— J’ai relu quelques pages d’Yves
Adrien.
— Et alors ?
— Alors presque rien. Le lecteur
doit faire appel à toutes ses connaissances pour combler les vides, les
sous-entendus. C'est souvent brillant mais fatiguant. On assiste au défilé de tous les héros de notre jeunesse. Une
vague excitation se rallume à l’évocation de Dylan, de Mick et
Keith période Marianne et Anita, ce genre de choses. Tous ces rêves entretenus par des rock critics plus ou moins inspirés.
Yves Adrien était l'un des meilleurs, c'est une évidence. Mais les rêves ont vieilli, comme nous
et comme nos héros qui sont morts, ont fait fortune ou ont pris leur retraite.
— Oui, mais il y a le personnage légendaire, ses doubles, ses disparitions mystérieuses.
— C'est vrai. Cedric Bru raconte très bien tout ça. Et je me suis toujours intéressé à ceux qui ont choisi la disparition volontaire à un moment ou à un autre de leur trajectoire. Mais pour ce qui est de réveiller l’énergie juvénile, je préfère encore écouter Buddy Holly ou les Ronettes. C’est plus efficace
