Je ne peux m’empêcher de repenser
à un texte d’André Hardellet dans lequel il évoque un condisciple qu’il a
côtoyé au lycée. Brillant, séduisant, toujours accompagné de jolies filles,
réussissant tout avec une grande désinvolture, totalement détaché vis-à-vis
de ses succès comme s’il cherchait ailleurs quelque chose qui ne soit pas,
selon son expression, « de la chansonnette ». De longues années après l’avoir
perdu de vue, le narrateur rencontre un ancien élève qui lui apprend la mort du
condisciple en question dans un pays étranger. Il travaillait sur un chantier comme
manœuvre et vivait dans des conditions misérables.
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vendredi 28 août 2026
Une lecture
mercredi 26 août 2026
Un épisode de vos vacances (2)
André Hardellet, Les Chasseurs
samedi 15 août 2026
Conversation (extrait)
— Il y a les éco-anxieux qui ont
l’impression de vivre la fin de la vie sur terre et les complotistes qui voient
partout de la propagande. Tout le monde a l’air nerveux. Toi, tu n’as pas l’air
inquiet. Tu t’y prends comment pour tenir le coup ?
— Comme d’habitude : musique
et lecture. Rien de bien original, surtout pour toi qui me connais bien. Des
valeurs sûres auxquelles je reviens régulièrement. En ce moment : Gram
Parsons, 1973-74 The Complete Reprise
Sessions et André Hardellet, Les
Chasseurs I & II.
— Effectivement. Gram Parsons, je
l’ai souvent entendu dans ta voiture.
— Sa voix a sur moi le même
effet bénéfique que celle de Sam Cooke.
vendredi 14 février 2025
Au carrefour du temps
Il y a des physiciens qui assurent que le temps n’existe pas. S’il s’agit d’une illusion, alors elle terriblement tenace. On peut en revanche tenter de s’évader momentanément de ce présent pesant où, comme chantait Lou Reed, tous les politiciens émettent des cris insensés et tout le monde rabaisse tout le monde. Comment ? En suivant le mode d’emploi qui se trouve dans les écrits d’André Hardellet. Ce qui frappe en le lisant, c’est la précision de ses souvenirs d’enfance. « Les cris des martinets ou le choc étouffé du marteau chez le menuisier, j’en ressuscite quelquefois le timbre exact, à force de patience, dans ma nuit sourde, et cette vérité me frappe ; rien n’a disparu. » Cela ne marche à tous les coups et l’IA ne pourra pas vous aider. Il faut de la patience, beaucoup de patience. L’insomnie de trois-quatre heures du matin peut être un moment propice.
mercredi 12 février 2025
Lourdes, lentes
Dans les premières pages du roman d’André Hardellet, l’auteur se met dans la bonne disposition pour se laisser aller à une rêverie sans frein. « Presque chaque soir, vers neuf heures, je prends un bouquin et m’allonge sur mon lit. Souvent, j’abandonne vite ma lecture ; commence alors l’étendue d’immobilité et de silence apparents où je découvre ma totale liberté. » Ces mots résonnent lorsqu’on sait à quoi va être confronté le poète qui s’apprête à célébrer la beauté du corps féminin dénudé et le miracle du plaisir partagé. Le livre est publié sous un pseudonyme par mesure de précaution (Hardellet était conscient du caractère subversif de sa démarche de dévoilement). Hélas, il tombera entre les mains d’un ministre de l’intérieur particulièrement sensible aux provocations : le sinistre Marcellin qui fut également responsable de l’interdiction de Hara-Kiri hebdo. En 1972, lors d’un procès éprouvant, notre censeur obtiendra gain de cause par l’intermédiaire d’un juge zélé particulièrement agressif envers l’écrivain « coupable d’atteinte aux mœurs ». La légende raconte qu’André Hardellet fut très affecté par cet épisode judiciaire. Le fait est qu’il mourut peut de temps après.
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