Le « déploiement
phénoménal » : exemple d’expression qui déclenche chez moi un
état spécial. Modification de la perception, simple illusion ou rêverie d’un
songe-creux ? Difficile à dire. Cette petite secousse de l’esprit ne
s’apparente certainement en rien à ce que Dōgen désigne par le terme
« Eveil » mais, à défaut de grandes illuminations, nous nous
contenterons de ces petites manifestions obtenues par inadvertance.
vendredi 29 mai 2026
songe-creux
lundi 25 mai 2026
Inspiration
mardi 19 mai 2026
Sentimental
jeudi 14 mai 2026
Initiatique
"Pour ceux qui le vécurent, l'apprentissage du rock constitua la plus belle des aventures. En effet, l'achat de disques était un geste sacré, une expérience grisante. Avec l'amour du rock chevillé au corps, on touchait à la transgression et à la condamnation des parents sans s'exposer au vrai danger. On voyageait de Londres à San Francisco sans bouger de chez soi. On vibrait, extatiques, au son d'un musique qui était en train de tout bousculer sur son passage sans avoir à manifester dans la rue."
Cedric Bru
mardi 12 mai 2026
Loin de l'actualité
J’ai décroché de la lecture de la
presse. Je préfère revenir à des intérêts plus futiles et lire, par exemple, Le Mystère Yves Adrien de Cedric Bru.
Yves Adrien, ce nom ne dira probablement rien à un très grand nombre de
personnes. En revanche, il réveillera peut-être de lointains souvenirs chez d’anciens
collégiens du début des années 70 qui lisaient avec passion les articles du
magazine Rock & Folk. Ceux-là
pourront comprendre une fixation assez difficile à justifier de manière
rationnelle.
vendredi 8 mai 2026
Fictions
Cioran, Ecartèlement
lundi 20 avril 2026
Encore une découverte
Il n'y a pas que la guerre dans la vie : il y a aussi la poésie. J’ai découvert Louise Glück très récemment après la lecture d’un article dans le Monde des livres et j’ai eu envie de la lire (ne me demandez pas pourquoi). J'en saurai peut-être un peu plus après l’avoir lue.
PS : j’ai une excuse pour la découverte tardive de cette
poète américaine, prix Nobel de littérature (comme Dylan) : lorsqu’elle
a reçu son prix en 2020 aucun de ses livres n’était encore traduit par ici.
mercredi 8 avril 2026
Perdu et retrouvé
"Lorsque enfin, cessant de raisonner, l'on immobilise son esprit, il y a quelque chose de plus. On éprouve une étrange nostalgie, presque un souvenir de quelque chose que l'on savait jadis, et que l'on a depuis longtemps oublié. Et l'on se demande, en connaissant trop bien la réponse, ce que l'on possède à la place de ce qui est perdu. Vanité, illusion, néant.
vendredi 27 février 2026
L'art du portrait
lundi 9 février 2026
Entretenir soigneusement sa paranoïa
samedi 31 janvier 2026
Une forme de folie
On ne va pas faire les difficiles. Le Tout de Dave Eggers ne peut pas à la fois proposer une critique dévastatrice de l’emprise opérée sur les cerveaux par les géants de la TECH (devenus trumpistes entre temps) et être en plus un grand écrivain. Il y a des longueurs, et pas du tout de style. Le roman se lit quand même agréablement, un peu comme on regarde une bonne série. Les meilleurs passages sont ceux qui ne relèvent presque pas de la science-fiction mais décrivent ce qui est déjà là, comme dans cette lettre qu'une prof de l'université adresse à l'héroïne pour la supplier de quitter cet emploi. Extrait :
"Une étudiante m'a raconte récemment qu'elle avait écrit mille deux cent six messages au cours des dernières vingt-quatre heures. Elle communique quotidiennement avec au moins quarante-neuf personnes. C'est manifestement une forme de folie, de monomanie. Pourtant, ce niveau de contact et de disponibilité est considéré comme une condition préalable pour prendre part à la société."
samedi 24 janvier 2026
Lecture (suite)
Extrait :
"En prévision d'intégrer le Tout, Delaney utilisait AideMoi depuis quelques années. C'était une application relativement basique qui centralisait tous vos pense-bêtes, calendriers, anniversaires, rendez-vous et même vos objectifs alimentaires. Les annonceurs adoraient. Un utilisateur programmait son désir de manger une salade protéinée une fois par jour et ce désir était vendu aux vendeurs de salades protéinées. L'application était d'une simplicité désarmante, elle fonctionnait avec tout le monde et rapportait des milliards au Tout."
