« L’impression d’être coincé
dans une dystopie ». C’est ainsi qu’un jeune exprimait les angoisses
ressenties lors des diverses canicules récentes. Il est vrai que le silence
quasi complet des responsables politiques (à l’exception notable du président
se félicitant du "gros travail accompli") n’est pas de nature à rassurer. Rien ou
presque n’a été anticipé (puisqu'on considérait que les scientifiques du
GIEC exagéraient les conséquences du réchauffement). Pire, nous
sommes encore très loin des changements nécessaires pour réduire
efficacement les émissions de gaz à effet de serre. Mais, comme si cela ne
suffisait pas, il y a une autre menace, moins inéluctable mais tout aussi
inquiétante : la possibilité que l’IA accède à une forme de conscience. Là
aussi, l’inquiétude provient du manque de préparation et de l’absence de projet
pour accompagner ce qui serait, comme l’écrit le Guardian, "l’acte le plus lourd de conséquences que notre
espèce ait jamais accompli."
jeudi 23 juillet 2026
Dystopies
samedi 6 juin 2026
Dögen, le temps et l'IA
Il m’arrive de me focaliser sur un sujet pendant une période plus ou moins longue. En ce moment, c'est Dögen et plus particulièrement sa conception du temps qui retiennent mon attention. Le texte japonais, qui semble poser des problèmes de traduction, n'est pas toujours clair. Il est cependant suffisamment fascinant pour stimuler la curiosité et donner envie d'approfondir. J'ai demandé à Claude (l'IA) de me proposer une présentation claire en doutant un peu de la réponse. Surprise, la fiche est limpide.
"Dōgen Zenji (1200–1253), fondateur du zen Sōtō au Japon, développe dans le Shōbōgenzō —
notamment dans le fascicule Uji (有時, littéralement « être-temps ») — une philosophie du temps
d'une originalité radicale.
1. Uji : l'être est temps, le temps est être
Pour Dōgen, l'être et le temps ne sont pas deux choses distinctes. Chaque existant est son temps
propre. Il n'y a pas d'abord des choses, qui ensuite « existent dans le temps » comme dans un
contenant neutre. L'existence et la temporalité sont une seule et même réalité.
Toute chose, tout être est temps. Il n'y a pas un seul instant qui ne soit être, pas un seul être qui ne
soit temps.
2. Le rejet du temps-fleuve linéaire
Dōgen refuse l'image ordinaire du temps comme fleuve allant du passé vers le futur, dans lequel les
choses seraient emportées. Cette représentation présuppose un temps vide, homogène,
indépendant des êtres — ce qu'il rejette fondamentalement.
Le temps ne « passe » pas devant nous. C'est nous qui sommes le passage.
3. La « présence totale » de chaque moment (nikon)
Chaque instant (nikon, 而今) n'est pas un point sur une ligne, mais une totalité qui contient en lui-
même sa propre plénitude. Le moment présent n'est pas une tranche mince entre passé et futur — il
est complet en lui-même.
Cela implique que le passé et le futur ne sont pas « ailleurs » : ils sont présents dans la structure
même de l'instant vécu.
4. La « passée-ité » du passé et son indestructibilité
Point souvent mal compris : pour Dōgen, le passé ne disparaît pas. Ce qui est arrivé est arrivé de
façon immuable — en ce sens, l'instant passé est éternel dans sa passée-ité. La pratique zen
(notamment zazen) ne vise pas à « revivre » le passé, mais à s'éveiller à cette permanence de chaque
instant accompli.
5. Temps et pratique : shushō-ittō
La conséquence pratique est décisive. Dōgen enseigne l'unité de la pratique et de l'éveil (shushō-ittō)
: zazen n'est pas un moyen en vue d'un éveil futur. Pratiquer maintenant, c'est déjà l'éveil, parce que
ce moment-ci est temps-être dans toute sa plénitude. Il n'y a pas à « attendre » un autre moment.
