Jeudi 27 novembre, un briefing téléphonique est accordé aux journalistes et un déplacement de trois
ministres (agriculture, écologie et santé) est annoncé pour le lendemain, à 12 heures, afin de
présenter la Snanc. Cette fois-ci, c’est la bonne ! Quelques heures plus tard, le déplacement
ministériel est annulé sans explications. Le lendemain matin, la cellule investigation de Radio France
révèle que le texte que s’apprête à publier le gouvernement a été expurgé d’un objectif visant à «
limiter les aliments ultratransformés » – une suppression demandée de longue date par l’Association
nationale des industries agroalimentaires (ANIA).
La disparition de cet objectif est d’autant plus embarrassante qu’elle intervient seulement quelques
jours après la publication d’une série d’articles de recherche dans la revue The Lancet. Une
quarantaine de chercheurs internationaux y enjoignent aux pouvoirs publics d’agir fermement contre
l’alimentation ultratransformée, mise en cause dans « l’escalade du fardeau des maladies chroniques
». Explication d’un représentant du ministère de l’agriculture : « Le terme d’aliment ultratransformé
ne dispose actuellement pas de définition, ni scientifique ni réglementaire. »
Le Monde 30-11-2025
