G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur: Dylan
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samedi 21 février 2026

Un peu d'Histoire

Quel plaisir de pouvoir écouter le concert de Bob Dylan donné le 3 septembre 1965 à l’Hollywood Bowl magnifiquement remixé par le grand Professor Stoned. On oublie tous les miasmes et on laisse la magie opérer. Pour préciser le contexte historique, un extrait de la présentation : « Voici un précieux témoignage du talent de Dylan à un tournant décisif de sa carrière. On y découvre deux prestations exceptionnelles : l’une en solo, dans un registre néo-folk, et l’autre en meneur proto-punk déchaîné, à la tête d’un groupe électrique. Le groupe était composé de Robbie Robertson à la guitare solo, Al Kooper à l’orgue, Harvey Brooks à la basse, Levon Helm à la batterie, et Dylan à la guitare rythmique et au piano. Il s’agissait du premier concert de la tournée électrique, juste après sa prestation controversée au Newport Folk Festival – et quatre jours seulement après la sortie de Highway 61 Revisited. » Difficile de trouver mieux pour accompagner une nouvelle journée de pluie.

Bob Dylan - The Hollywood Bowl,Los Angeles, California, September 3, 1965 (Prof Stoned Remaster)

 

vendredi 6 février 2026

Dylan 1970


 Les fans de Dylan le savent bien : il y a toujours une période à redécouvrir dans son vaste corpus. Depuis un moment, je suis plongé dans les enregistrements de l'année 1970, plus précisément les sessions autour de l'album New Morning. C'est le premier disque de Dylan que j'ai écouté, à un âge (treize ans) où l'on est durablement impressionné. Je ne savait rien à l'époque. Maintenant, je situe mieux. C'est une période spéciale. Il venait de sortir le très mal accueilli Selfportrait et cherchait à retrouver une crédibilité artistique. Les requins de studio qui l'accompagnent ici n'ont pas la subtilité de The Band. Ils semblent tâtonner un peu, comme s'ils découvraient les titres au fur et à mesure ce qui devait être le cas. Du coup, ils ont une approche un peu jazzy qui donne à l'ensemble une tonalité feutrée doucement mélancolique qu'on retrouve sur beaucoup de titres. Quant à la voix, ce n'est plus du tout celle du crooner de l'album précédent et on ne la retrouvera nulle part ultérieurement.   

jeudi 15 janvier 2026

Maintien dans la voie


 Il m’arrive de découvrir des poètes au moment de l'annonce leur décès. C’est le cas pour Zéno Bianu. En lisant la nécro, j'ai immédiatement capté les signaux qui clignotaient dans la nuit noire : signataire du Manifeste électrique de 1971 ; Rimbaud, Coltrane, Artaud, le Grand Jeu ; et puis un livre sur Dylan et un autre sur Chet Baker. Enfin, il y a cette Poésie chinoise de l’éveil, une anthologie qu’il a présentée en compagnie d’un sinologue. Le fichier est sur mon téléphone. Parenthèse : cet objet qui peut vous transformer en zombie peut également servir à lire de la poésie. De la poésie ? Mais pour quoi faire ? 
La réponse de Zéno Bianu :

« La poésie c’est

Un réflexe de survie

Une effraction

Continue

La persistance du souffle

Le vrai cœur de la

Planète

Le contraire de

L’inhumanité

Croissante »



mardi 4 novembre 2025

RETOUR DE PROMENADE


 

Les feuilles dans les flaques d’eau

le bitume luisant sous les lampadaires

content d’être rentré à l’abri

dehors il fait déjà nuit

rien écrit encore de la journée

j’écoute Blind Willie McTell

pas le vieux bluesman mais Dylan

qui rend hommage au chanteur aveugle

j’apprécie la musique

j’apprécie d’être vivant

j’apprécie d’être là

je ne sais pas à qui m’adresser

pour dire merci

 

 

 

mardi 26 août 2025

Trouble de l'attention

Blind Willie McTell

 

