Plus j’avance dans le roman de
Dave Eggers et plus je me dis que cette
description bien documentée du management en vigueur dans les entreprises de la Tech
doit être aujourd’hui dépassée. En effet, ce qui est montré ici sous une forme caricaturale et avec un humour
corrosif relève d’un climat bien-pensant dégoulinant d'altruisme où règne la tyrannie des bons
sentiments affichés, de l’inclusion, du souci de l’environnement poussé jusqu’à
l’absurde et de la hantise de l’empreinte carbone. C'est-à-dire l'exact contraire de l’idéologie
défendue par président auquel les patrons ont prêté allégeance sans vergogne. A ce jour, on ne note aucun état d'âme en provenance de la Silicone Valley.
Le Carnet de Joe Legloseur
Réflexions inutiles sur la société, la politique et la culture.
mardi 3 février 2026
Business as usual
lundi 2 février 2026
Libération
— Je me trompe peut-être mais
j’ai l’impression que le fait de gâcher son temps à scroller sur les réseaux
dits sociaux est en train de perdre de son prestige.
— Ce n’est plus aussi cool, mais
comme il s’agit d’une addiction il en faudrait plus pour arriver à un
décrochage massif.
— Je crois que plus on expliquera
aux jeunes gens l’origine du scroll infini qui a remplacé le clic vers le
milieu des années 2000, qu’on parlera de ces types cyniques qui sont à
l’origine de ces techniques de captation de l’attention et plus il sera
difficile de tomber aveuglément dans le panneau.
— Toujours aussi naïf...
— J'habite J'habite très loin d’un
lycée et le spectacle de ces adolescents transformés en zombies, esclave des algorithmes,
qui ne voient rien autour d’eux, est pénible. J’attends l’arrivée d’une
nouvelle génération qui se libère de cette aliénation.
— Et ils jetteront tous leurs
smartphone sur le sol avant de le piétiner.
— Ce sera un grand pas pour l’humanité.
dimanche 1 février 2026
samedi 31 janvier 2026
Une forme de folie
On ne va pas faire les difficiles. Le Tout de Dave Eggers ne peut pas à la fois proposer une critique dévastatrice de l’emprise opérée sur les cerveaux par les géants de la TECH (devenus trumpistes entre temps) et être en plus un grand écrivain. Il y a des longueurs, et pas du tout de style. Le roman se lit quand même agréablement, un peu comme on regarde une bonne série. Les meilleurs passages sont ceux qui ne relèvent presque pas de la science-fiction mais décrivent ce qui est déjà là, comme dans cette lettre qu'une prof de l'université adresse à l'héroïne pour la supplier de quitter cet emploi. Extrait :
"Une étudiante m'a raconte récemment qu'elle avait écrit mille deux cent six messages au cours des dernières vingt-quatre heures. Elle communique quotidiennement avec au moins quarante-neuf personnes. C'est manifestement une forme de folie, de monomanie. Pourtant, ce niveau de contact et de disponibilité est considéré comme une condition préalable pour prendre part à la société."
vendredi 30 janvier 2026
Concentration
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| Bill Térébenthine |
Ma première girl friend
doit avoir soixante-dix ans
maintenant
il est temps d’aller directement
à l’essentiel
pour lequel je n’ai pas de nom
je sais par expérience
qu’il ne s’agit pas d’une
invention
il s’agit au contraire
de la seule chose vraie
celle qui demeure intacte
tout le reste se dissipe en fumée
comme si rien n’avait existé
au-delà des conventions
rien n’avait d’importance
sauf cette sensation
jeudi 29 janvier 2026
L'art du portrait
![]() |
| Félix Fénéon (1861-1944) |
"Réfugié dans sa misanthropie submersible, tel le capitaine Nemo, l'œil collé au hublot des profondeurs, il contemple, incrédule, ces drôles de poissons blancs que l'on nomme homo sapiens. Il se plait à rouler les officiels et leurs officines dans un gluant mépris, préfigurant Arthur Cravan, Jacques Vaché et, surtout, Marcel Duchamp, clown spectral.
Grand, svelte, plutôt sec, le nez assez fort dans un long visage osseux, vêtu avec une élégance british, il porte à l'extrémité du menton un pinceau de poils assez longs qui lui assure d'indéniables succès féminins."
Patrice Delbourg, Les désemparés : 53 portraits d'écrivains
mercredi 28 janvier 2026
Un rêve qui finit bien
Ce matin
j’ai ouvert les yeux
en pensant à Apollinaire
et au climat mélancolique
des fois dernières
les rêves sont souvent
interrompus
celui-là ne l’était pas
il s’attardait sur la dernière
scène
en un long plan séquence
dans une ambiance fin de vacances
une jeune fille se baignait nue
un gars aux yeux tristes
parlait avec elle
je crois qu’il avait compris
que c’était moi qu’elle avait
choisi
mardi 27 janvier 2026
Sur la disparition des oiseaux en Europe
Je souffre un peu d’éco-anxiété, de
manière sporadique, par exemple lorsque j’ai lu dans la journée des
informations désolantes sur le déclin des espèces animales. La dernière fois,
il s’agissait d’une grande enquête sur la disparition massive des oiseaux enEurope. Les principales causes sont l’usage des pesticides dans l’agriculture
intensive et la hausse des températures. Ce genre d’information passe généralement
inaperçue. La capacité de déni dont peut faire preuve le cerveau humain vis-à-vis
des faits qui le dérangent apparait de manière flagrante. Cette réalité m’inquiète
de plus en plus. L’agriculture intensive et l’usage massif de pesticides
devraient être en cours d’éradication or c’est l’inverse qui se produit :
on revient sur les rares mesures mises en place ou simplement à l’état de
projet. L’aveuglement suicidaire gagne du terrain. Les climato-négationnistes
remportent les élections. Lorsque
je ne trouve pas le sommeil, plus que les catastrophes environnementales, c’est
l’humano-anxiété qui m’empêche de dormir.
lundi 26 janvier 2026
Tenter de garder son calme
![]() |
| Bill Térébenthine |
Je ne m’énerverai pas ici au
sujet des personnes abattues par les agents fédéraux à Minneapolis. Rien non
plus sur les arguments (qui a dit "mensonges éhontés" ?) avancés par l'administration pour justifier ces
meurtres. Cela n’aiderait pas ce blog à récupérer son référencement sur Google.
Officiellement, il s’agirait d’un simple « problème d’indexation de pages »
mais comme ça fonctionne parfaitement avec tous les autres moteurs de recherche, on se pose des questions. Ceci dit, on s’en
fout un peu ; ce petit bug ne nuit pas vraiment à la fréquentation du blog. D'ailleurs, après
un an, on peut faire un petit bilan d'étape. Si on fait abstraction des raids
sporadiques des robots internationaux, le Carnet
dispose d’une solide base de visiteurs réguliers et la croissance se poursuit
doucement.







