« L’impression d’être coincé
dans une dystopie ». C’est ainsi qu’un jeune exprimait les angoisses
ressenties lors des diverses canicules récentes. Il est vrai que le silence
quasi complet des responsables politiques (à l’exception notable du président
se félicitant du "gros travail accompli") n’est pas de nature à rassurer. Rien ou
presque n’a été anticipé (puisqu'on considérait que les scientifiques du
GIEC exagéraient les conséquences du réchauffement). Pire, nous
sommes encore très loin des changements nécessaires pour réduire
efficacement les émissions de gaz à effet de serre. Mais, comme si cela ne
suffisait pas, il y a une autre menace, moins inéluctable mais tout aussi
inquiétante : la possibilité que l’IA accède à une forme de conscience. Là
aussi, l’inquiétude provient du manque de préparation et de l’absence de projet
pour accompagner ce qui serait, comme l’écrit le Guardian, "l’acte le plus lourd de conséquences que notre
espèce ait jamais accompli."
jeudi 23 juillet 2026
Dystopies
jeudi 23 octobre 2025
En pause (encore)
Je suis un peu à sec en ce
moment. Mon cerveau semble être en pause. Lui qui me bombarde en permanence
d’idées plus ou moins confuses (symptôme connu du TDAH) semble avoir soudain
besoin de souffler. Ce n’est pas désagréable. En plus, l’ordinateur veut
redémarrer pour faire une mise à jour. Pour moi, l’info du jour, c’est l’appel signé
par de nombreux scientifiques et des entrepreneurs de la tech demandant l’arrêt
des travaux visant au développement au développement de la superintelligence
artificielle, une IA capable de surpasser les capacités humaines. Au cas où on
ne serait pas assez angoissés par les perspectives du dérèglement climatique,
voilà un nouveau sujet à ajouter à la liste.
samedi 8 mars 2025
Le monde des séries
Je commence à me lasser de ce cirque. Passés les coups de théâtre des premiers épisodes, depuis le crescendo qui a conduit à « Massacre à la Maison Blanche », la série en cours commence déjà à s’essouffler. On a compris le plot : une sorte de Joe Dalton en plus gros est élu à la tête de l’Amérique ; il a tous les pouvoirs et peut semer le chaos et la destruction dans le monde entier sans rencontrer d’obstacle. Problème : les personnages principaux sont des bourrins tellement caricaturaux et grotesque, tellement givrés qu’ils en deviennent prévisibles dans leurs délires. Cela manque cruellement de subtilité et d’ambigüité.
vendredi 7 février 2025
Dialogue
‒ Bonjour monsieur, c’est pour un
sondage.
‒ A quel sujet, le sondage ?
‒ Le sentiment de submersion
migratoire. Le ressentez-vous un peu, beaucoup, pas du tout ?
‒ La réponse est oui. J’ai de plus
en plus le sentiment d’être submergé.
‒ Merci beaucoup.
‒ Hep ! Attendez ! Je
n’ai pas précisé ce qui provoque en moi ce sentiment de submersion. Et il ne
s’agit pas du tout de la présence de populations exotiques venues d’ailleurs.
‒ Pardon ?
‒ J’ai le sentiment d’être submergé par les politiciens cyniques qui agitent des pulsions malsaines pour arriver au pouvoir, par les révisionnistes qui veulent en finir avec ce qu’ils appellent le politiquement correct qu’ils assimilent au fait de condamner l’extrême droite, par les réactionnaires qui s’affolent dès qu’on touche à la domination masculine, par les adeptes du déni climatiques qui réclament le droit de s’aveugler et de continuer à détruire la planète comme au bon vieux temps, par les admirateurs du nazi le plus riche du monde, par…
‒ Merci beaucoup.
‒ Hep ! Attendez ! Ne partez pas ! Je n’ai
pas fini. Je viens à peine de commencer !
‒ Excusez-nous. Nous devons
interroger d’autres personnes. Bonne journée !