Depuis que je suis diagnostiqué, je me documente un peu sur le TDAH chez les adultes. L’une des manifestations de ce fonctionnement particulier du cerveau est l’hyperfocalisation. Cela consiste à se passionner pour deux ou trois sujets au détriment du reste (organisation de la vie pratique, assurer de bonnes relations avec sa hiérarchie, planifier des voyages touristiques, s’intéresser à la vie politique). On pourra trouver dans le Carnet des traces de ces engouements excessifs qui vont de Dada au blues en passant par Dylan et les écrivains qui m’ont accompagné dans ce voyage hasardeux qui ne manquait pas de bonnes surprises. 


dimanche 20 juillet 2025

Trop détendu


 

C’est plus facile, pour moi, d’écrire lorsque je suis un peu énervé. Heureusement, je le suis assez souvent. Mais là, rien. J’ai passé une très bonne nuit, sans insomnie. Sommeil réparateur. Réveil en pleine forme. Je relève des nouvelles plutôt positives dans les actualités, comme le succès de la pétition contre la loi Duplomb. J’écoute un enregistrement de la tournée de 74 de Bob Dylan and the Band. La température de l’air qui entre par la fenêtre est idéale (19°). Je ne vais quand même pas me forcer à être de mauvaise humeur pour trouver l’inspiration.

jeudi 24 avril 2025

1975 (suite)


 Blood On The Tracks est unanimement considéré comme son meilleur album de la décennie. Il m’impressionnait beaucoup quand je l’écoutais dans ma chambre de lycéen. J’appréciais la musique, le chant habité, mais les thèmes abordés me passaient largement au-dessus. C’est quoi cette histoire de souffrance amoureuse ? Les vaines tentatives pour retenir celle qui s’éloigne en vous laissant « with a pain that stops and starts» (You’re A Big Girl Now), cela ne m’évoquait de précis. Maintenant, lorsque j’écoute ces chansons, je me laisse vaguement aller avec complaisance à revivre des ruptures passées, des déchirements sublimés par l’art du songwriter. 

mercredi 23 avril 2025

Rêvons un peu

A situation extrême, réactions un minimum à la hauteur. Par exemple, Dylan pourrait réintroduire dans sa liste de titres sur le Never Ending Tour, en ce moment dans l’Amérique trumpienne, quelques chansons qui pourraient résonner dans le contexte actuel, comme The Lonesome Death of Hattie Carroll, With God On Our Side et quelques autres protest songs du début des sixties. Il pourrait également reprendre quelques tubes de lutte signés Woodie Guthrie. Les jeunes fans de Timothée Chalamet adoreraient reprendre en chœur This Lans Is Your Land et We Shall Overcome. Surtout si Mamie Baez vient sur scène et que Bobby a collé sur sa guitare, en hommage à son héros de jeunesse, un autocollant « Cette machine tue les fascistes ». 

 

samedi 5 avril 2025

Information de première importance

J’apprends, en lisant un article consacré au groupe The Band dans le magazine Rolling Stone, que Dylan avait rappelé Robbie Robertson pour jouer sur Rough and Rowdy Ways. Celui-ci avait décliné l’invitation pour cause de planning trop chargé. Il avait évoqué dans sa réponse une collaboration possible, plus tard, en une autre occasion (ce qui ne se produira pas, le guitariste étant décédé en 2023). C’est regrettable. Son jeu subtil aurait très probablement enrichi les arrangements sur cet album grave et imposant sorti il y a cinq ans.

 

jeudi 13 mars 2025

50 ans après


 J’aimerais écrire sur l’année 1975. L’idée de le faire un demi-siècle plus tard me plait bien mais c’est loin. Au moment de m’y mettre, je réalise que les images sont floues. Jusqu’à l’été, il ne s’est rien passé de marquant. J’allais au lycée et j’écoutais religieusement mes disques. De mémoire, Blood on the TracksTonight’s the Night, Y’a une route. Je parle de ceux qui venaient de sortir, dont j’avais lu une critique suffisamment excitante pour donner envie de l'acheter. Il y en a plein que j’ai ratés par manque d’argent de poche et que j’ai découverts beaucoup plus tard comme  Coney Island Baby ou Young Americans. A part la musique, la lecture de Charlie Hebdo, il me semble qu’il ne se passait pas grand-chose de marquant. 