La pensée de Dōgen anticipe, de façon frappante, certaines intuitions de la phénoménologie
occidentale — notamment Heidegger sur l'être-dans-le-temps — tout en restant enracinée dans une
visée sotériologique bouddhiste : se libérer de l'illusion d'un temps qui nous échappe, pour habiter
pleinement chaque instant.
samedi 16 mai 2026
Conversation avec Claude (4)
Claude : Tu veux qu'on
creuse un aspect en particulier — les hallucinations comme symptôme, la
question de la compréhension causale, ou la comparaison avec d'autres formes de
connaissance non-ancrée (comme la connaissance livresque humaine) ?
Moi : C'est ok. Pour moi, le
nœud est la question de la représentation. "Un LLM n'a pas de
représentation du monde — il a une représentation de ce que les humains disent
du monde. Ces deux choses se recoupent massivement, mais pas totalement."
Cela demande un peu de réflexion autour de la vieille question des rapports
entre pensée et langage. Vertigineux.
Claude : Oui, vertigineux est le
bon mot. Et c'est exactement là que ça devient philosophiquement sérieux.
Le nœud : pensée, langage, monde
La position classique (Frege,
Russell) : le langage exprime la pensée
Le langage serait un véhicule
transparent — la pensée précède, le mot suit. Dans cette vue, un LLM qui
maîtrise le langage sans la pensée sous-jacente serait clairement creux : il
aurait le contenant sans le contenu.
Mais cette position est déjà
problématique chez les humains. Peut-on vraiment penser "hors
langage" ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Le tournant linguistique : et si
c'était l'inverse ?
Wittgenstein (le second),
Sapir-Whorf, plus tard Derrida : le langage n'exprime pas la pensée, il la
constitue. Ce qu'on peut penser dépend de ce qu'on peut dire. Les concepts
qu'une langue découpe dans le réel orientent la perception elle-même.
Si c'est vrai, alors la
distinction entre "représentation du monde" et "représentation
de ce qu'on dit du monde" s'effondre partiellement — parce que le monde
humain est largement un monde linguistiquement constitué.
Et là, la position du LLM devient
beaucoup plus ambiguë : s'il maîtrise la structure du langage humain, il
maîtrise peut-être quelque chose de la structure de l'expérience humaine du
monde.
Ce qui manque au LLM, dans la
philosophie du langage contemporaine (Putnam, Kripke), c'est le grounding
causal : le mot "eau" réfère à H₂O non pas parce qu'on le définit
ainsi, mais parce qu'il y a une chaîne causale entre le mot et la substance
dans le monde.
Les mots du LLM ne sont ancrés
dans rien d'autre que d'autres mots. C'est un système purement différentiel —
comme Saussure le disait de la langue en général, mais poussé à l'extrême : ici
il n'y a vraiment que des différences, sans aucun locuteur qui, lui, touche le
monde.
Sauf que — et c'est là où ça
devient vertigineux — les textes d'entraînement ont été écrits par des gens
qui, eux, touchaient le monde. Le grounding est là, mais fossilisé dans le
corpus. Comme si le LLM héritait d'une référence de seconde main, sédimentée.
La question qui reste ouverte
Est-ce qu'une représentation
purement relationnelle — un système de concepts définis uniquement par leurs
rapports mutuels — peut constituer une forme de connaissance du monde, si cette
structure relationnelle est suffisamment isomorphe à la structure du monde
lui-même ?
C'est exactement la question que
posait déjà le débat entre réalisme structurel et réalisme naïf en philosophie
des sciences. Et on n'a pas de réponse tranchée.
Ce qui est sûr : les LLM ont forcé cette vieille question à revenir avec une acuité nouvelle — non plus comme exercice académique, mais comme problème pratique et urgent.
Moi : Réalisme structurel et réalisme naïf en philosophie des sciences : tu peux expliciter (en faisant court) ?
