lundi 5 octobre 2026
Revue de presse
lundi 14 septembre 2026
Revue de presse
Je ne sais pas ce que Patrick
Besson a fait de ses vacances mais son billet de rentrée est assez faiblard.
C’est la seule chose que je lis lorsque je feuillète le Point. Le thème retenu cette semaine m’a intéressé parce que
j’avais songé un moment l’évoquer dans le Carnet. Il s’agissait de se pencher
sur l’usage omniprésent du terme « compliqué ». Besson le chroniqueur
traite le sujet de manière assez paresseuse. Tout est compliqué, blablabla. Le
ton est moins sarcastique qu’à l’accoutumé. Il me semble qu il passe à côté
d’un point important, que j’envisageais de traiter : l’expression exacte
est « C’est un peu
compliqué », le « un peu » étant utilisé de manière à euphémiser ce
qui est en train de se passer. Exemple : « Ma maison a brûlé, ma
femme a disparu, alors c’est un peu compliqué ». On entend ça à chaque
reportage sur une catastrophe, c’est-à-dire tous les jours. J’avais certainement
ma petite idée sur cet usage généralisé de l’understatement mais depuis, j’ai oublié.
lundi 27 juillet 2026
Lecture d'été
Traditionnellement, l’été est le
moment où on se laisse aller à ses petites habitudes un peu honteuses,
tellement agréables lorsqu’on profite du relâchement ambiant. Ici, l’été est
associé à la lecture des magazines relatifs à la musique rock. Le circuit de la
récompense a tellement carburé à la lecture de cette presse entre 70 et
75 qu'il n’est pas difficile de le réactiver. Je me souviens de vacances en
Bretagne. J’avais vu dans une maison de la presse un numéro des Inrockuptibles
avec le banane de Warhol en couverture, un numéro consacré en partie au Velvet
Underground avec un supplément spécial Factory. Je l’ai retrouvé. Il est daté de juillet/août 1990. Cette année,
36 ans plus tard, c’est un numéro hors-série de Rock & Folk consacré aux Who. J'ai beaucoup aimé ce groupe, presque
autant que les Stones, mais cela a duré moins longtemps. Le bilan que tire papy Pete dans l’édito du magazine est lucide et un peu triste.
« Même si je suis assez bon
membre de gang et un bon soldat sur la route, je suis mauvais en collaboration
créative. J’aurais été un artiste solo et un producteur bien plus efficace,
travaillant comme Brian Eno. Je serais en meilleure forme physique aujourd’hui.
Mes genoux, oreilles, poignet droit et épaule fonctionneraient mieux. Tout ça
me fait mal aujourd’hui à cause à cause des folies faites en frimant sur scène
avec les Who. La voix de Roger a probablement souffert de la même façon, mais
il a moins de regrets, je pense. »
lundi 6 juillet 2026
Vieux singes
Quelle horreur. En voyant les
Glimmer Twins semblables à deux vieux singes grimaçants sur la couverture de Match, j’ai ressenti avec une terrible
acuité la destruction finale de tous mes rêves d’adolescent. Quel gâchis. Quand
on pense à ce qu’ils représentaient
pour nous (et qui n’a rien à voir avec ce qu’ils pouvaient être par ailleurs).
Keith particulièrement, qui concentrait à mes yeux tout ce que la vie pouvait
présenter de désirable : de la bonne musique, de la drogue à volonté et une
compagne dans le style d’Anita. On ne peut même pas leur en vouloir. Il faut
bien payer l’entretien des propriétés et les frais de la famille. Comme on dit, c’est
la vie.
mercredi 3 décembre 2025
Rions un peu
Jeudi 27 novembre, un briefing téléphonique est accordé aux journalistes et un déplacement de trois
ministres (agriculture, écologie et santé) est annoncé pour le lendemain, à 12 heures, afin de
présenter la Snanc. Cette fois-ci, c’est la bonne ! Quelques heures plus tard, le déplacement
ministériel est annulé sans explications. Le lendemain matin, la cellule investigation de Radio France
révèle que le texte que s’apprête à publier le gouvernement a été expurgé d’un objectif visant à «
limiter les aliments ultratransformés » – une suppression demandée de longue date par l’Association
nationale des industries agroalimentaires (ANIA).
La disparition de cet objectif est d’autant plus embarrassante qu’elle intervient seulement quelques
jours après la publication d’une série d’articles de recherche dans la revue The Lancet. Une
quarantaine de chercheurs internationaux y enjoignent aux pouvoirs publics d’agir fermement contre
l’alimentation ultratransformée, mise en cause dans « l’escalade du fardeau des maladies chroniques
». Explication d’un représentant du ministère de l’agriculture : « Le terme d’aliment ultratransformé
ne dispose actuellement pas de définition, ni scientifique ni réglementaire. »
Le Monde 30-11-2025
mardi 14 octobre 2025
Anniversaire
Que vois-je ? Une revue
anglaise spécialisée dans la musique de vieux (Uncut) sort un numéro spécial pour fêter les 80 ans de Neil Young.
