G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

jeudi 12 février 2026

Météo

Comme l’homme imaginé par Buffon qui, voyant réapparaitre le soleil jour après jour, en induisait l’assurance de sa réapparition, comme lui j’ai acquis la certitude de voir revenir la pluie jour après jour.


 

mercredi 11 février 2026

Le tournant de 2026


 

Au moment où « les Amazon, Alphabet, Meta et Microsoft prévoient d’investir plus de 650 milliards de dollars en 2026 dans l’IA » (Le Monde), une question se pose : l’année qui commence verra-t-elle l’avènement la Singularité technologique ou au contraire marquera-t-elle le début d’un nouvel hiver de l’IA, également appelé « IAvernage » ? « L’IAvernage désigne les périodes où l’enthousiasme pour l’intelligence artificielle se transforme en désillusion. » (Usbeck & Rica) Les périodes de promesses non tenues ont correspondu par le passé au retrait massif des investisseurs. Cette fois-ci, les entreprises du numérique ont accumulé tellement de bénéfices qu’elles n’ont pas besoin d’emprunter.

mardi 10 février 2026

Qu'est-ce que la poésie ?

"La poésie est attention au particulier comme tel.

L'art, en général, aime à s'arrêter dans le particulier. L'entendement se hâte dans sa marche rapide, soit qu'il embrasse d'un coup d'œil théorique la multiplicité des détails, les soumette à des points de vue généraux et les absorbe dans ses principes et ses catégories, soit qu'il les subordonne à des fins pratiques déterminées ; de sorte que le particulier et l'individuel n'obtiennent plus leur plein droit. S'arrêter à ce qui, par sa position, n'a qu'une valeur relative, apparaît à l'entendement comme inutile et ennuyeux. Mais pour la conception et la représentation poétiques, chaque partie, chaque moment doit être en soi intéressant et vivant."

Hegel, Esthétique

lundi 9 février 2026

Entretenir soigneusement sa paranoïa


 J'écrivais récemment que les motifs de paranoïa ne manquaient pas en cette période incertaine (mais ne le sont-elles pas toutes ?). Parmi les inquiétudes nouvelles liées au développement de l'IA et des robots, certaines amènent un délicieux parfum se science-fiction. Voici le scénario :

"Cela adviendra presque naturellement, par une propagation spontanée, prolifique et irrépressible des machines qui s'auto-engendreront, croîtront et multiplieront sans crier gare, avant de nous engloutir. Ca commencera de façon imperceptible. Au début, nous ne sentirons rien. Tout se passera sans heurt, si ce n'est que nous ne pourrons plus revenir en arrière. Nous ne nous en rendrons pas compte tout de suite. Progressivement, les choses iront s'accélérant. Après, tout s'emballera ; le monde changera ; l'homme aussi ; plus rien ne sera comme avant, ni la nature, ni la vie, ni la conscience, ni même le temps. Cet évènement inéluctable a déjà un nom : la Singularité technologique."
Jean-Gabriel GanasciaLe mythe de la Singularité - Faut-il craindre l'intelligence artificielle ?

samedi 7 février 2026

Prestidigitation

Robert Crumb

C’est comment qu’on freine ? En ce début d’année 2026, je pense à ce titre d’une chanson d’Alain Bashung (sur le grinçant et excellent Play Blessure). L’idée selon laquelle le mouvement perpétuel est une stratégie utilisée pour générer une forme de sidération chez les adversaires (c’est-à-dire tous ceux qui ne portent pas la bonne casquette rouge ) commence à germer chez les commentateurs. A mon humble avis, ils sont sur la bonne piste. Reste à trouver ce que cherche à dissimuler ce tour de prestidigitation (la prestidigitation est l'art de produire des illusions en faisant apparaître ou disparaître des objets par des manipulations ou des trucages, souvent accompagnée d'une dimension théâtrale pour engager le public). Chacun a sa petite idée plus ou moins complotiste. Et il y a beaucoup de raisons d'être légèrement paranoïaque.


vendredi 6 février 2026

Dylan 1970


 Les fans de Dylan le savent bien : il y a toujours une période à redécouvrir dans son vaste corpus. Depuis un moment, je suis plongé dans les enregistrements de l'année 1970, plus précisément les sessions autour de l'album New Morning. C'est le premier disque de Dylan que j'ai écouté, à un âge (treize ans) où l'on est durablement impressionné. Je ne savait rien à l'époque. Maintenant, je situe mieux. C'est une période spéciale. Il venait de sortir le très mal accueilli Selfportrait et cherchait à retrouver une crédibilité artistique. Les requins de studio qui l'accompagnent ici n'ont pas la subtilité de The Band. Ils semblent tâtonner un peu, comme s'ils découvraient les titres au fur et à mesure ce qui devait être le cas. Du coup, ils ont une approche un peu jazzy qui donne à l'ensemble une tonalité feutrée doucement mélancolique qu'on retrouve sur beaucoup de titres. Quant à la voix, ce n'est plus du tout celle du crooner de l'album précédent et on ne la retrouvera nulle part ultérieurement.   

jeudi 5 février 2026

TOUT DOIT DISPARAITRE

Bill Térébenthine


J’aimerais tant retrouver

la force de négation

dont je faisais preuve

à seize ans

 

Ô le joyeux massacre

joyeux et jubilatoire

difficile à reproduire

et pourtant nécessaire


 

mercredi 4 février 2026

Surnager


 "Ne sachant pas gagner, que faire d'autre pour ne pas rester au fond de la cuve ? Il fallait une ceinture de sauvetage pour surnager. La poésie ! Il fallait en exploiter les moyens sans glisser dans le honteux travers d'étaler sans pudeur ses plus intimes sentiments, sans exhiber ses plaies, ni trop habilement vouloir tirer parti de ses faiblesses. Il fallait se sauver, non ses perdre."

Pierre Reverdy

mardi 3 février 2026

Business as usual


 

Plus j’avance dans le roman de Dave Eggers et plus je me dis que cette description bien documentée du management en vigueur dans les entreprises de la Tech doit être aujourd’hui dépassée. En effet, ce qui est montré ici sous une forme caricaturale et avec un humour corrosif relève d’un climat bien-pensant dégoulinant d'altruisme où règne la tyrannie des bons sentiments affichés, de l’inclusion, du souci de l’environnement poussé jusqu’à l’absurde et de la hantise de l’empreinte carbone. C'est-à-dire l'exact contraire de l’idéologie défendue par président auquel les patrons ont prêté allégeance sans vergogne. A ce jour, on ne note aucun état d'âme en provenance de la Silicone Valley.