G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur: nostalgie
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samedi 3 octobre 2026

Aller retour


 

J’écoute avec un grand plaisir ma playlist « 1971 ». Parler à ce sujet de nostalgie serait à mon avis une erreur. Le mot « nostalgie » traine un halo suspect de tristesse complaisante et de regrets pleurnichards. En réentendant les chansons découvertes à 13 ans, je ne suis pas triste du tout et je ne regrette rien. Du point de vue neurologique, le circuit de la récompense est suractivé. Mais au-delà de cette réaction de plaisir immédiat, il s’agit aussi d’un voyage dans le temps. Il n’a  a pas de souffrance à revenir en arrière vers une époque révolue puisqu’on circule aisément entre passé et présent pendant le temps d'une chanson. La circulation est fluide. Voici ce que notait Cioran dans ses Cahiers après avoir entendu, probablement à la radio, une chanson de sa jeunesse. « Je viens d’entendre Ramona, la rengaine à la mode vers 1929, date à laquelle je quittai Sibiu pour aller à Bucarest, à l’université. Le commentateur la trouve ridicule ; elle l’est peut-être, mais, pour moi, elle m’évoque une période de ma vie beaucoup mieux que ne feraient les plus grands efforts de ma mémoire ou un retour sur les lieux de ma jeunesse. »

mardi 14 avril 2026

Vieux papier


 

Si j’avais l’âme d’un collectionneur, je me lancerais bien dans l’acquisition de ces albums de BD franco-belge publiés aux éditions du Lombard. J’ai tellement rêvé sur ces héros dont les aventures étaient prépubliées en feuilleton dans le journal de Tintin. J’avais mis la main sur la collection d’un cousin plus âgé et j’ai appris à lire avec eux. Mais je ne le ferai pas pour deux raisons : 1. J’ai déjà assez accumulé de livres et de journaux (de quoi ouvrir ma propre boutique de bouquiniste) ; 2. J’aurais trop peur d’être déçu en découvrant que ces histoires ne me font plus rêver. Regarder les couvertures dans la vitrine suffit à mon bonheur.

lundi 1 décembre 2025

CE QUI VIENT


 

Le monde qui vient

où l’IA occupera 

nous dit-on

une place grandissante

ce sera sans moi

je me sentirai un peu seul

ce ne sera pas nouveau

j’aimerais éviter de tomber

dans la nostalgie pleurnicharde

c’est vite fait

et c’est de mon âge

paraît-il

 

jeudi 30 janvier 2025

Lecture

 

Il est difficile en lisant un passage du Piéton de Paris le soir de ne pas se laisser frôler par un petit souffle de nostalgie. Particulièrement lorsque Fargue évoque le 10e arrondissement, la Gare de l’Est et ses environs, un lieu que j’ai sillonné lorsque j’habitais rue Lafayette dans les années 80. Il faut dire qu’avoir été jeune à Paris c’est être condamné à une forme spécifique de nostalgie, celle que décrivent aussi bien Guy Debord que Patrick Modiano. Mais tout va bien, it’s life and life only.