Ce n’est pas le premier des musiciens qui bercèrent nos années de jeunesse à
passer ce cap. Cela me fait quand même un drôle d’effet. Peut-être à cause de
son nom. Au lieu de se morfondre sur le passage du temps, réjouissons-nous
plutôt de la présence en ce monde de ceux qui
nous aident un peu à le supporter par leur présence et leur persévérance
dans ce genre musical qui nous aura accompagnés tout au long du parcours. Et ce n’est
pas fini. Un titre du tonnerre sort de l’ordinateur. Il est extrait Talkin to the Trees, un de ses derniers
disques.
lundi 22 septembre 2025
Revue de presse
samedi 14 juin 2025
Reportage
Lecture intéressante d’un article de Martin Amis paru en 2016 qu’on peut trouver dans un recueil intitulé La Friction du temps. Dans ce reportage consacré à la campagne électorale menée par celui qui venait de remporter la primaire républicaine et allait accéder à la présidence pour un premier mandat, Amis envisage le cas sous l’angle de la maladie mentale. Il se base principalement, pour établir son diagnostic, sur la lecture des livres signés par le candidat. Après avoir décrit la manière dont l’agent immobilier s’y prenait pour racheter des logements à bas prix, il écrit : « Trump a le nez pour renifler les corps plus assez forts ni agiles pour éviter la prédation. Il a usé de la même tactique avec l’usine à gaz qu’est devenu le Grand Old Party, dont les salariés ne l’ont pas vu venir alors qu’il s’infiltrait parmi eux, et dont aujourd’hui il chevauche les ruines. La question est : peut-il faire la même chose avec la démocratie américaine ? » Vu du point temporel où nous nous situons, nous sommes en mesure de répondre par l’affirmative.
jeudi 10 avril 2025
Le plus important
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| Bill Térébenthine |
"Question : Au début de la première présidence Trump, dans De la
tyrannie, vous listiez vingt enseignements que nous lègue le passé pour lutter
contre l’avènement d’un régime autoritaire. Lequel vous semble plus important à
l’heure actuelle ? Réponse : Le plus important est le suivant : n’obéissez pas à
l’avance. Vous ne pouvez pas résister si vous vous conformez à ce que les
autres font attendent de vous sans avoir pris la peine de forger votre propre
définition de ce qui est normal et moral. Vous allez vous engager dans cette
direction, puis vous justifier de le faire, et là c’est la fin." A la limite, dans le but de garder
clairement à l’esprit le conseil de Snyder, on peut s’en tenir à une formule simple
et concise : « N’obéissez pas ». |
mardi 8 avril 2025
1975 again
En parcourant le numéro d’avril
75 de Rock & Folk je me dis que
l’âge d’or était terminé. C’était le creux de la vague. Rien d’excitant
n’apparaissait plus à l’horizon. Beaucoup de choses boursouflées, surestimées, frappées
d’obsolescence dès leur sortie (du genre Genesis et Yes). Les articles ne
retiennent pas mon attention ; je file à la rubrique « Disques ».
En ouverture, Physical Graffiti de
Led Zeppelin se fait hacher menu par Manœuvre. Cela tombe bien : je n’ai
jamais réussi à l’apprécier. Le groupe se résume pour moi à leur chef d’œuvre Led Zeppelin IV. Rock’n’Roll de John Lennon. Celui-là je l’ai écouté à sa sortie
grâce à mon beauf, un vieux rocker qui voulait m’initier à la musique de sa
jeunesse, celle des « pionniers ». Et j’ai adoré. Be-bop-a-lula, Stand By Me, Peggy Sue.
Les reprises de John dégagent une joie communicative. A mon humble avis, il n’y
a rien de tel que ce bon vieux rock des années 50 pour se remettre d’aplomb.
D’ailleurs, je vais me le mettre pendant que je poursuis ma lecture. Je pousse
le son. Qu’est-ce que ça fait du bien ! La bourse peut bien s’écrouler.
Let’s rock again ! Je reprends. Mahavishnu, Van Der Graaf Generator,
Tangerine Dream : beurk. A la poubelle, les déchets prétentieux. Tiens !
La BO de The Harder They Come. On découvrira cette merveille un ou deux ans
plus tard. Idem pour l’album Natty Dread
en « Import Givaudan ».
samedi 29 mars 2025
Rues vides
Dessin : Bill Térébenthine
Lu dans la presse locale : deux
boutiques, une de vêtements féminins et l’autre de jouets, ferment dans le
centre-ville. Les commerçants concernés font un constat amer : les rues
autrefois pleines de monde sont aujourd’hui désertes. « Les gens restent
chez eux », constate l’épouse du marchand de jouets. Le phénomène est relativement
inexpliqué, personne ne s’est encore penché dessus pour en éclairer les causes.
Dans les rues vides, le badaud, ce promeneur « curieux de tous les
spectacles de la rue et qui s'attarde à les regarder »* va se faire de
plus en plus rare. Il paraîtra suspect. Ne resteront que ceux qui n’ont pas le
choix : les propriétaires de chiens (dont je suis).
* Le Larousse
mercredi 26 mars 2025
1975 (suite)
Tel un artefact descendu de
l’espace, un nouveau trimestriel de bande dessinée apparut un matin. Il y en avait
une petite pile près de la caisse de la librairie-papeterie en face du lycée.
On prenait un exemplaire entre les mains, on le feuilletait avec curiosité. Sur
la couverture, un monstre signé Moebius nous montrait les crocs en hurlant (ou
en aboyant) dans notre direction. Après quelques BD en noir et blanc, les
premières pages d’ARZACH faisaient une forte impression. On restait un instant subjugué
par une forme inconnue de poésie visuelle. Puis on reposait le magazine sans l’acheter.
Trop cher. Trop nouveau. Trop beau. Un peu plus tard, nous allions nous y
plonger longuement.
vendredi 17 janvier 2025
Cadiot










