Comme l’homme imaginé par Buffon qui,
voyant réapparaitre le soleil jour après jour, en induisait l’assurance de sa
réapparition, comme lui j’ai acquis la certitude de voir revenir la pluie jour
après jour.
jeudi 12 février 2026
Météo
mardi 16 décembre 2025
Juste un mauvais moment
Quand j’étais sur Facebook - que j’ai quitté il y a plus d’un an maintenant -, je lisais les textes d’un type très à droite * qui écrivait avec style à propos de ce qu’il avait baptisé l’esthétique « contre-cool ». J’aimais bien ses descriptions du quartier de Trocadéro (où j’ai brièvement habité dans ma jeunesse), les architectures, les grandes avenues désertes sous la pluie comme dans un plan d’un film de Jean-Pierre Melville. Pourquoi je repense à ça ? Très simplement parce que je cherchais un terme pour qualifier l’ambiance qui règne en ce moment et c’est ce terme qui m’est venu à l’esprit. L’époque est complètement, totalement, absolument, contre cool.
* Il s’agissait de Pierre Robin
mercredi 26 novembre 2025
Quart de rond et souvenir de Françoise M.
L’humidité battait des records
et le vent soufflait fort
(cette rime s’est glissée
indépendamment de ma volonté)
j’étais en train de me concentrer
sur une baguette en quart de rond
que j’avais l’intention de scier
soudain François M. a envahi mon
esprit
surgie du fin fond de la classe
de troisième
avec ses petits seins pointus
qui se dressaient sous sa blouse
j’y pensais en regardant tomber
la pluie sur la terrasse
bref j’étais complètement
déconcentré
le bricolage a fini en
catastrophe
et c’est la faute à Françoise M.
mardi 4 novembre 2025
RETOUR DE PROMENADE
Les feuilles dans les flaques d’eau
le bitume luisant sous les
lampadaires
content d’être rentré à l’abri
dehors il fait déjà nuit
rien écrit encore de la journée
j’écoute Blind Willie McTell
pas le vieux bluesman mais Dylan
qui rend hommage au chanteur
aveugle
j’apprécie la musique
j’apprécie d’être vivant
j’apprécie d’être là
je ne sais pas à qui m’adresser
pour dire merci
mercredi 24 septembre 2025
Improvisation pendant l'averse
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| Bill Térébenthine |
La pluie cogne sur le velux du
bureau où je me suis réfugié après le diner. Le son se mêle très bien à la
musique. Je n’ai pas grand-chose à raconter. On peut prendre les choses par
n’importe quel côté, c’est vraiment une période désolante. Quand je pense qu’on
posait au désespéré à la fin des années 70. Pour être punk, il fallait avoir une
bonne dose d’énergie et de rêves. S’il faut parfois toucher le fond pour repartir
dans la bonne direction, alors nous sommes bien lancés. Je vois bien que je me
répète, je n’y peux rien. C’est comme se réveiller d’un mauvais rêve et
constater que la réalité est bien pire. Les historiens du futur (s’il y en a
un) trouveront peut-être une explication à cette gigantesque régression qui
semble bien en être à ses débuts.




