dimanche 11 janvier 2026
samedi 10 janvier 2026
Les machines et les humains
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| Moebius |
vendredi 9 janvier 2026
Que faire des souvenirs ?
A défaut de pouvoir en changer,
on peut varier les approches, la façon de les envisager. Modiano nous montre la
voie. Laisser les choses dans une sorte de brouillard d’où émergent quelques
fragments : un visage, une porte fermée, le nom d’une rue (parisienne de
préférence), un prénom de femme, un imperméable, un café à l’ancienne avec des
cendriers... Les personnages surgissant du passé sont toujours plus ou moins
troubles. Les lacunes de la mémoire génèrent le mystère. Les bribes prêtent aux
interprétations. Laisser le doute planer sur les intentions, les pseudo-coïncidences,
les plans secrets. Bref, faire de ses souvenirs un roman.
jeudi 8 janvier 2026
Lu
Le dernier livre de notre Philippe Sollers. Je dis « notre » parce qu'il représente l’incarnation de l’esprit français, quelle que soit la définition qu’on veuille lui donner. J’avoue l’avoir peu lu et presque toujours en tant que critique. Publication posthume, La deuxième vie se présente comme un curieux objet littéraire. Julia Kristeva encadre le texte, assez court, d'une préface et d’une explication de texte détaillée. Pourquoi pas. Elle a tout lu et a pris des notes. Que représentait pour l'écrivain cette deuxième vie ? Ce n’est pas clair. La métaphore semble évoquer ce qui se passe après la mort. Le texte fonce à toute allure, encore plus vite que d'habitude ; tout est effleuré, à peine évoqué, en passant. Le cinéma est dénigré. Il doit laisser la place à la télévision qui reçoit un hommage appuyé. On trouve des piques amusantes envers des confrères célèbres et vivants, une célébration du Picasso de 88 ans qui a peint L’étreinte. Au passage, la peinture américaine, autrefois défendue par la revue Tel Quel, est déclarée nulle (« ils ne savent pas dessiner »). La bonne surprise espérée ne s’est pas présentée. Ce n’est pas grave.
mercredi 7 janvier 2026
Désir mimétique
mardi 6 janvier 2026
Art dégénéré
lundi 5 janvier 2026
2026
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| Bill Térébenthine |
Le soir du nouvel an
j’ai regardé le dernier épisode de Pluribus
en VO non sous-titrée
je n’ai rien compris
ou peut-être que si
il faudrait que je vérifie
durant la dernière journée
de l’année 2025
j’ai lu quelques poèmes d’Henri Thomas
participé à la fabrication
d’une tarte aux légumes
lorsque je suis monté
dans le bureau
il y avait du soleil
je me suis allongé sur le sol
et j’ai fermé les yeux
j'ai pensé que je le referai
à chaque fois que je pourrai
et ce sera mon yoga
dimanche 4 janvier 2026
jeudi 1 janvier 2026
Break
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| Bill Térébenthine |
reprise dans quelques jours
le temps de digérer
l'année écouler
et de remettre les idées
au clair
(autant qu'il est possible
dans un monde où ceux qui
contrôlent le jeu
font tout ce qui est
en leur pouvoir
pour créer la confusion
à leur avantage)
tenir bon
se tenir résolument
à l'écart
et aller vers plus
de lumière
mercredi 31 décembre 2025
Dur constat
les rares qui sont différents
sont assez vite éliminés
par la police, leur mère, leurs
frères ou d'autres ; par
eux mêmes
ce que vous voyez est tout
ce qui reste
Charles Bukowski
mardi 30 décembre 2025
Proximité
Bien que vécues avec un
tempérament différent, j’ai beaucoup de choses en commun avec Cécile Guilbert :
l’amour de la lecture envisagée comme activité magique indispensable à la
survie de l’esprit ; le goût des stupéfiants et surtout, la compagnie des écrivains
qui ont écrit sur leurs expérimentations (Michaux, De Qincey, Baudelaire,
Burroughs) ; l’Inde comme destination radicale dont on ne se remet pas (un seul voyage pour moi) ;
la curiosité pour les pensées orientales. En revanche, je n'ai pas connu cette proximité avec la mort, qui occupe une place
prépondérante dans ces souvenirs. Et je n'ai pas connu à ce jour l'éveil au pied d'un gourou.
lundi 29 décembre 2025
Un terrain de jeu
"Certains êtres reconnaissent instinctivement, d'emblée, que l'existence est un terrain de jeu aussi merveilleux que dangereux, un champ de "forces spirituelles" où rien n'est futile ni anodin. Mes rencontres, les gens, les conversations, les livres, que vous favorisez ou dénigrez, votre climat mental, l'horizon de vos désirs, l'amour ou le désamour qui vous cernent, la puissance ou l'impuissance qui en résultent : tout est décisif."
Cécile Guilbert, Feux sacrés
dimanche 28 décembre 2025
samedi 27 décembre 2025
Théorie de l'esprit
vendredi 26 décembre 2025
Esprit es-tu là ?
jeudi 25 décembre 2025
Etranges
Tu te trouves étrangère même dans ta salle de bains
N’es vraiment nulle part familière autochtone
Souvent te sens bizarre en présence des gens
Où sont-ce eux qui sont strange parce que tu es stranger –
Avec les grenouilles vertes les girafes à trapèzes
Avec les coccinelles et les esperluettes
Les trombones à coulisse les bâtons de bergère
Les clefs à mobylette oubliées dans les ronces
Les tire-bouchons zélés les tapis les balais
Tu peux rester toi-même tu n’as pas de problème
Alien peut-être mais non regardée de travers –
Parce que people are strange when you are a stranger
Et puisqu’on est toujours le martien de quelqu’un
Tu es nantie drôlement avec ta pomme de douche.
Valérie Rouzeau, Sens averses (répétitions)
mercredi 24 décembre 2025
Rien à signaler
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| Philip Guston |
Toutes mes excuses aux cathos
tradis, aux amoureux des rituels collectifs, aux habitués des repas en famille,
aux consommateurs compulsifs : Noël est pour moi un jour comme un autre.
Il faut croire qu’ici, c’est Noël tous les jours – sans les excès obligatoires. En revanche,
je respecte le changement d’année, le moment des bilans, des perspectives, des
projets. Je ne rate jamais la lecture de l’horoscope, le tirage du Yi King, les rétrospectives de l'année écoulée. On a beau savoir que le
découpage en tranches annuelles est une convention sans incidence sur le flux
du temps, il est agréable d’avoir l’impression de commencer un cahier
tout neuf avec un nouveau numéro.
mardi 23 décembre 2025
Beau film
L’année 2025 restera dans les
annales comme une des plus contre-cool à ce stade de l’évolution en cours (mais
je ne doute pas qu’on doit pouvoir faire pire). Il existe un remède efficace à
cette mauvaise ambiance qui accompagne la montée en puissance du camp ultraconservateur.
Il s’agit du film « Une bataille après l’autre » que je viens de
voir après tout le monde. Paul Thomas Anderson a adapté le roman de Pynchon en le situant dans l’Amérique
d’aujourd’hui mais il est resté fidèle à l’esprit : un regard désabusé sur
les engagements et les combats perdus de sa génération sans reniement ni concession
envers l’ordre social. C’est un film totalement réussi et qui a le mérite de
rendre heureux.
lundi 22 décembre 2025
Cet incessant tumulte