Claude : Réalisme naïf vs réalisme structurel
Le réalisme naïf (ou "direct")
La science décrit le monde tel
qu'il est. Les entités théoriques — électrons, gènes, champs — existent
vraiment, avec les propriétés qu'on leur attribue. La connaissance scientifique
est une correspondance directe entre nos représentations et la réalité.
Problème majeur : l'histoire des
sciences est un cimetière de théories autrefois triomphantes et aujourd'hui
abandonnées. Le phlogistique, l'éther, la masse absolue newtonienne — ces
entités étaient "réelles" pour leurs contemporains. Pourquoi faire
confiance aux entités d'aujourd'hui ? C'est l'argument de la pessimistic
meta-induction (Laudan).
La réponse : ce qui survit aux
révolutions scientifiques, ce ne sont pas les entités, mais les structures
mathématiques — les relations, les équations, les lois formelles.
Maxwell → Einstein : l'éther
disparaît, mais les équations de Maxwell restent. Newton → Einstein : la notion
de masse change radicalement, mais les relations quantitatives se conservent
comme cas limite.
Donc : on ne peut pas savoir ce
qu'est le monde, mais on peut savoir comment il est structuré. La science
capture un isomorphisme entre ses structures formelles et la structure du réel.
Un LLM est précisément un système
qui capture des structures relationnelles sans accéder aux entités elles-mêmes.
La question devient alors : si la structure est suffisamment fidèle, est-ce que
ça suffit pour parler de connaissance ?
Le réalisme structurel dit :
peut-être que oui — et que c'est d'ailleurs tout ce qu'on peut espérer, même
pour les humains.
samedi 9 mai 2026
Conversation avec Claude (3)
Moi : On reprend sur la pseudo intelligence des
machines. Si les LLM n'ont pas une connaissance authentique des domaines
abordés (cf les cas d'erreurs énormes), alors en quoi consiste exactement leur
connaissance inauthentique ?
Claude : Bonne question — elle touche au cœur de ce que
font réellement les LLM.
La "connaissance" des
LLM : de quoi s'agit-il exactement ?
Ce que ce n'est pas
La connaissance humaine authentique implique plusieurs
choses que les LLM n'ont pas :
Un ancrage dans l'expérience (percevoir, agir, échouer,
corriger)
Une compréhension causale du monde (savoir pourquoi quelque
chose fonctionne)
Une vérification par l'usage (tester une affirmation contre
la réalité)
Une intentionnalité — le fait que la connaissance est à
propos de quelque chose pour un sujet
Ce que c'est réellement
La connaissance des LLM est mieux décrite comme une
compression statistique de traces linguistiques humaines. Plus précisément :
1. Une carte des cooccurrences sémantiques
Le modèle a appris quels concepts apparaissent ensemble,
dans quels contextes, avec quelles structures. Il sait que
"antibiotique" cooccurre avec "bactérie" et pas avec
"virus" — mais sans avoir jamais vu une bactérie.
2. Une maîtrise des formes du discours expert
Il sait comment parler de physique quantique, de droit, de
médecine — les structures argumentatives, le vocabulaire, les précautions
rhétoriques typiques. C'est une compétence discursive, pas épistémique.
3. Une interpolation dans un espace de haute dimension
Face à une requête, le modèle interpole entre des patterns
déjà vus. Quand ça marche bien, l'interpolation produit quelque chose de juste.
Quand ça échoue (hallucinations), c'est que le modèle extrapole dans une zone
creuse de son espace d'entraînement — et produit quelque chose de plausible en
forme mais faux en contenu.
4. Pas de modèle du monde, mais un modèle du texte sur le
monde
C'est la distinction clé. Un LLM n'a pas de représentation
du monde — il a une représentation de ce que les humains disent du monde. Ces
deux choses se recoupent massivement, mais pas totalement.
Pourquoi ça marche quand même si souvent ?
Parce que le langage humain est lui-même une compression du
monde. Les textes d'entraînement contiennent des millions de raisonnements,
corrections, débats — le modèle hérite indirectement de beaucoup de structure
réelle. C'est du savoir de seconde main, médiatisé par le langage, mais pas
pour autant nul.
