G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur: rock
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vendredi 9 octobre 2026

Les belles histoires de l’oncle Joe



 

1971 ne fut pas pour nous la seule année chamboulante ; il y eut également 1976. Les Inrockuptibles lui consacrent un numéro hors-série intitulé « 50 ans du Punk ». Argh ! C’est de l’Histoire. Et c’est aussi la nôtre. Il se passait tellement de choses cette année-là, tant de groupes nouveaux apparaissaient, tant de disques sortaient. On ne pouvait en saisir qu’une partie. Cela touchait la musique, bien sûr, mais également l’illustration et le graphisme (Bazooka débarquait à Libération), l’écriture, les fringues, les idées... Le Punk qui se pointait pendant l’année 1976, c’était d’abord une énergie rock qui renouait avec les origines tout en les réinventant. Cela reste toujours vivant un demi-siècle plus tard. Les lycéens qui courent en criant dans les rues grises de cet automne en sont les héritiers (même s’ils ne le savent pas) comme ils sont les descendants des mods qui se battaient avec les bobbies sur les plages anglaises, des hippies qui manifestaient contre la guerre, des situationnistes qui occupaient la Sorbonne en 68. Cela s’appelle la jeunesse, tout simplement. Cela a toujours été son rôle de secouer la société des adultes.


jeudi 24 septembre 2026

1971 fut une bonne année


 "La musique que les Allman Brothers ont jouée ce week-end-là — celle qui, grâce à Tom Dowd, a été immortalisée sur l'album At Fillmore East — a redéfini ce qui était possible sur une scène rock. Elle était parfaitement adaptée aux dimensions de la salle. Comme tant d'autres lieux emblématiques du rock 'n' roll, le Fillmore était tout sauf une salle conçue à l'origine pour ce genre de concerts. À l'origine, c'était un théâtre yiddish pouvant accueillir deux mille cinq cents personnes ; aujourd'hui, on dirait de lui qu'il est idéal pour des concerts à l'atmosphère unique. Ce qui a émergé de ce week-end a propulsé le groupe au rang des formations les plus populaires des États-Unis. Sur le plan musical, la performance fut extraordinaire. Du titre insouciant « Statesboro Blues » au morceau instrumental aux accents jazz « In Memory of Elizabeth Reed », en passant par l'ardent « Whipping Post », les deux guitaristes et les deux batteurs des Allman jouaient avec la puissance d'un poids lourd maniable comme une Ferrari, reléguant au rang de tentatives brouillonnes et maladroites toutes les autres tentatives d'enregistrement d'improvisations rock. L'album est devenu une telle référence que même le cri étranglé réclamant « Whipping Post », lancé par un spectateur dans un moment de silence entre deux chansons, a été largement imité par des plaisantins lors de concerts d'autres groupes. Le phénomène s'est reproduit si souvent au cours de la décennie que Frank Zappa a fini par apprendre une version de « Whipping Post » pour l'intégrer à son propre spectacle." (traduction maison)
David Hepworth, Never a Dull Moment, 1971 The year that rock exploded

jeudi 14 mai 2026

Initiatique

 


"Pour ceux qui le vécurent, l'apprentissage du rock constitua la plus belle des aventures. En effet, l'achat de disques était un geste sacré, une expérience grisante. Avec l'amour du rock chevillé au corps, on touchait à la transgression et à la condamnation des parents sans s'exposer au vrai danger. On voyageait de Londres à San Francisco sans bouger de chez soi. On vibrait, extatiques, au son d'un musique qui était en train de tout bousculer sur son passage sans avoir à manifester dans la rue."

Cedric Bru

mardi 30 décembre 2025

Proximité

 

Bien que vécues avec un tempérament différent, j’ai beaucoup de choses en commun avec Cécile Guilbert : l’amour de la lecture envisagée comme activité magique indispensable à la survie de l’esprit ; le goût des stupéfiants et surtout, la compagnie des écrivains qui ont écrit sur leurs expérimentations (Michaux, De Qincey, Baudelaire, Burroughs) ; l’Inde comme destination radicale dont on ne se remet pas (un seul voyage pour moi) ; la curiosité pour les pensées orientales. En revanche, je n'ai pas connu cette proximité avec la mort, qui occupe une place prépondérante dans ces souvenirs. Et je n'ai pas connu à ce jour l'éveil au pied d'un gourou. 


mardi 14 octobre 2025

Anniversaire


 

Que vois-je ? Une revue anglaise spécialisée dans la musique de vieux (Uncut) sort un numéro spécial pour fêter les 80 ans de Neil Young. Ce n’est pas le premier des musiciens qui bercèrent nos années de jeunesse à passer ce cap. Cela me fait quand même un drôle d’effet. Peut-être à cause de son nom. Au lieu de se morfondre sur le passage du temps, réjouissons-nous plutôt de la présence en ce monde de ceux qui  nous aident un peu à le supporter par leur présence et leur persévérance dans ce genre musical qui nous aura accompagnés tout au long du parcours. Et ce n’est pas fini. Un titre du tonnerre sort de l’ordinateur. Il est extrait Talkin to the Trees, un de ses derniers disques.

 

vendredi 15 août 2025

Pour l'éternité

 



Comment oses-tu parler du rock toi hein

Toi qui n’as pas connu la sortie de Sticky Fingers

De Led Zeppelin IV et de Who’s Next

D’Exile On Main Street, de Never A Dull Moment

D’Electric Warrior et de Ziggy Stardust

De Transformer, de Blood On The Tracks

D’Alladin Sane et de Horses

De Marquee Moon et de Cabretta

mercredi 7 mai 2025

Obsession

 

J’aime bien trouver chez des gens de ma génération une certaine constance dans l’attachement à ce qui fut notre passion adolescente : le rock. En même temps, je mesure ce que cet intérêt démesuré pour un style musical peut avoir d’envahissant et parfois de limité. J’évite d'ailleurs les contacts à cause de l’image en miroir qu’ils me renvoient. Je comprends trop bien le besoin de se rassurer en tournant indéfiniment autour du déjà connu. Je suis moi-même toujours à la limite de rechuter. En ce moment, par exemple, je réécoute les Who et j'y prends un grand plaisir.