jeudi 9 juillet 2026
Eblouissements
samedi 4 juillet 2026
Rectificatif
Pour être franc, il y a un texte de Perros qui m'a bien amusé et avec lequel je suis d'accord. Le voici :
"Saint-Exupéry était un homme très bien, je n'en doute pas. Quelques-unes de ses pages respirent profondément. Pourquoi les gens qui en font leur idole sont-ils, la plupart du temps, des imbéciles ?"
Georges Perros, Papiers collés
mercredi 24 juin 2026
Un peu de poésie
"Les locaux de l'agence France -Presse sont attenant à ceux du Nepakokukiveuh, le grand journal du soir de Tokyo.
Je suis accueilli par une ravissante blonde qui a un regard aussi fripon qu'une édition non expurgée de Gamiani. Je lui demande si elle est française, ce qui est parfaitement superflu, car cette souris ne se fringue pas au Prisunic du coin.
Elle porte (allégrement, divinement, merveilleusement) un petit deux-pièces avec alcôves dont on aimerait découvrir les agrafes."
San Antonio, Fleur de nave vinaigrette
mercredi 17 juin 2026
Piano
« Je joue du piano… pour rien. Parce que j’en ai envie. C’est une grande partie de ma vie […]. Je me demande même si je n’aime pas le piano davantage que la musique. Le piano, c’est un plaisir complet, qui va jusqu’au bout des doigts : il y a un plaisir particulier à enfoncer les touches. »
Vladimir Jankélévitch, L’Enchantement misical
lundi 15 juin 2026
Relecture
Il y avait peu de livres à la maison. Ils tenaient tous sur une petite étagère dans un placard. Je me souviens avoir trouvé et lu deux ou trois SAS, Douze chinetoques et une souris de James Hadley Chase et aussi un San Antonio, Fleur de nave vinaigrette, que j’avais apprécié à l’époque pour le côté ludique. Je viens de commencer la relecture. J’ai eu un peu de mal avec l'argot daté, les jeux de mots, les phrases tarabiscotées. En revanche, l’avertissement en préambule est drôle, le ton distancié n’a pas vieilli. Extrait :
« Sachant que la plupart de
mes contemporains sont d’un tempérament bilieux, je prends soin, chaque fois
que je publie un nouveau chef-d’œuvre, d’informer le lecteur que mes
personnages sont imaginaires, fictifs et tout. Cette fois, la précaution me
paraît superflue : qui donc, quel crâne plat, quel cerveau ramolli, irait
supposer que les héros de ce livre sont réels ? »
jeudi 11 juin 2026
Contre la lecture
Cioran : « Lire, c’est laisser un autre peiner pour vous. La forme la plus délicate d’exploitation. » (Copié avec la photo de la page sous les yeux car depuis que j’ai lu ce qu’il pensait de ceux qui citent de mémoire je n’ose plus avoir recours à cette facilité.)
On pense aux éloges accompagnés de larmes qui entourent
la disparition de la lecture. Comment peut-on à ce point idéaliser une pratique
asociale reposant sur la paresse intellectuelle ?
mercredi 10 juin 2026
Le plaisir de la répétition
J’ai mis la main sur un coffret
énorme, au sens propre, avec énormément de musique et une quantité toute aussi
énorme d’interprètes. Il s’agit de l’intégrale de tous les concerts donnés à
Woodstock lors du fameux festival de 69. Le triple album ne contenait qu’une
infime partie de cette avalanche de musique parfois ennuyeuse, souvent très
bonne et avec des moments magiques qui valent largement les célèbres extraits -
comme le F.U.C.K. de Country Joe ou l’hymne américain revisité par Hendrix. Je
réalise au passage que ma génération aura plus été marquée par l’influence de Woodstock
que par celle de mai 68, même si les échos des deux évènements flottaient dans
l’air au moment où nous commencions à découvrir le monde environnant. Comme
j’écoute également un pirate du groupe Ten Years After, je me demande une
seconde si je ne suis pas bloqué dans le passé et la répétition. Lorsque le
doute me frôle, je ressors l’aphorisme de Goethe : « La musique au
meilleur sens du terme ne requiert pas tant l’innovation ; au contraire,
plus elle est ancienne, plus on y est habitué et plus elle agit. »
mardi 2 juin 2026
Un peu de féminisme
"Si je préfère les femmes aux hommes, c'est parce qu'elles ont sur eux l'avantage d'être plus déséquilibrées, donc plus compliquées, plus perspicaces et plus cyniques, sans compter cette supériorité mystérieuse que confère un esclavage millénaire"
Cioran, Aveux et anathèmes
jeudi 28 mai 2026
Cioran sur Fitzgerald
Cioran s'intéresse à The Crackup (La Fêlure), seul livre de l'écrivain américain susceptible de retenir son attention.
