allant vers le torrent, me regardant dans le courant
ou du côté de la falaise, m'asseoir sur un grand rocher
cœur, nuage solitaire, nulle attache
les affaires du monde, à quoi bon courir après ?
Shan Han, 108 poèmes
G-0C9MFWP390
allant vers le torrent, me regardant dans le courant
ou du côté de la falaise, m'asseoir sur un grand rocher
cœur, nuage solitaire, nulle attache
les affaires du monde, à quoi bon courir après ?
Shan Han, 108 poèmes
Il n’est jamais trop tard
Pour voir le côté positif des
choses
Après une vie de sarcasmes
Et de ricanements
Il est temps de relever
Un motif de satisfaction
La poésie existe encore
Dans ce monde de chaos
Et de destruction
Et ce simple fait
M’apporte une forme
De réconfort
L'art, en général, aime à s'arrêter dans le particulier. L'entendement se hâte dans sa marche rapide, soit qu'il embrasse d'un coup d'œil théorique la multiplicité des détails, les soumette à des points de vue généraux et les absorbe dans ses principes et ses catégories, soit qu'il les subordonne à des fins pratiques déterminées ; de sorte que le particulier et l'individuel n'obtiennent plus leur plein droit. S'arrêter à ce qui, par sa position, n'a qu'une valeur relative, apparaît à l'entendement comme inutile et ennuyeux. Mais pour la conception et la représentation poétiques, chaque partie, chaque moment doit être en soi intéressant et vivant."
Hegel, Esthétique
Pierre Reverdy
![]() |
| Robert Crumb |
Une bagarre ? Non, des frictions sentimentales. On appuie le front, les lèvres contre une vitre et on finit brisé comme un épileptique.
J'hésite à donner plus détails. Tout a commencé sur la presqu'île de Sorrente. La mer colportait les rêves des mauvais garçons.
J'ai vu un soufi miséricordieusement nu. Au-dessus de lui un avion décrivait une courbe vers l'ouest...
Comment imaginer que cela puisse finir ? Et pourquoi retouner le fer dans la plaie ?
Pourquoi, une fois de plus, vouloir sauver les apparences ?
Michel Bulteau, La vie des autres
Dans la Montagne froide longtemps pourra rester
Dans les pins silencieux souffle une douce brise
Dont, plus on se rapproche, embellit la chanson
Il ya sous un arbre un homme aux cheveux gris
Qui lit en marmonnant Houang-ti et Lao-tseu
Cela fait dix ans qu'il n'est pas rentré chez lui
Il a oublié par où il était venu
Han-chan
« La poésie c’est
Un réflexe de survie
Une effraction
Continue
La persistance du souffle
Le vrai cœur de la
Planète
Le contraire de
L’inhumanité
Croissante »
Tu te trouves étrangère même dans ta salle de bains
N’es vraiment nulle part familière autochtone
Souvent te sens bizarre en présence des gens
Où sont-ce eux qui sont strange parce que tu es stranger –
Avec les grenouilles vertes les girafes à trapèzes
Avec les coccinelles et les esperluettes
Les trombones à coulisse les bâtons de bergère
Les clefs à mobylette oubliées dans les ronces
Les tire-bouchons zélés les tapis les balais
Tu peux rester toi-même tu n’as pas de problème
Alien peut-être mais non regardée de travers –
Parce que people are strange when you are a stranger
Et puisqu’on est toujours le martien de quelqu’un
Tu es nantie drôlement avec ta pomme de douche.
Valérie Rouzeau, Sens averses (répétitions)
Lorsque je lis de la poésie
contemporaine, je pense souvent à Brautigan. Je me dis que le poète du sucre de
pastèque et des retombées de sombrero aurait été très étonné s’il avait su
qu’il aurait une grande influence sur de nombreux poètes français de le fin du
vingtième et du début du vingt-et-unième siècle. Il n’en avait pas la
possibilité et il s’est tiré une balle à cause (entre autre) du manque de
reconnaissance que subissait sa poésie dans son pays. Je me dis
qu’avant Brautigan, il n’y avait rien de semblable dans la littérature
américaine (ce ton ironique et doucement mélancolique, cette fantaisie sans
limite, son attention aux détails, etc.). Force est de constater qu’il a donné
naissance, ici en France, à un style sympacool convenu et sans surprise, un académisme bien
éloigné de l’explosion de créativité qui imprégnait les livres de Brautigan.
