J’ai beau fouiller mon âme
je ne trouve aucune trace
de la tristesse exprimée
avec précision
par Álvaro de Campos
vivre ne semble plus faire
souffrir
« comme une position
malcommode »
pourtant tous les matins
j’aime lire cette poésie triste
elle vient me rappeler
que j’ai été triste autrefois
je l’ai été longtemps
tellement longtemps
que cette tristesse
était devenue
mon état ordinaire
mais la tristesse s’est enfuie
sans que je comprenne pourquoi
je la regrette un peu
j'entretiens sa mémoire
avec la tristesse de Pessoa

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