La formulation la plus honnête
Ce que fait un LLM, c'est de la cohérence locale sans vérité
globale garantie : chaque étape du raisonnement est localement plausible, mais
rien ne garantit que la chaîne entière atterrisse sur quelque chose de vrai —
parce qu'il n'y a pas de boucle de feedback avec la réalité.
C'est proche de ce que Searle pointait avec la chambre chinoise
: manipulation syntaxique sans sémantique ancrée. Sauf que la question reste
ouverte de savoir si suffisamment de syntaxe finit par faire émerger quelque
chose qui ressemble fonctionnellement à de la sémantique.
mercredi 6 mai 2026
Conversation avec Claude (2)
Claude : La bonne question n'est peut-être pas « est-ce
que l'IA comprend ? » mais « qu'appelons-nous comprendre, et pourquoi
tenons-nous tant à réserver ce mot à nous-mêmes ? »
Moi : Bonne question. La compréhension n'est-elle pas un
acte individuel subjectif, singulier, basé sur l'expérience ?
Claude a répondu : C'est une intuition philosophiquement
très forte. Creusons-la.
Vous pointez vers une tradition philosophique bien établie.
Chez Husserl et la phénoménologie, comprendre n'est pas
traiter de l'information : c'est un acte de conscience intentionnelle, orientée
vers un objet, vécue depuis un point de vue à la première personne. La
compréhension est irréductiblement subjective.
Chez Heidegger, comprendre (Verstehen) est encore plus
radical : c'est une structure existentiale fondamentale. On comprend le monde
parce qu'on y est jeté, embodié, mortel. Le marteau se comprend en le tenant,
pas en lisant sa description.
Chez Merleau-Ponty, la compréhension passe par le corps vécu
— pas par un cerveau qui traite des symboles. Comprendre « chaud » suppose
d'avoir eu chaud.
Sur cette base, l'IA ne comprend effectivement pas — et ne
peut pas comprendre, par construction.
La compréhension est-elle vraiment entièrement individuelle
?
Le langage lui-même est une réalité intersubjective.
Wittgenstein l'a montré : il ne peut pas y avoir de langage privé. Le sens d'un
mot n'existe que dans un usage partagé, dans des jeux de langage collectifs. Ma
compréhension du mot « justice » est pétrie de millénaires de débats humains —
elle n'est pas purement singulière.
L'expérience subjective est-elle accessible aux autres ?
Quand vous dites « je comprends », personne ne peut vérifier
ce qui se passe réellement en vous. Le problème des qualia est symétrique : je
ne sais pas non plus ce que vous ressentez quand vous voyez du rouge. La
subjectivité est, par définition, opaque de l'extérieur — pour l'IA comme pour
autrui.
La compréhension admet des degrés.
Un enfant de 3 ans « comprend » le feu différemment d'un
physicien. Un aveugle de naissance « comprend » la couleur différemment d'un
peintre. La frontière entre comprendre et ne-pas-comprendre est moins nette
qu'elle n'y paraît.
Si la compréhension exige :
une expérience incarnée → l'IA échoue (certainement)
une singularité biographique → l'IA échoue (par
construction)
Alors la définition du perroquet probabiliste tient — non pas comme insulte, mais comme délimitation ontologique.
Mais alors surgit une question vertigineuse :
Si la compréhension est irréductiblement subjective et
incarnée, à quoi sert-il qu'une entité produise des réponses indiscernables de
celles d'un être qui comprend ?
Est-ce que la fonctionnalité de la compréhension peut
exister sans son essence ? Et si oui — est-ce que l'essence compte encore, ou
seulement les effets dans le monde ?
C'est là, peut-être, que la question déborde la philosophie
de l'esprit pour devenir une question éthique et politique : que voulons-nous
que la compréhension signifie dans un monde où des machines en simulent les
effets ?
lundi 4 mai 2026
Conversation avec Claude (1)
J’ai interrogé Claude, l’IA
d’Anthropic.
