1971 ne fut pas pour nous la seule année chamboulante
; il y eut également 1976. Les Inrockuptibles
lui consacrent un numéro hors-série intitulé « 50 ans du Punk ».
Argh ! C’est de l’Histoire. Et c’est aussi la nôtre. Il se passait
tellement de choses cette année-là, tant de groupes nouveaux apparaissaient, tant de
disques sortaient. On ne pouvait en saisir qu’une partie. Cela touchait la
musique, bien sûr, mais également l’illustration et le graphisme (Bazooka
débarquait à Libération), l’écriture, les fringues, les idées... Le Punk qui se pointait pendant l’année 1976, c’était d’abord
une énergie rock qui renouait avec les origines tout en les réinventant. Cela
reste toujours vivant un demi-siècle plus tard. Les lycéens qui courent en criant dans
les rues grises de cet automne en sont les héritiers (même s’ils ne le savent
pas) comme ils sont les descendants des mods qui se battaient avec les bobbies sur les plages anglaises, des hippies qui manifestaient contre la guerre, des situationnistes qui occupaient la Sorbonne en 68. Cela
s’appelle la jeunesse, tout simplement. Cela a toujours été son rôle de secouer la société des
adultes.

