Suivre, même de loin, une fin de
vie, vous fait pleinement ressentir le poids de néant que représente une
existence humaine. « Tout ça pour ça ? », ne peut-on s’empêcher
de penser. Pris d’un vertige métaphysique auquel je ne suis pas accoutumé, j’ai
tendu machinalement la main vers un rayon de la bibliothèque en direction d’un
livre de Cioran, pensant y trouver quelques aphorismes mettant en forme ce vide
qui s’abattait soudain sur moi. Or, je n’ai rien trouvé de semblable. A la
place du sceptique prônant le doute radical, je suis tombé sur une autre
facette, celle du « mystique contrarié » qui écrit : « Plotin
n’a connu que quatre extases ; Ramana Maharshi une seule. Qu’importe le
nombre ! S’il faut plaindre quelqu’un, c’est celui qui n’en a jamais
pressenti aucune, et qui en parle par ouï-dire. » Etonnant, non ?

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