G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur: chansons
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lundi 12 octobre 2026

Les mots et les sons







La guitare de Robertson, limpide, répond d'entrée de jeu au chant épuré de Dylan. Bientôt le piano et l'orgue prendront le relais dans ce gospel lent, mâtiné de country, et qui fait sans aucun doute partie des deux ou trois chansons les plus ambitieuses de toutes les Basement Tapes. "And ifs that old sign on the cross/That worries me" A la première écoute, il n'est pas impossible que le chant sonne maniéré, le rythme poussif et le morceau en lui-même un peu trop sérieux. Mais dès que l'on se laisse prendre par ce tempo traînant, "Sign On The Cross" revient en tête comme un fantôme. La voix désinvolte ajoute une touche d'ambiguîté à cet équilibre musical fragile et beau. De façon plus orchestrale et systématique, les Rolling Stones parviendront à capter l'essence de cette musique sur Exile On Main Street... cinq ans plus tard.

Nicolas Rainaud, Not Dark Yet



samedi 3 octobre 2026

Aller retour


 

J’écoute avec un grand plaisir ma playlist « 1971 ». Parler à ce sujet de nostalgie serait à mon avis une erreur. Le mot « nostalgie » traine un halo suspect de tristesse complaisante et de regrets pleurnichards. En réentendant les chansons découvertes à 13 ans, je ne suis pas triste du tout et je ne regrette rien. Du point de vue neurologique, le circuit de la récompense est suractivé. Mais au-delà de cette réaction de plaisir immédiat, il s’agit aussi d’un voyage dans le temps. Il n’a  a pas de souffrance à revenir en arrière vers une époque révolue puisqu’on circule aisément entre passé et présent pendant le temps d'une chanson. La circulation est fluide. Voici ce que notait Cioran dans ses Cahiers après avoir entendu, probablement à la radio, une chanson de sa jeunesse. « Je viens d’entendre Ramona, la rengaine à la mode vers 1929, date à laquelle je quittai Sibiu pour aller à Bucarest, à l’université. Le commentateur la trouve ridicule ; elle l’est peut-être, mais, pour moi, elle m’évoque une période de ma vie beaucoup mieux que ne feraient les plus grands efforts de ma mémoire ou un retour sur les lieux de ma jeunesse. »

lundi 9 mars 2026

Romance triste


 

Vu Les feuilles mortes d’Aki Kaurismäki. Au début, j’ai cru que je n’allais pas tenir. Il y a cette impression que Kaurismäki fait toujours le même film. Et puis les personnages pas très beaux dans des décors sinistres faiblement éclairés, lorsqu’on n’est pas prisonnier dans une salle de cinéma, cela semble difficile. Cependant, au bout d’un moment, j’ai commencé m’attacher aux deux personnages principaux, à m’inquiéter des quiproquos et contretemps qui menacent leurs rencontres. J’ai surtout été entrainé par le regard du réalisateur qui montre des travailleurs dignes, n’acceptant pas les ordres des petits chefs, et dont la vie peut être éclairée par l’apparition d’un petit chien et la naissance d’une relation amoureuse. Le film est rythmé par des chansons mélancoliques (dont une reprise de Early Morning Rain en finlandais) et par des flashs d’information à la radio concernant la guerre en Ukraine. 

lundi 13 octobre 2025

EN DEHORS DU TEMPS


 

La crise est partout

les journalistes et leurs invités

délirent non-stop sous les projecteurs

et moi je ne vais pas très bien non plus

écrire apporte un peu d’apaisement

écouter une playlist de vieux trucs également

c’est biologique et c’est métaphysique

les neurotransmetteurs s’activent

en entendant Black Night

Two Of Us

Love In Vain

Hey Tonight

Substitute

Into The Mystic

toutes ces chansons

que je redécouvre à chaque fois

comme pour la première fois

je n’y peux rien si cela fait du bien

et soulage mon âme fatiguée et usée

mardi 24 juin 2025

PARLER AVEC LES ARBRES

 

J’écoute le dernier Neil Young

c’est un bon disque

un de plus

peu importe qu’il ne nous surprenne plus

depuis longtemps

ce que Dylan parvient à faire à sa façon

l’important, c’est qu’il soit là

presque intact

comme Joan, Bruce

et quelques autres survivants

tant qu’ils seront là

nous aurons moins l’impression

qu’un film se déroule en arrière

et en vitesse accélérée

effaçant tout ce qui a précédé

pour restaurer ce qu’il y a eu de pire

le vieux Neil est là

il tient bon



lundi 21 avril 2025

La chanson du lundi


Wild Mountain Thyme. Cette chanson folk a accompagné la semaine passée et ce n’est toujours pas terminé. Je l’ai beaucoup sifflée pendant les promenades et chantée en m’accompagnant au piano. Je l’avais entendue en écoutant une playlist « Joan Baez » ; la chanson me disait quelque chose, mais où l’avais-je entendue ? En cherchant un peu j’ai fini par la retrouver sur un album desByrds.

vendredi 7 mars 2025

Et toujours en chansons


 J’y reviens toujours

Cette fois par un chemin détourné

En écoutant Joan Baez

Chanter Pauvre Rutebeuf

J’y reviens toujours

Les chansons qui passaient à la radio

Celles que j’aimais à 13 ans

Puis à tous les âges

Celles qu’on chantait assis par terre

Autour d’une guitare

Celles qui remuaient nos blessures

Et celles qu’on fredonnait

Qui nous rendaient légers

Tu peux te moquer

J’y reviendrai toujours

 

samedi 11 janvier 2025


 

Dans la liste des disques qui rendent heureux, ne pas omettre THE KINK KONTROVERSY que je viens de réécouter sur un CD acheté au début des années 90. C’était avant les versions remastérisées, le son est pourri et cela convient parfaitement à ces titres qui alternent rock primitif et ballades ébréchées. Le premier titre représente l’idéal de ce que je rêvais d’atteindre lorsque je songeais monter un groupe de blues garage. Toutes les chansons suivantes sont parfaites (mélodies qui donnent envie de fredonner, textes plein de sensibilité grinçante). On partage le sentiment d’euphorie de Ray Davies réalisant qu’il est en mesure d’écrire des bijoux comme When I see that girl of mine ou I’m on an Island. La mélancolie qui se glisse dans des titres comme Where have all the good times gone laisse entrevoir le filon que le grand Ray explorera dans le futur. Bref, tout est bon, pas une seconde à jeter.

mercredi 8 janvier 2025

Début 2025

 

 

Premier film de l’année : Rio Lobo, Howard Hawks, 1970.

Lecture : suite de La montagne magique dont on fêtera le centenaire cette année.

Chanson : No Reply (sur l’album Beatles For Sale)