Dave Eggers, Le Tout
vendredi 23 janvier 2026
Lecture
Pendant que Crazy Donald fait
le show, les milliardaires de la Tech continuent à œuvrer en toute
discrétion dans le but d’accroitre leur emprise sur les cerveaux et d’influencer
les conduites des utilisateurs. Ils n’agissent pas, comme ils le prétendent, pour améliorer les
conditions de vie de leurs clients mais simplement pour augmenter
leur pouvoir et leur profit en utilisant tous les moyens technologiques disponibles. L’écrivain Dave Eggers a imaginé dans un futur
proche une énorme entreprise née de la concentration de tous les réseaux sociaux et de
la vente en ligne qu'il a intitulée le Tout. L’héroïne du roman est en guerre
contre la domestication numérique des individus. Elle n’accepte pas le renoncement massif à la
liberté qu'elle observe autour d'elle (en France, on parlerait de servitude volontaire). Pour mener sa
mission de sabotage, Delaney, c’est son nom, se fait embaucher avec l'intention de détruire le système de l’intérieur.
J’en suis au début. Elle vient de franchir le premier barrage de l’entretien d’embauche
mais la partie de jeu du chat et de la souris ne fait que commencer.
lundi 12 janvier 2026
Lire Modiano
Au moment de reprendre la lecture d'un roman de Modiano, j'ai comme un coup de mou. La motivation est faible. Mais comme je n'aime pas abandonner un livre en cours, je l'ouvre et à chaque fois, je suis pris sans comprendre comment. Il ne se passe pas grand chose, l'action est limitée ; les dialogues se limitent à des banalités, pas de grandes tirades philosophiques. Le style est plat, transparent, inexistant. Et pourtant, dans cette fadeur apparente, cette neutralité monotone, se cache un écrivain qui maîtrise parfaitement ses effets à la manière d'un hypnotiseur faisant disparaitre les frontières entre veille, sommeil, rêves et souvenirs.
samedi 10 janvier 2026
Les machines et les humains
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| Moebius |
jeudi 8 janvier 2026
Lu
Le dernier livre de notre Philippe Sollers. Je dis « notre » parce qu'il représente l’incarnation de l’esprit français, quelle que soit la définition qu’on veuille lui donner. J’avoue l’avoir peu lu et presque toujours en tant que critique. Publication posthume, La deuxième vie se présente comme un curieux objet littéraire. Julia Kristeva encadre le texte, assez court, d'une préface et d’une explication de texte détaillée. Pourquoi pas. Elle a tout lu et a pris des notes. Que représentait pour l'écrivain cette deuxième vie ? Ce n’est pas clair. La métaphore semble évoquer ce qui se passe après la mort. Le texte fonce à toute allure, encore plus vite que d'habitude ; tout est effleuré, à peine évoqué, en passant. Le cinéma est dénigré. Il doit laisser la place à la télévision qui reçoit un hommage appuyé. On trouve des piques amusantes envers des confrères célèbres et vivants, une célébration du Picasso de 88 ans qui a peint L’étreinte. Au passage, la peinture américaine, autrefois défendue par la revue Tel Quel, est déclarée nulle (« ils ne savent pas dessiner »). La bonne surprise espérée ne s’est pas présentée. Ce n’est pas grave.
mardi 30 décembre 2025
Proximité
Bien que vécues avec un
tempérament différent, j’ai beaucoup de choses en commun avec Cécile Guilbert :
l’amour de la lecture envisagée comme activité magique indispensable à la
survie de l’esprit ; le goût des stupéfiants et surtout, la compagnie des écrivains
qui ont écrit sur leurs expérimentations (Michaux, De Qincey, Baudelaire,
Burroughs) ; l’Inde comme destination radicale dont on ne se remet pas (un seul voyage pour moi) ;
la curiosité pour les pensées orientales. En revanche, je n'ai pas connu cette proximité avec la mort, qui occupe une place
prépondérante dans ces souvenirs. Et je n'ai pas connu à ce jour l'éveil au pied d'un gourou.
samedi 27 décembre 2025
Théorie de l'esprit
samedi 20 décembre 2025
Futurs souvenirs
Ces journées d’hiver, les dernières de l’année 2025, j'y repenserai peut-être un jour avec une forme de nostalgie légère. Des journées grises, faiblement éclairées par un
soleil invisible ; beaucoup d’eau, d’humidité ; de tous côtés, des
informations désolantes. Et pourtant, journées précieuses, « belles journées » de lecture, de songerie et de promenades nocturnes dans la ville illuminée où l'on n'entend pas de bruits de guerre. Je mesure notre chance.
mardi 9 décembre 2025
Sur la religion
"La religion était une imposture qu'il avait démasquée très tôt dans sa vie ; elles lui déplaisaient toutes ; il jugeait leur folklore superstitieux, absurde, infantile : il avait horreur de l'immaturité crasse qui les caractérisait, avec leur vocabulaire infantilisant, leur suffisance morale, et leurs ouailles, ces croyants avides."
Philip Roth, Un homme



















