vendredi 6 février 2026
Dylan 1970
jeudi 5 février 2026
TOUT DOIT DISPARAITRE
mercredi 4 février 2026
Surnager
"Ne sachant pas gagner, que faire d'autre pour ne pas rester au fond de la cuve ? Il fallait une ceinture de sauvetage pour surnager. La poésie ! Il fallait en exploiter les moyens sans glisser dans le honteux travers d'étaler sans pudeur ses plus intimes sentiments, sans exhiber ses plaies, ni trop habilement vouloir tirer parti de ses faiblesses. Il fallait se sauver, non ses perdre."
Pierre Reverdy
mardi 3 février 2026
Business as usual
Plus j’avance dans le roman de
Dave Eggers et plus je me dis que cette
description bien documentée du management en vigueur dans les entreprises de la Tech
doit être aujourd’hui dépassée. En effet, ce qui est montré ici sous une forme caricaturale et avec un humour
corrosif relève d’un climat bien-pensant dégoulinant d'altruisme où règne la tyrannie des bons
sentiments affichés, de l’inclusion, du souci de l’environnement poussé jusqu’à
l’absurde et de la hantise de l’empreinte carbone. C'est-à-dire l'exact contraire de l’idéologie
défendue par président auquel les patrons ont prêté allégeance sans vergogne. A ce jour, on ne note aucun état d'âme en provenance de la Silicone Valley.
lundi 2 février 2026
Libération
— Je me trompe peut-être mais
j’ai l’impression que le fait de gâcher son temps à scroller sur les réseaux
dits sociaux est en train de perdre de son prestige.
— Ce n’est plus aussi cool, mais
comme il s’agit d’une addiction il en faudrait plus pour arriver à un
décrochage massif.
— Je crois que plus on expliquera
aux jeunes gens l’origine du scroll infini qui a remplacé le clic vers le
milieu des années 2000, qu’on parlera de ces types cyniques qui sont à
l’origine de ces techniques de captation de l’attention et plus il sera
difficile de tomber aveuglément dans le panneau.
— Toujours aussi naïf...
— J'habite J'habite très loin d’un
lycée et le spectacle de ces adolescents transformés en zombies, esclave des algorithmes,
qui ne voient rien autour d’eux, est pénible. J’attends l’arrivée d’une
nouvelle génération qui se libère de cette aliénation.
— Et ils jetteront tous leurs
smartphone sur le sol avant de le piétiner.
— Ce sera un grand pas pour l’humanité.
dimanche 1 février 2026
samedi 31 janvier 2026
Une forme de folie
On ne va pas faire les difficiles. Le Tout de Dave Eggers ne peut pas à la fois proposer une critique dévastatrice de l’emprise opérée sur les cerveaux par les géants de la TECH (devenus trumpistes entre temps) et être en plus un grand écrivain. Il y a des longueurs, et pas du tout de style. Le roman se lit quand même agréablement, un peu comme on regarde une bonne série. Les meilleurs passages sont ceux qui ne relèvent presque pas de la science-fiction mais décrivent ce qui est déjà là, comme dans cette lettre qu'une prof de l'université adresse à l'héroïne pour la supplier de quitter cet emploi. Extrait :
"Une étudiante m'a raconte récemment qu'elle avait écrit mille deux cent six messages au cours des dernières vingt-quatre heures. Elle communique quotidiennement avec au moins quarante-neuf personnes. C'est manifestement une forme de folie, de monomanie. Pourtant, ce niveau de contact et de disponibilité est considéré comme une condition préalable pour prendre part à la société."
vendredi 30 janvier 2026
Concentration
![]() |
| Bill Térébenthine |
Ma première girl friend
doit avoir soixante-dix ans
maintenant
il est temps d’aller directement
à l’essentiel
pour lequel je n’ai pas de nom
je sais par expérience
qu’il ne s’agit pas d’une
invention
il s’agit au contraire
de la seule chose vraie
celle qui demeure intacte
tout le reste se dissipe en fumée
comme si rien n’avait existé
au-delà des conventions
rien n’avait d’importance
sauf cette sensation
jeudi 29 janvier 2026
L'art du portrait
![]() |
| Félix Fénéon (1861-1944) |
"Réfugié dans sa misanthropie submersible, tel le capitaine Nemo, l'œil collé au hublot des profondeurs, il contemple, incrédule, ces drôles de poissons blancs que l'on nomme homo sapiens. Il se plait à rouler les officiels et leurs officines dans un gluant mépris, préfigurant Arthur Cravan, Jacques Vaché et, surtout, Marcel Duchamp, clown spectral.
Grand, svelte, plutôt sec, le nez assez fort dans un long visage osseux, vêtu avec une élégance british, il porte à l'extrémité du menton un pinceau de poils assez longs qui lui assure d'indéniables succès féminins."
Patrice Delbourg, Les désemparés : 53 portraits d'écrivains
mercredi 28 janvier 2026
Un rêve qui finit bien
Ce matin
j’ai ouvert les yeux
en pensant à Apollinaire
et au climat mélancolique
des fois dernières
les rêves sont souvent
interrompus
celui-là ne l’était pas
il s’attardait sur la dernière
scène
en un long plan séquence
dans une ambiance fin de vacances
une jeune fille se baignait nue
un gars aux yeux tristes
parlait avec elle
je crois qu’il avait compris
que c’était moi qu’elle avait
choisi








