Depuis ce matin, je nettoie les Velux. C’est une entreprise d’une certaine ampleur. Je conseille sérieusement cette activité à tous ceux qui se sentent légèrement plombés par le spectacle en cours. Ce serait dommage de gâcher une belle matinée d'automne et son beau soleil rasant à cause des gesticulations des uns et des autres. Il suffit de changer de lunettes ou de nettoyer des vitres pour réaliser que tout est une question de regard et donc de transparence. Le travail alimentaire de Spinoza consistait à polir des verres destinés à des loupes, des microscopes ou des longues-vues. Je ne sais pas traduire en mots cette sensation de voir plus clairement chaque détail. Nabokov a écrit des choses magnifiques sur le miroitement des choses en décrivant avec précision le moindre détail. A relire, donc.
vendredi 3 octobre 2025
jeudi 2 octobre 2025
mercredi 1 octobre 2025
mardi 30 septembre 2025
Les joies de l’existence dont on aurait tort de se priver
Aujourd’hui : retrouver un livre
dans sa bibliothèque après l’avoir longuement cherché en vain. Au départ, il y avait le
podcast d’un entretien avec Jacques Rancière à propos des Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme de Schiller. Etant
donné le débit accéléré de Rancière, je m’accrochais pour ne pas rater un bout,
ne pas perdre le fil. Cela n’aurait pas dû poser trop de difficultés. Mais une pensée parasite venait
distraire mon attention. J’étais certain d’avoir le livre de Schiller quelque part dans la
bibliothèque et je devais me retenir pour ne pas me lever de mon fauteuil pour
aller vérifier. Dès la fin de l’émission, j’ai bondi pour aller fouiller les rayons. Pas trouvé du côté de la philo, rien non plus du côté des livres sur l’art. J’en venais à penser que
j’avais dû rêver. J’avais envisagé de l’acheter sans passer à l’acte. Comme
souvent dans ce genre de situation, c’est au moment où je me résignais à
abandonner les recherches que l’objet m’est soudain apparu en partie dissimulé
derrière une carte postale reproduisant une œuvre de Jasper Johns.
lundi 29 septembre 2025
Journal de Matthieu Galey (suite)
Journal de Matthieu Galey (suite). Toujours bien écrit, vif,
rarement ennuyeux. Les scènes décrites et les portraits nous transportent dans
un monde dépaysant et politiquement agité au tournant des années 60. Les échos
de la guerre d’Algérie se font entendre. Un soir, au cours d’un dîner
littéraire, les débats virent à l’affrontement
entre invités de gauche et de droite. Conclusion : « Les opinions politiques
des littérateurs sont toujours déraisonnables, plus esthétiques ou morales que
fondées. Pour quel motif logique un écrivain gagne-petit se ferait-il le
champion des possédants ? Poésie pure... »
dimanche 28 septembre 2025
samedi 27 septembre 2025
Cette chose qu'on appelait le style
vendredi 26 septembre 2025
Mauvais karma
Pauvre Retailleau ! Le beau
slogan qu’il avait trouvé pour son parti ; cette idée lumineuse dont il
était, à juste titre, si fier ; toutes ces belles affiches semblent d’un
seul coup annoncer un film comique. »La France des honnêtes gens »,
c’était quand même une belle trouvaille ! Cela avait un délicieux
arrière-goût années 50 du plus bel effet. Les « honnêtes gens »
auraient pu figurer dans les Mythologies de
Barthes entre l’Abbé Pierre et la croisade de Poujade contre les intellectuels.
Mais c’est comme ça. Il y a des gens qui n’ont pas de chance. Quoi qu’ils
entreprennent, ils finissent toujours par avoir l’air ridicule.
jeudi 25 septembre 2025
Vision à Paris
« Mais j'ai vu enfin la femme parisienne de mes rêves dans un bar vide où je buvais un café. Il n'y avait qu'un type de service, assez beau, et entre une jolie Parisienne avec la démarche séduisante de celle qui ne sait pas où aller, les mains dans les poches, qui dit simplement : « Ca va la vie ? » D’anciens amants apparemment.
« Oui. Comme ci-comme
ça » Et elle lui fait ce sourire languide qui vaut bien plus que son corps
nu, un sourire vraiment philosophique, paresseux, amoureux, prêt à tout, même
les après-midi pluvieux, ou sur le quoi bonnet sur la tête, une femme à la
Renoir qui n’a rien d’autre à faire que de venir revoir son ancien amant et le tenter avec des questions sur la
vie. »
Jack Kerouac, Les Anges de la désolation
mercredi 24 septembre 2025
Improvisation pendant l'averse
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| Bill Térébenthine |
La pluie cogne sur le velux du
bureau où je me suis réfugié après le diner. Le son se mêle très bien à la
musique. Je n’ai pas grand-chose à raconter. On peut prendre les choses par
n’importe quel côté, c’est vraiment une période désolante. Quand je pense qu’on
posait au désespéré à la fin des années 70. Pour être punk, il fallait avoir une
bonne dose d’énergie et de rêves. S’il faut parfois toucher le fond pour repartir
dans la bonne direction, alors nous sommes bien lancés. Je vois bien que je me
répète, je n’y peux rien. C’est comme se réveiller d’un mauvais rêve et
constater que la réalité est bien pire. Les historiens du futur (s’il y en a
un) trouveront peut-être une explication à cette gigantesque régression qui
semble bien en être à ses débuts.