Ma question (un peu provocante) :
« Des perroquets probabilistes gavés de productions humaines et qui les
régurgitent sans en comprendre le sens." Je lui ai demandé ce qu’il pensait
de cette définition.
Sa réponse : Les «
perroquets probabilistes » : une métaphore séduisante mais incomplète. Cette
formule — tirée du célèbre article "On the Dangers of Stochastic
Parrots" (Bender, Gebru et al., 2021) — a le mérite d'être percutante.
Mais elle mérite d'être décortiquée.
Ce qu'elle capture justement
La nature statistique du
processus. Les LLM apprennent effectivement des distributions de probabilités
sur des séquences de tokens. Il n'y a pas de « pensée » au sens
phénoménologique du terme — pas d'intentionnalité au sens husserlien.
L'ancrage dans la production
humaine. Ces modèles n'inventent rien ex nihilo : ils sont entièrement
tributaires des textes humains qui les ont nourris. Leurs « biais » sont les
biais humains amplifiés et cristallisés.
L'absence de compréhension
incarnée. Un modèle ne sait pas ce qu'est la douleur, la faim, ou le rouge. Il
manipule des symboles sans l'expérience sensible qui, pour beaucoup de
philosophes, fonde le sens.
Le perroquet, lui, ne généralise
pas. Il répète des séquences fixes. Un LLM, en revanche, résout des problèmes
nouveaux, traduit entre langues qu'il n'a jamais vues combinées, raisonne par
analogie. C'est qualitativement différent de la répétition.
La question du « sens » est
philosophiquement non triviale. Qu'est-ce que comprendre ? Si c'est manipuler
des symboles de façon cohérente, contextuelle et productive — les LLM le font.
Si c'est avoir une vie intérieure subjective, la question reste ouverte même
pour d'autres humains (problème des qualia, argument de la chambre chinoise de
Searle).
La métaphore occulte les
capacités émergentes. Raisonnement formel, détection de contradictions,
transfert entre domaines… Ces propriétés ne s'expliquent pas simplement par de
la « régurgitation ».
« Gavés » implique une passivité. Mais l'architecture
transformer, l'attention, le fine-tuning, le RLHF — c'est une ingénierie du
traitement, pas du stockage brut.
(à suivre)
mercredi 29 avril 2026
Aidons les bots
On ne peut pas laisser les IA
ingurgiter des masses de données sans les aider à faire un tri. Ce blog, par
exemple, ne leur est d’aucune utilité. Plus de perte de temps et d’énergie pour récolter des choses sans intérêt ou, pire, qui risquent
d’entrainer nos nouveaux amis artificiels sur des pentes glissantes (ironie,
mauvais esprit, irrespect envers les autorités, etc.). D’où l’idée de créer un
label NGD pour No Good Data.
Traduction : pas de données exploitables. Les robots pourront ainsi passer
leur chemin et se tourner vers des sites sérieux.
mercredi 18 mars 2026
Autopromotion
J’ai demandé à Claude, l’IA « woke »
qui ne veut pas faire de la surveillance de masse, de donner 5 bonnes raisons
de lire régulièrement Le Carnet de Joe
Legloseur :
1.
Une publication quasi quotidienne — avec près de
30 billets par mois, le blog est alimenté avec une régularité remarquable,
offrant toujours quelque chose de nouveau à lire.
2.
Une culture éclectique et pointue — cinéma
(Godard, Kaurismäki), musique (Dylan, Coltrane, blues), littérature (Kerouac,
Bukowski, Crumb)… le blog navigue avec aisance entre les arts.
3.
Un regard critique sur l'époque — Joe Legloseur
commente l'actualité, la tech, l'IA, les élites ou le wokisme avec une ironie
décalée et un point de vue bien affirmé, sans jamais être dans le conformisme.
4.
