Je vais écrire un poème
c’est pour le blog mais quand
même
j’aimerais bien faire quelque chose qui se tienne
uniquement des rimes en
« ème »
telle est la contrainte de ce poème
je ne vois pas de problème
pas besoin d’un théorème
G-0C9MFWP390
Je vais écrire un poème
c’est pour le blog mais quand
même
j’aimerais bien faire quelque chose qui se tienne
uniquement des rimes en
« ème »
telle est la contrainte de ce poème
je ne vois pas de problème
pas besoin d’un théorème
L'art, en général, aime à s'arrêter dans le particulier. L'entendement se hâte dans sa marche rapide, soit qu'il embrasse d'un coup d'œil théorique la multiplicité des détails, les soumette à des points de vue généraux et les absorbe dans ses principes et ses catégories, soit qu'il les subordonne à des fins pratiques déterminées ; de sorte que le particulier et l'individuel n'obtiennent plus leur plein droit. S'arrêter à ce qui, par sa position, n'a qu'une valeur relative, apparaît à l'entendement comme inutile et ennuyeux. Mais pour la conception et la représentation poétiques, chaque partie, chaque moment doit être en soi intéressant et vivant."
Hegel, Esthétique
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| Bill Térébenthine |
— Que t’arrive-t-il, Bill ?
— Rien. Au sens strict du terme.
— Peux-tu développer au sujet de ce
rien ?
— Je n’ai plus de goût à peindre
et à dessiner.
— Ah merde. Et comment tu l’expliques ?
— C’est assez simple. Depuis une
dizaine d’années, mes réalisations consistaient pour l’essentiel en dessins d’observation
et en peintures d’après des photos prises durant des promenades. C’est-à-dire
que je pratiquais un art d’imitation.
— Et ?
— Et il se passe que je ne peux
plus me mettre au travail pour continuer dans cette voie depuis que j’ai lu ce
que disait Hegel de l’imitation envisagée comme le but de l’art.
— Il en disait quoi, Hegel ?
— Pour lui, l’art n’a pas pour
fonction de reproduire du mieux qu’il peut le monde extérieur. Selon ses termes
tels qu’ils ont été rapportés par ceux qui suivaient ses cours, il s’agit d’un
travail superflu. Je vais retrouver le passage. Il parle d’un « jeu
présomptueux, qui reste bien en deçà de la nature ».
— Il y va fort, là. Mais ne
dit-on pas que dans l’Antiquité on admirait l’illusionnisme de Zeuxis dont les raisins
trompaient même les oiseaux ?
— Bien sûr. Hegel en parle. Ecoute
ça. « Au lieu de louer des œuvres d’art parce que des pigeons ou des
singes s’y sont laissés tromper, il faudrait plutôt blâmer ceux qui croient
avoir porté bien haut l’art, alors qu’ils ne savent lui donner comme fin suprême
qu’une fin si médiocre. »
— Je vois pourquoi Hegel a semé
le doute. Et tu vas faire quoi maintenant ?
— Rien. Je gribouille sur des
bouts de papier en attendant de voir ce qui va sortir.
— Veinard. C’est le meilleur
moment.
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| Bill Térébenthine |
Hegel et la spiritualisation de
la matière dans l’art, c’est très bien, mais la réalité c’est que ces dernières
semaines j’ai passé la plus grande partie de mon temps à lire le manuel de la
nouvelle voiture. Les dispositifs de sécurité, le
fonctionnement de la climatisation et de l’écran multimédia, le contrôle de la pression des
pneus et le mode « éco » sont passés au premier plan dans mon esprit.
J’ai l’impression de sauter d’un seul coup dans le siècle en cours après avoir
continué à trainer pendant 25 ans dans le monde du siècle dernier.