« Il n'y a pas une seule
façon correcte de décrire la réalité, une façon qui lui "correspondrait"
vraiment. Il existe une foule de manières de parler du monde - dont la plupart
n'ont jamais été découvertes et ne le seront probablement jamais. Toutes sont susceptibles
de contenir une parcelle de vérité. Cela ne veut pas dire, je m'empresse de
l'ajouter, que le concept de vérité soit relatif à une façon de parler. Il n'y
a qu'un seul concept de vérité, mais la question de savoir si une proposition
est vraie dépend d'abord de ce que cette proposition signifie. » Donald
Davidson
samedi 28 février 2026
Un autre Donald
mardi 10 février 2026
Qu'est-ce que la poésie ?
L'art, en général, aime à s'arrêter dans le particulier. L'entendement se hâte dans sa marche rapide, soit qu'il embrasse d'un coup d'œil théorique la multiplicité des détails, les soumette à des points de vue généraux et les absorbe dans ses principes et ses catégories, soit qu'il les subordonne à des fins pratiques déterminées ; de sorte que le particulier et l'individuel n'obtiennent plus leur plein droit. S'arrêter à ce qui, par sa position, n'a qu'une valeur relative, apparaît à l'entendement comme inutile et ennuyeux. Mais pour la conception et la représentation poétiques, chaque partie, chaque moment doit être en soi intéressant et vivant."
Hegel, Esthétique
mardi 11 novembre 2025
Un peu de philosophie
Le dernier numéro de Philosophie Magazine titre « La
mort, autant s’y préparer ». Lorsque j’ai vu cette couverture, j’ai pensé
« Tu ne t’occupes peut-être pas suffisamment de la mort ; elle n’est presque
pas présente à ton esprit. Voyons ce qu’en disent les personnes
interviewées. » Parmi eux, Pacôme Thiellement m’a tout de suite rassuré
lorsqu’il dit : « Il est vain de l’anticiper, car elle ne ressemble
jamais en rien à son attente. » Mieux : il est préférable de penser à
vivre « car dix ans passent à la vitesse d’une journée. » Et un peu
plus loin, je lis que pour Spinoza tant que la vie est là, la mort est absente
ou niée. C’est bon. Je vais continuer à ne pas y penser en me concentrant sur
la satisfaction d’être en vie.
samedi 11 octobre 2025
Vous reprendrez bien un peu de bêtise ?
mardi 16 septembre 2025
Rions un peu
Ecce Homo, dont l’une des parties s’intitule « Pourquoi
j’écris de si bon livres », est d’une irrésistible drôlerie. C’est
un grand livre comique, un chef-d’œuvre dans ce genre qui en compte peu. Tout est tellement tonitruant, excessif, comme cette auto-admiration mégalomaniaque qui pourrait paraitre ridicule si elle n'était pas portée par un style flamboyant qui n'a pas pris une ride. Ce
style, dont le philosophe annonce pouvoir changer en fonction des projets, culmine ici à la pointe de la tension qui nait de l’indécision entre l’extrême lucidité
qui génère un sens de la dérision radicale et le délire de celui qui a basculé
dans la folie. Le trouble est bien sûr accentué lorsqu’on sait qu’il s'agit de
son dernier livre avant la crise finale mais pourtant, rien dans ces lignes pleines de
santé arrogante et d’éclats de rire ne laisse présager l'effondrement de Turin.




