G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur: Pessoa
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vendredi 11 septembre 2026

Un peu de poésie


 Ah quelle fraîcheur en pleine figure ne pas s'aquitter d'un devoir !

Faillir c'est positivement être à la campagne !

Quel refuge que l'impossibilité pour autrui d'avoir confiance en nous !

Je respire mieux maintenant que sont passées toutes les heures des rendez-vous.

Je ne suis allé à aucun, par décision délibérée de mon insousciance,

Je suis resté dans l'attente de l'envie de m'y rendre, car je devais savoir que je n'irais pas.

Je suis libre, contre la sociétéorganisée et habillée.

Je suis nu, et je plonge dans les eaux de mon imagination.

Il est trop tard pour je sois à l'un ou l'autre des deux points où je devrais être en même temps,

Délibérément en même temps...

C'est bon, je resterai ici rêvant des vers et souriant en italique.

Elle est si agréable cette part auxiliaire de la vie !

Je ne parviens même pas à allumer la cigarette suivante... Si vous êtes un geste,

Restez donc avec les autres, qui m'attendent, dans ce rendez-vous raté qu'est le vie. 

Alvaro de Campos

mercredi 12 août 2026

Adieu tristesse


 

J’ai beau fouiller mon âme

je ne trouve aucune trace

de la tristesse exprimée

avec précision

par Álvaro de Campos

 

vivre ne semble plus faire souffrir

« comme une position malcommode »

pourtant tous les matins

j’aime lire cette poésie triste

 

elle vient me rappeler

que j’ai été triste autrefois

je l’ai été longtemps

tellement longtemps

que cette tristesse

était devenue

mon état ordinaire

 

mais la tristesse s’est enfuie

sans que je comprenne pourquoi

je la regrette un peu

j'entretiens sa mémoire

avec la tristesse de Pessoa

vendredi 24 juillet 2026

Revenir


Je veux partir et me trouver,

Je veux revenir en me connaissant,

Comme qui revient chez lui, comme qui recommence à être sociable,

Comme qui est encore aimé dans son ancien village,

Comme qui frôle son enfance morte à chaque pierre du mur,

Et voit s'étendant devant lui la campagne éternelle de jadis

Et la saudade, telle une chanson de maman berçant l'enfant, flotte

Dans cette tragédie que le passé soit du passé


Extrait de « Le passager des heures, Ode sensationniste », Alvaro de Campos


mercredi 1 juillet 2026

Décoloré


 

J’ai retrouvé les poèmes

d’Alvaro de Campos

ils n’étaient pas loin

dans la bibliothèque

la couverture est en partie

décolorée par le soleil


je me souviens nettement

avoir longtemps tourné autour

je le prenais et le feuilletais

à chaque fois que je passais

dans la librairie la Hune

j'hésitais à cause du prix


vingt cinq ans plus tard

je suis bien content

d'avoir fait cette folie

et de l’avoir avec moi