Je me rappelle sans cesse les chevaux
sous la lune
je me rappelle lorsque je donnais du sucre
comme de la glace,
et ils avaient des têtes comme
des têtes
chauves d'aigles qui auraient pu mordre mais
n'en faisaient rien
Les chevaux étaient plus réels que
mon père
plus réels que Dieu
et ils auraient pu m'écraser les
pieds mais ils n'en ont rien fait
ils auraient pu faire toutes sortes d'horreurs
mais ils n'en ont rien fait.
J'avais presque 5 ans
mais je n'ai pas oublié ;
Ô mon dieu ils étaient forts et bons
Leurs grands coups de langue rouge
et baveuse venus de l'âme.
Charles Bukowski, Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines
J’aime la manière dont Alain
Chany a écrit L’Ordre de dispersion.
Cela fait du bien quand on lit cette prose tellement poétique qu’elle en
devient autre chose, une forme inconnue qu’on ne peut qu’entrevoir par moments,
dans une certaine disposition. Il s’agit, à ma connaissance, de l’une des meilleures
descriptions littéraires de ce que fut mai 68 par ceux qui l’ont vécu du bon
côté. J’aime sa façon d’aligner les mots, les phrases, les idées, à la manière
d’un jazzman revenant régulièrement sur son thème après avoir divagué en
liberté en dehors des clichés balisés. Au début du roman, le narrateur qui enseigne
la philosophie doit faire un discours de remise de prix dans l’établissement où
il enseigne. Extrait du discours :
« Nous fuyons la fuite et cela ne va pas tout seul : nous sommes en éveil
permanent, malgré ce qui peut paraître. Nous ne chanterons pas la romance qui
calme, ni le système engourdissant. Nous essaierons de faire des feux de joie,
malgré tout ; nous aurons donc beaucoup d’ennemis. » Le discours continue sur cette lancée. Il suscite un tollé d’indignation chez les parents d’élèves. Le directeur, qui est
un curé, explique au professeur que de tels propos ne peuvent être tolérés dans
un lycée privé très strict sur les valeurs morales. Le professeur de philosophie
et narrateur apprend qu'il est renvoyé.
your life is your life
don’t let it be clubbed into dank
submission.
be on the watch.
there are ways out.
there is a light somewhere.
it may not be much light but
it beats the darkness.
be on the watch.
the gods will offer you chances.
know them.
take them.
you can’t beat death but
you can beat death in life,
sometimes.
and the more often you learn to
do it,
the more light there will be.
your life is your life.
know it while you have it.
you are marvelous
the gods wait to delight
in you.
Charles Bukowski
Je lis la chronique des temps très anciens,
Je regarde les images du vaste monde.
Je dis oui à l’univers. Si cela n’est pas
Le bonheur, où donc est le bonheur ?
Aujourd’hui, c’est un passage
d’une nouvelle de Scott Fitzgerald intitulée L’après-midi d’un écrivain qui a retenu mon attention :
« Il traversa la salle à
manger et il entra dans son bureau, aveuglé, un instant, par l’éclat de ses
deux mille livres, dans le coucher du soleil. Il était assez fatigué – il
allait s’allonger pendant dix minutes, et puis il verrait s’il pouvait démarrer
sur une idée dans les deux heures qui lui restaient avant le dîner. »
Le chef du SPECTRE
A pris le pouvoir
Il est là pour nuire
Pour nuire et s’enrichir
Sous les acclamations
De ses supporters
Fanatisés
Des hordes de fanatiques
Avec des casquettes rouges
Sur le crane