Ce soir, je n’ai envie de rien
aucun film ne m’attire
et j’ai trop lu aujourd’hui
pourquoi se forcer
à faire quelque chose
quand il est si agréable
de ne rien faire du tout
à part respirer et regarder
G-0C9MFWP390
Ce soir, je n’ai envie de rien
aucun film ne m’attire
et j’ai trop lu aujourd’hui
pourquoi se forcer
à faire quelque chose
quand il est si agréable
de ne rien faire du tout
à part respirer et regarder
Il fait doux. Un soir de novembre
qui ressemble au mois d’avril. Le réchauffement et sa menace plane dans l’air.
Les lumières se reflètent sur l’eau noire de la rivière. Sur les quais, un son
de saxophone dans lequel je crois reconnaitre un air connu. En approchant, la
mélodie jouée à tâtons se précise : il s’agit de Fly Me To The Moon. Le musicien la reprend encore et encore.
J’imagine qu’il a quitté un appartement pour venir travailler son instrument au
bord de l’eau.
Il est 22 :32, comme dit
l’horloge de l’ordinateur. Pas de grandes réflexions sur le cours des choses
pour aujourd’hui. J’ai un projet de chanson avec des rimes en « ic »
comme ironique, flic, y’a un hic, il a un tic, de mystique, fanatique,
climato-sceptique. J’écoute un bootleg de Dr Johns enregistré dans un petit
club en 1978. La musique, la voix de Dr John, le son du groupe :
tout est raccord avec cette soirée un peu moite.
Le soir, avant de plonger dans le
monde des rêves, je lis quelques pages du livre qui se trouve sur la table de
nuit, en ce moment Jacques le Fataliste et
son maître. J’apprécie le dépaysement qui rend les premières approches un
peu difficiles. Puis, à mesure qu’on se familiarise, on se prend à aimer la
liberté débridée de Diderot, son humour irrespectueux, son jeu avec les règles
de narration, la manière dont il s’amuse à déjouer les attentes du lecteur
auquel il s’adresse directement.