— Bonjour monsieur Lecornu.
J’aimerais vous poser quelques questions.
— Pourquoi pas. Mais faites vite,
j’ai une réunion interministérielle de crise dans trois minutes.
— Justement. Vous enchainez les
réunions de crise (inondations, canicules, incendies) et pourtant, à aucun
moment vous n’évoquez le point commun entre ces évènements
catastrophiques : le réchauffement climatique.
— ...
— C’est comme si le mot
« climat » vous faisait peur. Quant aux mesures à prendre pour
contenir et si possible ralentir le réchauffement, on a l’impression que vous
en ignorez l’existence. Il doit bien y avoir dans un coin de votre bureau un
dossier qui traine avec les préconisations des scientifiques. Par exemple,
l’élevage intensif et ses dégagements de méthane est une catastrophe. Vous
n’envisagez pas de le réduire ?
— Vous n’y pensez pas. La FNSEA lâcherait
sur nous les éleveurs en colère. On se retrouverait avec du fumier et du purin
devant l’assemblée. Je ne vous dis pas l’odeur
— Mais cela ne dit pas pourquoi
vous faites l’impasse sur la crise climatique qui ne fait que commencer à s’intensifier.
— (A voix basse comme s’il avait peur
d’être entendu) Chut. Pouvons-nous éviter le sujet.
— Ne craignez rien, nous sommes
entre nous.
— La vérité c’est que Trump ne supporte
pas qu’on évoque le réchauffement climatique en public. C’est l’augmentation
des droits de douane assurée en retour le soir-même. Bon, il faut que j’y
aille.
— Les réunions de crise n’attendent
pas. Bon courage !