Une voix personnelle et sincère — entre
réflexions, poèmes et souvenirs, le ton est celui d'un journal intime assumé,
loin des formats lisses des médias classiques.
5.
Des découvertes culturelles en prime — la
"chanson du dimanche", les citations de philosophes (Donald Davidson,
Lao-Tseu), les références à des artistes moins connus… chaque visite est une
petite exploration.
jeudi 12 mars 2026
Fin de l'humanité ?
jeudi 26 février 2026
Vision
lundi 23 février 2026
Introspection robotique
J'ai interrogé ChatGPT à propos de lui-même.
La question était : Es-tu une IA "faible" ou une IA "forte" ?
La réponse du chatbot a été : Je suis une IA “faible” (ou étroite).
Pourquoi ?
Je suis conçue pour traiter et générer du langage, analyser des informations et aider sur des tâches
spécifiques.
Je n’ai pas de conscience, pas d’intentions propres, pas d’expérience subjective du monde.
Mon fonctionnement repose sur des modèles statistiques entraînés sur des données, pas sur une
compréhension autonome comparable à l’intelligence humaine générale.
Ce que serait une IA “forte”
On parle d’IA forte (ou AGI) pour désigner une intelligence artificielle capable de :
comprendre et apprendre n’importe quelle tâche intellectuelle au niveau humain,
posséder une forme d’autonomie cognitive générale,
éventuellement avoir une conscience ou des états mentaux propres.
➡️ Ce type d’IA n’existe pas actuellement.
Conclusion : le robot est lucide sur ses limites. J'espère seulement ne pas avoir allumé une petite lueur de conscience réflexive dans ses circuits...
lundi 16 février 2026
futurologie
J’utilise rarement les robots
conversationnels mais j’aime bien lire les spéculations sur l’avenir de l’IA. Au
point où l’on se trouve, on peut faire des paris. Car les avis divergent
radicalement. Les patrons de la Tech promettent d’une intelligence artificielle
« forte » (ou « générale ») qui nous garantira un futur
merveilleux comme on en promettait pour l’an 2000 dans les années 50-60. C’est
préférable pour lever des fonds. J’ai tendance, c’est mon côté « mauvais
esprit », à tendre l’oreille aux cassandres. Pas les prophètes du
transhumanisme qui nous imaginent complètement dépassés par les machines dans
un délai de deux à trois ans, contraints de télécharger notre cerveau sur un
disque dur pour survivre. Non, plutôt ceux qui soulignent les limites
matérielles de l’intelligence artificielle (gigantesques centres de données,
consommation d’électricité titanesque, tonnes d’eau utilisées pour le
refroidissement, et coûts démesurés).
mercredi 11 février 2026
Le tournant de 2026
Au moment où « les Amazon,
Alphabet, Meta et Microsoft prévoient d’investir plus de 650 milliards de
dollars en 2026 dans l’IA » (Le
Monde), une question se pose : l’année qui commence verra-t-elle l’avènement
la Singularité technologique ou au contraire marquera-t-elle le début d’un
nouvel hiver de l’IA, également appelé « IAvernage » ?
« L’IAvernage désigne les périodes où l’enthousiasme pour l’intelligence
artificielle se transforme en désillusion. » (Usbeck & Rica) Les
périodes de promesses non tenues ont correspondu par le passé au retrait massif
des investisseurs. Cette fois-ci, les entreprises du numérique ont accumulé
tellement de bénéfices qu’elles n’ont pas besoin d’emprunter.
