— Maintenant, il va falloir
reparler du Journal de Matthieu Galey.
— Et bien vas-y.
— Ma lecture s’étend sur une
longue période. Le bouquin fait 900 pages et j’en lis une ou deux par
jour (aux toilettes). Jusque-là, c’était une lecture agréable et légère,
le ton est toujours vif et c'est bien écrit. Mais depuis quelques temps, le ton
a changé avec l’annonce d’une maladie incurable (Charcot) et la mise en route
simultanée d’un compte à rebours et d’une dégradation physique. Je pourrais
interrompre là, mais je trouverais ça un peu dégueulasse. Je veux l’accompagner.
— C’est quoi, le
problème ? L’exhibitionnisme ou le voyeurisme ?
— Ni l’un ni l’autre. Galey est
d’une dignité impressionnante. Alors qu’il se décrit boitant, presque aphone,
c’est toujours le même humour froid et distancié pratiqué depuis le début du Journal.
Comme dans ce passage. « Ma santé morale m’épate. Tandis que la mécanique
se déglingue chaque jour un peu plus, pas le moindre toussotement
mystique. » Ou encore lorsqu’il constate qu’il a du mal à refaire une promenade
faite le mois précédent : « Dans cette maladie « à
paliers », j’ai dû descendre un étage. »
— L’humour noir, le vrai.

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