Revu, une fois de plus, Le Mépris. La première fois, c’était en
75. Il y a un demi-siècle. Une paille (l’expression est à double sens : une
quantité négligeable ou, au contraire, une quantité énorme, exagérée). Entre-temps, tout a changé sauf le film lui-même,
chef-d’œuvre parfait, inusable, intact, toujours actuel et hors du temps. Inspiré
par les dieux, Godard ne pouvait rien rater ; tout lui réussissait. A
chaque vision, on découvre encore des idées cinématographiques fulgurantes. Sur
l’actualité du film en ce début d’année 2026, il faut avouer que le producteur
Jeremy Prokosch apparait terriblement trumpien. Ce qui est nouveau cette
fois-ci, c’est la mort ; elle a frappé presque tout le monde : Piccoli
(2020), Bardot (2025), Godard (2022), Lang (1976), Palence (2006).
lundi 2 mars 2026
Ciel bleu
mardi 23 septembre 2025
La ballade de la mort choisie
s’il était possible
de choisir
je préfèrerais
mourir
à la manière
de Godard
au moment
le plus judicieux
avant qu’il ne soit
trop tard
avant de finir
entre les mains
des médecins
je chante cette chanson
parce qu’en ce pays
la législation
est archaïque
je ne sais
pourquoi je songe
à la mort
en cette journée pluvieuse
de septembre
lundi 4 août 2025
Bouchons
Le mois d’août commence. Impossible
d’ignorer le fameux « chassé-croisé » du week-end, même lorsqu’on ne
bouge pas de chez soi. On peut imaginer les longues files de bouchon sur les
routes comme dans le traveling du bien nommé Week-end de Jean-Luc Godard (1967). 58 ans plus tard, c’est
exactement la même situation, toujours aussi absurde, triste et drôle à force
d’être désolante. La différence c’est que Godard dénonçait l’organisation de la
société avec l’espoir (un an avant 68) d’assister un jour prochain à sa
disparition. En 2025, nous pouvons constater que, comme chantait un groupe
visionnaire, « rien n’a changé, tout a continué ». Hey ! Hey !
vendredi 6 juin 2025
Revue de presse
![]() |
| Pierre Clémenti et Bulle Ogier dans Les Idoles |
Le Monde titrait sur une « bombe sanitaire ». Le cadmium
est un cancérigène certain pour l’homme. Il est diffusé dans les sols par des
engrais et est présent à des doses importantes dans les aliments les plus
consommés (pain, céréales de petit déjeuner, pommes de terre...). Les médecins
sonnent l’alarme sans effet pour le moment. Les dégâts sont pourtant considérables,
notamment sur les enfants (très forte hausse de cancer du pancréas chez les
très jeunes). La solution ? Obtenir que le gouvernement trouve le temps
s’en occuper et accepte de légiférer. En
pleine période de recul sur les normes écologiques, ce n’est pas le meilleur
moment. En attendant, les petits déjeuners avec céréales à gogo pour les
enfants sont déconseillés. Consommer du bio permettrait de limiter les risques
mais la filière a été marginalisée, comme le souhaitait la FNSEA. Dans le
supplément Livres, nous retenons la
parution des entretiens avec Marc’O (98 ans) aux éditions Allia. Sur le site del’éditeur, on peut lire ceci : « Au fil d’innombrables
rencontres (Boris Vian, André Breton, Guy Debord, Jean Eustache, Jacques Lacan,
Jean-Luc Godard...), L’Art d’en sortir
nous immerge dans l’effervescence d’une époque éprise d’art et de révolution,
qui voulait abolir toutes les frontières : la théorie et la pratique, la scène
et le public. » Ne l’oublions pas.
jeudi 29 mai 2025
Aux derniers lecteurs
Il parait que les jeunes français
lisent de moins en moins. Dommage pour eux. Ils ne connaîtront pas ce plaisir
aristocratique : errer devant sa bibliothèque, s’emparer d’un livre sur
une impulsion, l’ouvrir au hasard, comme je viens de le faire avec un livre de
Cécile Guibert intitulé Pour Guy Debord.
J’y puise quelques citations pour la journée.
Rimbaud : « Je songe à
une Guerre, de droit ou de force, de logique bien imprévue. »
Godard : « Il y a la
culture, qui est la règle, et il y a l’exception qui est de l’art. »
Debord : « Le plus important
est le plus caché. »