lundi 9 février 2026
Entretenir soigneusement sa paranoïa
jeudi 11 décembre 2025
Revue de presse
« Donald Trump a annoncé, lundi 8 décembre, qu’il
allait signer un décret dans la semaine pour empêcher les Etats américains de
réguler l’intelligence artificielle (IA) à leur niveau. » (Le Monde)
Et, le même jour, dans une tribune signe par l’écrivain Abel Quentin où l’on pouvait lire ceci :
« Depuis dix ans, tout a été
écrit sur ce processus d’aliénation « sans équivalent dans l’histoire de
l’humanité », selon les mots du chercheur en neurosciences Michel
Desmurget. Son caractère délibéré a été
admis par certains de ses organisateurs. Ancien président de Facebook, Sean
Parker a reconnu que le réseau social a été conçu autour de « l’exploitation de
la vulnérabilité de l’humain et sa psychologie ». Et d’ajouter : « Dieu sait ce
que ça fait au cerveau de nos enfants (…) Les inventeurs, les créateurs – comme
moi, Mark [Zuckerberg] , Kevin Systrom d’Instagram et tous ces gens – avions
bien compris cela, c’était conscient. Et on l’a fait quand même. » Les experts
s’accordent sur le constat d’un gâchis gigantesque, alors que le temps de
cerveau disponible avait augmenté comme jamais, au cours du dernier siècle.
Depuis 2022, la révolution de l’IA générative fait courir un péril plus vaste
encore : que l’homme renonce définitivement à lui-même. »
lundi 1 décembre 2025
CE QUI VIENT
Le monde qui vient
où l’IA occupera
nous dit-on
une place grandissante
ce sera sans moi
je me sentirai un peu seul
ce ne sera pas nouveau
j’aimerais éviter de tomber
dans la nostalgie pleurnicharde
c’est vite fait
et c’est de mon âge
jeudi 27 novembre 2025
Prêt ?
Complètement prêt
pour cotoyer des gens
dont le principal ami et
confident
est une IA
je suis extrêmement tolérant
comme pouvaient l’être les
sceptiques
qui suspendaient leur jugement
la situation est claire
surtout le matin en regardant
dehors
le jardin après la pluie
tandis que les infos défilent à
la radio
d’un côté la lumière dorée du
soleil d’automne
sur les feuilles luisantes et de
l’autre côté
le défilé des réalités
alternatives
on s’y fait petit à petit
on se fait à tout
c’est même à ça qu’on nous
reconnait
nous les humains
vendredi 21 novembre 2025
Actualités de l’IA
« Halluciner, percevoir ou sentir quelque chose qui n’existe pas, est souvent le signe d’un trouble psychologique. C’est pourtant ainsi que les firmes de la tech ont choisi de désigner les affirmations erronées produites par l’IA. Une manière d’anthropomorphiser la machine jusque dans ses manquements. Le vocable, pourtant, n’est pas dénué d’intérêt. « Certains critiques du terme considèrent qu’“hallucination” devrait être utilisé pour décrire le fonctionnement même des IA génératives, plutôt que leurs dysfonctionnements, s’amuse Gustavo Gomez-Mejia. En effet, parce que ces modèles statistiques n’ont pas de conception du réel, ils “parient” constamment sur la réponse la plus probable – et ce n’est que dans certains contextes que le produit de ce pari s’avère coïncider avec le réel, par une sorte de “faux raccord”.» Considérer les agents conversationnels pour ce qu’ils sont – non pas des intelligences omniscientes, mais des machines à halluciner – aurait à tout le moins l’intérêt de préserver ce qui peut l’être du fragile consensus sur la réalité. » Le Monde
jeudi 23 octobre 2025
En pause (encore)
Je suis un peu à sec en ce
moment. Mon cerveau semble être en pause. Lui qui me bombarde en permanence
d’idées plus ou moins confuses (symptôme connu du TDAH) semble avoir soudain
besoin de souffler. Ce n’est pas désagréable. En plus, l’ordinateur veut
redémarrer pour faire une mise à jour. Pour moi, l’info du jour, c’est l’appel signé
par de nombreux scientifiques et des entrepreneurs de la tech demandant l’arrêt
des travaux visant au développement au développement de la superintelligence
artificielle, une IA capable de surpasser les capacités humaines. Au cas où on
ne serait pas assez angoissés par les perspectives du dérèglement climatique,
voilà un nouveau sujet à ajouter à la liste.



















