G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

samedi 20 décembre 2025

Futurs souvenirs


 

Ces journées d’hiver, les dernières de l’année 2025, j'y repenserai peut-être un jour avec une forme de nostalgie légère. Des journées grises, faiblement éclairées par un soleil invisible ; beaucoup d’eau, d’humidité ; de tous côtés, des informations désolantes. Et pourtant, journées précieuses, « belles journées » de lecture, de songerie et de promenades nocturnes dans la ville illuminée où l'on n'entend pas de bruits de guerre. Je mesure notre chance.

vendredi 19 décembre 2025

Un cadeau

 


Il s'agit d'un beau livre d'art

il vient de paraitre 

aux éditions du GFIV

une sorte de best of

sélection réalisée par Bill T.

mêlant dessins et peintures

aquarelles et gouaches

dessins au crayon, à la plume

lavis et crayons de couleur

intérieurs, paysages

beaucoup de scènes de rue

et pour y accéder 

rien de plus simple

il suffit de cliquer 

sur ce lien :

http://bill.terebenthine.free.fr/BOOKS/peintures202425.pdf


jeudi 18 décembre 2025

Guston


Philip Guston, As It Goes 


Guston : "Quand les années 1960 sont arrivées, je me suis senti divisé, schizophrène. La guerre, ce qui arrivait à l'Amérique, la brutalité du monde. Quel genre d'homme étais-je, assis à la maison, lisant des magazines, entrant dans une fureur frustrée à propos de tout, puis allant dans mon atelier pour ajuster un rouge à un bleu ? J'en ai eu assez de toute cette pureté ! Introduire le crime, la guerre et le sexe, la distorsion et la vulgarité dans l'image a été une façon d'ôter au tableau toute dimension décorative - littéralement de le faire sortir de la salle à manger parce que personne ne voudrait boire un jus d'orange dans la même pièce."

Marc Weitzmann, La Part sauvage



 

mercredi 17 décembre 2025

En pensant à Cézanne


Tiens ! Un tableau de Cézanne sur mon calendrier. Ceci ramène un lointain souvenir. Après une soutenance de maîtrise à Paris 8, j’avais rencontré une jeune étudiante venue sur les lieux pour le même motif. Nous étions rentrés ensemble sur Paris centre et avions longuement discuté dans un café. Je ne me souviens plus des sujets abordés mais l’échange avait duré longtemps et l’entente était parfaite. Il faut signaler qu’elle était belle, élégante ; elle travaillait dans un musée en Grèce, je crois. Bref, elle avait la grande classe et je n’en revenais pas d’avoir réussi à la captiver ainsi avec mes propos brillants (rires). Elle commençait à évoquer la journée du lendemain, qu’elle passerait, comme moi, à Paris. Cela passait obligatoirement par une exposition. Il s'en tenait une consacrée à la période « couillarde » de Cézanne. Dans un cri du cœur, j’ai lâché « Je n’aime pas Cézanne ». Elle a sursauté comme si j’avais dit une énormité. Trop tard : d'un seul coup, le charme était rompu. Un rendez-vous a été fixé sans conviction ; comme prévu, elle ne ne s’y est pas rendue. Depuis, j’ai changé. J’apprécie les paysages de la fin et j’aime beaucoup ses aquarelles. Mais il est trop tard pour rattraper le coup.

 


 


mardi 16 décembre 2025

Juste un mauvais moment


Quand j’étais sur Facebook - que j’ai quitté il y a plus d’un an maintenant -, je lisais les textes d’un type très à droite * qui écrivait avec style à propos de ce qu’il avait baptisé l’esthétique « contre-cool ». J’aimais bien ses descriptions du quartier de Trocadéro (où j’ai brièvement habité dans ma jeunesse), les architectures, les grandes avenues désertes sous la pluie comme dans un plan d’un film de Jean-Pierre Melville. Pourquoi je repense à ça ? Très simplement parce que je cherchais un terme pour qualifier l’ambiance qui règne en ce moment et c’est ce terme qui m’est venu à l’esprit. L’époque est complètement, totalement, absolument, contre cool.

* Il s’agissait de Pierre Robin



 

lundi 15 décembre 2025

Ecrire


 

Pas de carnet

encore moins de cahier

comme à l’école

des bouts de papier c’est pratique

pas besoin de bureau

ni de table

on prend un livre

on pose le bout de papier dessus

et c’est parti

cela ne garantit pas

contre les pensées stéréotypées

mais contre elles

il n’y a pas de recette magique

tu peux juste espérer

avoir conservé

un peu de cette chose

qui ne se décide pas

et qui est là ou pas

samedi 13 décembre 2025

Actualités personnelles


 

Ne pas se laisser impressionner par les menaces ; la guerre a toujours été là. J’y pense en écoutant Leonard Cohen qui chantait There is a war au début des années 70. Après la lecture de Un homme de Philip Roth, qui commence dans un cimetière et se termine dans une salle d’opération, après la lecture de ce roman qui m’a laissé KO, je me suis demandé avec quoi j'allais pouvoir enchainer. Tout paraissait si futile. J’ai laissé tomber un essai sur Noël (brillant, mais si léger) ; j'ai remis à plus tard le récit de l'initiation spirituelle de Cécile Guilbert ; finalement, je me suis replié sur le livre de  Marc Weitzmann consacré à... Philip Roth.


vendredi 12 décembre 2025

Playlist


 

— Tant pis. Je n’irai pas aux Etats-Unis. Cela ne sera pas possible.

— C’est quoi le problème ? 

—Mon « historique des médias sociaux ».

— Il contient des mots interdits ? Tu y parles du changement climatique ? De justice sociale ?

— C’est pire. Cet historique est totalement vide. J’ai passé du temps dessus à une époque mais je les ai tous quittés.

— Absent des réseaux sociaux ? C’est suspect.

— Je sais. Mais il y a pire. Il y a ce blog, Le Carnet de Joe Legloseur. Il a été déréférencé par Google.

— C’est leur conception de la liberté d’expression.

— Il faut croire. Le « free speech » est à sens unique. Je pourrais leur montrer ma playlist du moment. A part quelques anglais, il y a surtout des musiciens américains que j’aime beaucoup. Mais je ne sais pas s’ils appartiennent à la culture MAGA.

— J’en doute...

jeudi 11 décembre 2025

Revue de presse


 

« Donald Trump a annoncé, lundi 8 décembre, qu’il allait signer un décret dans la semaine pour empêcher les Etats américains de réguler l’intelligence artificielle (IA) à leur niveau. » (Le Monde)

Et, le même jour, dans une tribune signe par l’écrivain  Abel Quentin où l’on pouvait lire ceci :

« Depuis dix ans, tout a été écrit sur ce processus d’aliénation « sans équivalent dans l’histoire de l’humanité », selon les mots du chercheur en neurosciences Michel Desmurget.  Son caractère délibéré a été admis par certains de ses organisateurs. Ancien président de Facebook, Sean Parker a reconnu que le réseau social a été conçu autour de « l’exploitation de la vulnérabilité de l’humain et sa psychologie ». Et d’ajouter : « Dieu sait ce que ça fait au cerveau de nos enfants (…) Les inventeurs, les créateurs – comme moi, Mark [Zuckerberg] , Kevin Systrom d’Instagram et tous ces gens – avions bien compris cela, c’était conscient. Et on l’a fait quand même. » Les experts s’accordent sur le constat d’un gâchis gigantesque, alors que le temps de cerveau disponible avait augmenté comme jamais, au cours du dernier siècle. Depuis 2022, la révolution de l’IA générative fait courir un péril plus vaste encore : que l’homme renonce définitivement à lui-même. »