Notre perception du monde extérieur est influencée par nos états intérieurs qui sont eux-mêmes déterminés en partie par les goûts et les opinions en circulation. D'où le caractère changeant de nos comportements. Prenons l’exemple de l'usage des cassettes audio. J’ai longtemps renoncé à les écouter sans pourtant me résoudre à m’en séparer. Et puis un jour, j’ai remis mon nez dans ces petits boitiers et en ai réécouté quelques-uns. Premier constat, leur contenu était gravé dans un coin de ma mémoire pour cause d’écoutes répétées. Quant au son, c’est bien simple : on ne peut pas trouver mieux, surtout si la cassette a été repiquée à partir d’un vinyle qui gratte. Cependant, un vague malaise venait jeter une ombre sur mon plaisir d’écoute : et si cette manière d’écouter la musique était le signe d’une fixation nostalgique sur une technologie frappée d’obsolescence ? J’ai récemment appris qu’on assistait, dans la jeunesse, à un retour des cassettes. Depuis, comme par magie, la gêne a totalement disparu.
