les rares qui sont différents
sont assez vite éliminés
par la police, leur mère, leurs
frères ou d'autres ; par
eux mêmes
ce que vous voyez est tout
ce qui reste
Charles Bukowski
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sont assez vite éliminés
par la police, leur mère, leurs
frères ou d'autres ; par
eux mêmes
ce que vous voyez est tout
ce qui reste
Charles Bukowski
Bien que vécues avec un
tempérament différent, j’ai beaucoup de choses en commun avec Cécile Guilbert :
l’amour de la lecture envisagée comme activité magique indispensable à la
survie de l’esprit ; le goût des stupéfiants et surtout, la compagnie des écrivains
qui ont écrit sur leurs expérimentations (Michaux, De Qincey, Baudelaire,
Burroughs) ; l’Inde comme destination radicale dont on ne se remet pas (un seul voyage pour moi) ;
la curiosité pour les pensées orientales. En revanche, je n'ai pas connu cette proximité avec la mort, qui occupe une place
prépondérante dans ces souvenirs. Et je n'ai pas connu à ce jour l'éveil au pied d'un gourou.
Cécile Guilbert, Feux sacrés
Tu te trouves étrangère même dans ta salle de bains
N’es vraiment nulle part familière autochtone
Souvent te sens bizarre en présence des gens
Où sont-ce eux qui sont strange parce que tu es stranger –
Avec les grenouilles vertes les girafes à trapèzes
Avec les coccinelles et les esperluettes
Les trombones à coulisse les bâtons de bergère
Les clefs à mobylette oubliées dans les ronces
Les tire-bouchons zélés les tapis les balais
Tu peux rester toi-même tu n’as pas de problème
Alien peut-être mais non regardée de travers –
Parce que people are strange when you are a stranger
Et puisqu’on est toujours le martien de quelqu’un
Tu es nantie drôlement avec ta pomme de douche.
Valérie Rouzeau, Sens averses (répétitions)
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| Philip Guston |
Toutes mes excuses aux cathos
tradis, aux amoureux des rituels collectifs, aux habitués des repas en famille,
aux consommateurs compulsifs : Noël est pour moi un jour comme un autre.
Il faut croire qu’ici, c’est Noël tous les jours – sans les excès obligatoires. En revanche,
je respecte le changement d’année, le moment des bilans, des perspectives, des
projets. Je ne rate jamais la lecture de l’horoscope, le tirage du Yi King, les rétrospectives de l'année écoulée. On a beau savoir que le
découpage en tranches annuelles est une convention sans incidence sur le flux
du temps, il est agréable d’avoir l’impression de commencer un cahier
tout neuf avec un nouveau numéro.
L’année 2025 restera dans les
annales comme une des plus contre-cool à ce stade de l’évolution en cours (mais
je ne doute pas qu’on doit pouvoir faire pire). Il existe un remède efficace à
cette mauvaise ambiance qui accompagne la montée en puissance du camp ultraconservateur.
Il s’agit du film « Une bataille après l’autre » que je viens de
voir après tout le monde. Paul Thomas Anderson a adapté le roman de Pynchon en le situant dans l’Amérique
d’aujourd’hui mais il est resté fidèle à l’esprit : un regard désabusé sur
les engagements et les combats perdus de sa génération sans reniement ni concession
envers l’ordre social. C’est un film totalement réussi et qui a le mérite de
rendre heureux.