Le dernier livre de notre Philippe Sollers. Je dis « notre » parce qu'il représente l’incarnation de l’esprit français, quelle que soit la définition qu’on veuille lui donner. J’avoue l’avoir peu lu et presque toujours en tant que critique. Publication posthume, La deuxième vie se présente comme un curieux objet littéraire. Julia Kristeva encadre le texte, assez court, d'une préface et d’une explication de texte détaillée. Pourquoi pas. Elle a tout lu et a pris des notes. Que représentait pour l'écrivain cette deuxième vie ? Ce n’est pas clair. La métaphore semble évoquer ce qui se passe après la mort. Le texte fonce à toute allure, encore plus vite que d'habitude ; tout est effleuré, à peine évoqué, en passant. Le cinéma est dénigré. Il doit laisser la place à la télévision qui reçoit un hommage appuyé. On trouve des piques amusantes envers des confrères célèbres et vivants, une célébration du Picasso de 88 ans qui a peint L’étreinte. Au passage, la peinture américaine, autrefois défendue par la revue Tel Quel, est déclarée nulle (« ils ne savent pas dessiner »). La bonne surprise espérée ne s’est pas présentée. Ce n’est pas grave.
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jeudi 8 janvier 2026
jeudi 22 mai 2025
Sollers, le lecteur
Je feuillette mon exemplaire légèrement jauni de La Guerre du goût. A Paris, je lisais ses chroniques dans le Monde des livres installé à la terrasse d’un café, avant d’aller à ma leçon de conduite. Je me tenais immobile dans le bruit des voitures qui passaient sur le boulevard. Un peu de vent agitait les feuilles des arbres et je découvrais la poésie classique chinoise. Cette citation d’un poème de T’ao Yuan-Ming (365-427) a probablement dû m’enchanter.
Je lis la chronique des temps très anciens,
Je regarde les images du vaste monde.
Je dis oui à l’univers. Si cela n’est pas
Le bonheur, où donc est le bonheur ?
Aujourd’hui, c’est un passage
d’une nouvelle de Scott Fitzgerald intitulée L’après-midi d’un écrivain qui a retenu mon attention :
« Il traversa la salle à
manger et il entra dans son bureau, aveuglé, un instant, par l’éclat de ses
deux mille livres, dans le coucher du soleil. Il était assez fatigué – il
allait s’allonger pendant dix minutes, et puis il verrait s’il pouvait démarrer
sur une idée dans les deux heures qui lui restaient avant le dîner. »
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