable à lui-même

comme dans les poèmes

des moines taoïstes

où il était question de fleurs

de pétales qui s’envolent

et d’ermites retirés

dans la montagne

le printemps est là

exactement comme avant

pourquoi est-ce troublant ?

*

 

mardi 24 mars 2026

Emploi du temps


 

Je dispose de quelques jours pour regarder La caravane de feu sur le site d’Arte. J’essaie de suivre un peu les infos mais j’ai du mal. Je préfère faire du nettoyage (c’est la saison), lire Elie Faure et Leopardi, écouter mes playlists ou ne rien faire. Je ne sais pas si on me tolèrerait dans une tyrannie. Heureusement, nous sommes dans un coin du monde encore régi selon les bons vieux principes démocratiques. Apprécions notre chance.

lundi 23 mars 2026

SOLO


 

J’aimerais écrire comme Sonny Rollins

Mais Sonny Rollins n’écrit pas

Je sais il joue du saxo

Imagine en fermant les yeux

Un texte qui se met à se dérouler

Des phases plutôt courtes

S’enchainant librement

Sans jamais perdre le rythme

Comme le saxo de Sonny

Sur But Not For Me

D’abord la mélodie

Puis l’improvisation

Qui décolle par paliers

Kerouac écrivait comme ça

Son pote Cassady aussi

Solo de batterie

La mélodie qui revient

Triturée et hachée

Entre les coups de cymbales

Voilà ce que je voulais dire

Ok maintenant je vois

samedi 21 mars 2026

Echos archaïques


 "Il est fréquent, dans la manière dont les hommes présentent aujourd'hui leurs dires en société, de reconnaitre un écho de ces temps où ils s'entendaient mieux aux armes qu'à tout le reste : ils manient tantôt leurs assertions comme des tireurs pointant leur fusil, tantôt on croit entendre le froissement et le cliquetis des lames, et chez certains l'affirmation s'abat avec un fracas de solide massue. " 
Friedrich Nietzsche
Toute ressemblance avec des responsables politiques contemporains serait purement involontaire. 

vendredi 20 mars 2026

Encore raté


 

Je m’étais déguisé

en bourgeois tradi

pour aller au bureau de vote

la personne qui m’accompagnait

m’a dit que je faisais plutôt

« vieux Gainsbourg »

c’est tout mon destin,

ou mon karma,

ai-je pensé,

après tant de tentatives

d’adaptation sociale

ratées,

qui est ainsi résumé

jeudi 19 mars 2026

Goût inexplicable


A chaque fois que j’entends une chanson country interprétée par Jerry Lee Lewis, je me sens bien. Je ne sais pas comment l’expliquer. Je dirai même que je n'en suis pas très fier. J’apprécie également les titres de la période Sun ; il n’y a rien de mieux pour donner envie de se lever et de bouger dans tous les sens. Mais ce qui me touche le plus, ce sont les titres enregistrés un peu plus tard quand il est revenu après une traversée du désert métamorphosé en chanteur country. Je n’y peux rien, j’aime cette voix, ses intonations, son aisance, sa façon de glisser des « Jerry Lee » dans les textes ; le jeu de piano, bien sûr. J’aime tout, et je suis un peu gêné avec ce goût que je n’ai pas choisi. Jerry Lee n’a jamais eu l’air d'un type cool comme Elvis ou même Cash. Il avait plutôt l’air d’un sudiste teigneux aimant la gnole et la bagarre avec des élans mystiques bizarres. Mais la musique est au-delà de toutes ces considérations et c’est très bien ainsi. 


 

mercredi 18 mars 2026

Autopromotion


 

J’ai demandé à Claude, l’IA « woke » qui ne veut pas faire de la surveillance de masse, de donner 5 bonnes raisons de lire régulièrement Le Carnet de Joe Legloseur :

 

1.     Une publication quasi quotidienne — avec près de 30 billets par mois, le blog est alimenté avec une régularité remarquable, offrant toujours quelque chose de nouveau à lire.

2.     Une culture éclectique et pointue — cinéma (Godard, Kaurismäki), musique (Dylan, Coltrane, blues), littérature (Kerouac, Bukowski, Crumb)… le blog navigue avec aisance entre les arts.

3.     Un regard critique sur l'époque — Joe Legloseur commente l'actualité, la tech, l'IA, les élites ou le wokisme avec une ironie décalée et un point de vue bien affirmé, sans jamais être dans le conformisme.

4.     Une voix personnelle et sincère — entre réflexions, poèmes et souvenirs, le ton est celui d'un journal intime assumé, loin des formats lisses des médias classiques.

5.     Des découvertes culturelles en prime — la "chanson du dimanche", les citations de philosophes (Donald Davidson, Lao-Tseu), les références à des artistes moins connus… chaque visite est une petite exploration.

 

mardi 17 mars 2026

Un rêve interrompu

Tom Wesselmann, Great American Nude, 1965



Qui était la jeune femme avec des gros seins qui se serrait contre moi peu de temps avant mon réveil l’autre matin. Pas un mot n’était prononcé ; pourtant, je me souviens avec précision d’une forte complicité qui reposait entièrement sur le sens du toucher. Là où je posais la main sur son corps, un flot de sensations agréables circulait entre nous. Je ne voulais plus quitter ce moment. 

 

lundi 16 mars 2026

Epidémie

 

Une inquiétante épidémie d’amnésie frappe les personnalités françaises dont le nom se trouve lié d'une manière ou une autre au dossier du sulfureux criminel américain. La dernière personne touchée par cette maladie est la récente ministre de la culture, qui n’a conservé aucun souvenir d’une visite privée de Jeffrey Epstein au château de Versailles en 2013, quand elle en était la directrice. Frappée d’un trouble brutal de la mémoire, Catherine Pégard avait expliqué au Monde n’avoir « aucun souvenir d’une visite des Lang ni de Jeffrey Epstein » au château. « Cela a pu se passer alors que je n’étais pas là, mais si j’avais été présente je m’en souviendrais et le dirais, bien sûr », ajoutait-elle. Un tel accent de sincérité ne peut tromper. Le mal semble profond. Espérons que la photographie retrouvée dans les Epstein files sur laquelle on peut voir Caroline Lang, Woody Allen, Jeffrey Epstein et Catherine Pégard dans la galerie des Glaces aidera la ministre à récupérer ce souvenir enfoui.