vendredi 28 février 2025

Dernières nouvelles

 

Regardé A Complete Unknow avec la curieuse impression d’avoir déjà vu le film mais c’était bien quand même et j’ai craqué pour Monica Barbaro. Entendu un entretien avec Jean-Pierre Montal et me suis dit que je n’étais pas un romancier même si j’aime beaucoup lire des romans comme La face nord. Commencé la lecture de Derrière les lignes ennemies Entretiens 1973-1993 et j’étais tellement captivé par les propos de Jean-Patrick Manchette que j’ai eu droit à des remarques concernant mon manque d’intérêt pour ce qui se passe autour de moi. 

vendredi 31 janvier 2025

Dylan everywhere

 

D’habitude, j’aime bien tomber de temps en temps sur une émission ou un article qui parle de Dylan. C’est généralement assez rare (même pour le Nobel, ce fut assez limité). Mais depuis la sortie du biopic, campagne de promotion hollywoodienne oblige, c’est l’avalanche. Ne boudons pas notre plaisir, la séquence sera de courte durée. D’abord, le côté « Dylan pour les nuls » est souvent drôle. Ensuite, tous ces commentaires élogieux sur le personnage légendaire et l’artiste hors norme semblent apporter soudain (certes un peu tard) une justification que nous n’avions pas su ou souhaité élaborer lorsque nous subissions l’incompréhension voire les moqueries de notre entourage.


mardi 28 janvier 2025

L'art du détail

 

Les vieux fans dans mon genre n’attendaient rien de ce biopic or il faut se rendre à l’évidence : on pouvait difficilement faire mieux sur le sujet. Chalamet est excellent mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle le film est une réussite. James Mangold y est aussi pour beaucoup. Tous les détails sont soignés, des micros du studio d’enregistrement de Like A Rolling Stone à l’évolution de la tenue vestimentaire de l’artiste en passant par le décor de l’appartement partagé avec Suze Rotolo (dont le nom a été changé à la demande de Dylan). C’est la première fois que je m’intéresse à l’interview d’une accessoiriste sur un tournage. Et du coup, on se dit que ça vaut peut-être le coup de voir Walk the Line.


lundi 27 janvier 2025

Ce dont le monde a besoin

 


Le monde a besoin de folk, d’un grand retour aux sources, à la pureté, à la naïveté, comme lorsque les chanteurs et les chanteuses reprenaient We Shall Overcome sur la scène du festival de Newport en se tenant la main. Le monde a besoin des chansons de Woody Guthrie et tout ce corpus de chansons anciennes qui ont traversé le temps en passant par les clubs du Greenwich Village au début des sixties. Voir le beau film des frères Coen qui faisait revivre l’esprit de la scène folk au moment où le jeune Dylan commençait à se faire entendre. Faisons un rêve. Une vague de folk revival. Des jeunes et des moins jeunes reprenant le flambeau des protest songs (ce ne sont pas les sujets qui manquent). Et pour couronner le tout, Dylan en personne enregistrant des reprises de Guthrie en duo avec Baez. Il nous faudrait au moins ça.


samedi 25 janvier 2025

Dylan encore et toujours

Dylan revient de manière assez régulière dans l’actualité sans donner l’impression de faire particulièrement des efforts en ce sens. A peine sa dernière tournée (qu’on peut qualifier de triomphale) achevée, on reparle de lui partout à l’occasion de la sortie du biopic A Perfect Unknow. Non seulement Bob a validé l’acteur choisi pour l’interpréter mais il s’est investi à sa manière dans le projet en relisant attentivement le scénario en y apportant des corrections et des suggestions (dont une scène « inventée » qui reste à identifier). La bonne nouvelle, c’est que l’acteur TimothéeChalamet pourrait peut-être amener une partie du jeune public à découvrir ce qu’a représenté l’arrivée de Bob Dylan au début des années 60. Cela ne peut pas faire de mal.