"Son style désinvolte nous laisse entrevoir ce qu'on pourrait appeler le charme de la vie brisée. J'ajouterais même que l'on est "moderne" dans la mesure où l'on est sensible à ce charme. Réaction de désabusés, sans doute, d'individus qui, incapables de recourir à un arrière-plan métaphysique ou à une forme de transcendance de salut, s'attachent à leurs maux avec complaisance, comme à des défaites acceptées. Le désabusement est l'équilibre du vaincu. Et c'est en vaincu que Fitzgerald, après avoir conçu les vérités impitoyables du Crack-up, se rend à Hollywood pour y chercher le succès, - toujours le succès, auquel, d'ailleurs, il ne pouvait plus croire. Au bout d'une expérience pascalienne, écrire des scénarios"
vendredi 22 mai 2026
Joubert par Blanchot
jeudi 14 mai 2026
Initiatique
"Pour ceux qui le vécurent, l'apprentissage du rock constitua la plus belle des aventures. En effet, l'achat de disques était un geste sacré, une expérience grisante. Avec l'amour du rock chevillé au corps, on touchait à la transgression et à la condamnation des parents sans s'exposer au vrai danger. On voyageait de Londres à San Francisco sans bouger de chez soi. On vibrait, extatiques, au son d'un musique qui était en train de tout bousculer sur son passage sans avoir à manifester dans la rue."
Cedric Bru
vendredi 8 mai 2026
Fictions
Cioran, Ecartèlement
lundi 27 avril 2026
Irréalité
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| Bill Térébenthine |
"La plénitude comme extrémité du bonheur n'est possible que dans les instants où l'on prend conscience en profondeur de l'irréalité et de la vie et de la mort. Ces instants sont rares en tant qu'expériences, bien qu'ils puissent être fréquents dans l'ordre de la réflexion. En ce domaine, n'existe que ce qu'on sent. Or, l'irréalité sentie et cependant transcendée à l'intérieur d'un même acte, est une performance qui rivalise avec l'extase et parfois l'éclipse."
mardi 21 avril 2026
THEORIE DE LA MEMOIRE
"Il y a bien, bien longtemps, avant que je sois une artiste tourmentée, hantée par le désir et pourtant incapable de former des liens durables, bien avant cela, j'étais une souveraine glorieuse qui unifiait toutes les parties d'un pays divisé - voilà ce que me disait la liseuse de bonne aventure qui examinait ma paume. De grandes choses, dit-elle, sont au-devant de vous, ou peut-être derrière vous ; il est difficile d'en être sûre. Et pourtant, ajouta-t-elle, quelle est la différence ? A cet instant vous êtes une enfant qui donne sa main à une diseuse de bonne aventure. Tout le reste n'est qu'hypothèse et rêve."
Luise Glück, Nuit de foi et de vertu
Un texte comme celui-ci, d'une apparente simplicité, gagne à être relu, ou mieux, recopié mot à mot. On entraperçoit alors pourquoi il a touché quelque chose en vous. Et rien n'est dû au hasard.
mercredi 15 avril 2026
Surprise
mercredi 8 avril 2026
Perdu et retrouvé
"Lorsque enfin, cessant de raisonner, l'on immobilise son esprit, il y a quelque chose de plus. On éprouve une étrange nostalgie, presque un souvenir de quelque chose que l'on savait jadis, et que l'on a depuis longtemps oublié. Et l'on se demande, en connaissant trop bien la réponse, ce que l'on possède à la place de ce qui est perdu. Vanité, illusion, néant.
vendredi 27 mars 2026
Sur la musique
"Quand les autres arts imitent et expriment la nature, source de sentiment, la musique n'imite et n'exprime que le sentiment qui jaillit d'elle-même et non de la nature ; ainsi pour l'auditeur. Voilà pourquoi Madame de Staël écrit : "De tous les beaux-arts, c'est celui qui agit le plus immédiatement sur l'âme. Les autres la dirigent vers telle ou telle idée ; celui-là seul s'adresse à la source intime de l'existence et change en entier la disposition intérieure."
Leopardi, Tout est rien (Editions Allia)
samedi 21 mars 2026
Echos archaïques
vendredi 13 mars 2026
L'éternel problème des agités
"Faute de quiétude, notre civilisation aboutit à une nouvelle barbarie. A aucune époque, les hommes d'action, c'est-à-dire les agités, n'ont été plus estimés. L'une des corrections nécessaires qu'il faut entreprendre d'apporter au caractère de l'humanité sera donc d'en fortifier dans une large mesure l'élément contemplatif."
Friedrich Nietzsche



















