L’année 2025 restera dans les
annales comme une des plus contre-cool à ce stade de l’évolution en cours (mais
je ne doute pas qu’on doit pouvoir faire pire). Il existe un remède efficace à
cette mauvaise ambiance qui accompagne la montée en puissance du camp ultraconservateur.
Il s’agit du film « Une bataille après l’autre » que je viens de
voir après tout le monde. Paul Thomas Anderson a adapté le roman de Pynchon en le situant dans l’Amérique
d’aujourd’hui mais il est resté fidèle à l’esprit : un regard désabusé sur
les engagements et les combats perdus de sa génération sans reniement ni concession
envers l’ordre social. C’est un film totalement réussi et qui a le mérite de
rendre heureux.
mardi 23 décembre 2025
Beau film
lundi 22 décembre 2025
Cet incessant tumulte
dimanche 21 décembre 2025
samedi 20 décembre 2025
Futurs souvenirs
Ces journées d’hiver, les dernières de l’année 2025, j'y repenserai peut-être un jour avec une forme de nostalgie légère. Des journées grises, faiblement éclairées par un
soleil invisible ; beaucoup d’eau, d’humidité ; de tous côtés, des
informations désolantes. Et pourtant, journées précieuses, « belles journées » de lecture, de songerie et de promenades nocturnes dans la ville illuminée où l'on n'entend pas de bruits de guerre. Je mesure notre chance.
vendredi 19 décembre 2025
Un cadeau
il vient de paraitre
aux éditions du GFIV
une sorte de best of
sélection réalisée par Bill T.
mêlant dessins et peintures
aquarelles et gouaches
dessins au crayon, à la plume
lavis et crayons de couleur
intérieurs, paysages
beaucoup de scènes de rue
et pour y accéder
rien de plus simple
il suffit de cliquer
sur ce lien :
http://bill.terebenthine.free.fr/BOOKS/peintures202425.pdf
jeudi 18 décembre 2025
Guston
![]() |
| Philip Guston, As It Goes |
Guston : "Quand les années 1960 sont arrivées, je me suis senti divisé, schizophrène. La guerre, ce qui arrivait à l'Amérique, la brutalité du monde. Quel genre d'homme étais-je, assis à la maison, lisant des magazines, entrant dans une fureur frustrée à propos de tout, puis allant dans mon atelier pour ajuster un rouge à un bleu ? J'en ai eu assez de toute cette pureté ! Introduire le crime, la guerre et le sexe, la distorsion et la vulgarité dans l'image a été une façon d'ôter au tableau toute dimension décorative - littéralement de le faire sortir de la salle à manger parce que personne ne voudrait boire un jus d'orange dans la même pièce."
Marc Weitzmann, La Part sauvage
mercredi 17 décembre 2025
En pensant à Cézanne
Tiens ! Un tableau de Cézanne sur
mon calendrier. Ceci ramène un lointain souvenir. Après une soutenance de
maîtrise à Paris 8, j’avais rencontré une jeune étudiante venue sur les lieux
pour le même motif. Nous étions rentrés ensemble sur Paris centre et avions
longuement discuté dans un café. Je ne me souviens plus des sujets abordés mais
l’échange avait duré longtemps et l’entente était parfaite. Il faut signaler
qu’elle était belle, élégante ; elle travaillait dans un musée en Grèce,
je crois. Bref, elle avait la grande classe et je n’en revenais pas d’avoir
réussi à la captiver ainsi avec mes propos brillants (rires). Elle commençait à
évoquer la journée du lendemain, qu’elle passerait, comme moi, à Paris. Cela
passait obligatoirement par une exposition. Il s'en tenait une consacrée à la période « couillarde » de Cézanne. Dans un cri du cœur,
j’ai lâché « Je n’aime pas Cézanne ». Elle a sursauté comme si j’avais
dit une énormité. Trop tard : d'un seul coup, le charme était rompu. Un rendez-vous a été
fixé sans conviction ; comme prévu, elle ne ne s’y est pas rendue. Depuis, j’ai changé. J’apprécie
les paysages de la fin et j’aime beaucoup ses aquarelles. Mais il est trop tard pour rattraper
le coup.
mardi 16 décembre 2025
Juste un mauvais moment
Quand j’étais sur Facebook - que j’ai quitté il y a plus d’un an maintenant -, je lisais les textes d’un type très à droite * qui écrivait avec style à propos de ce qu’il avait baptisé l’esthétique « contre-cool ». J’aimais bien ses descriptions du quartier de Trocadéro (où j’ai brièvement habité dans ma jeunesse), les architectures, les grandes avenues désertes sous la pluie comme dans un plan d’un film de Jean-Pierre Melville. Pourquoi je repense à ça ? Très simplement parce que je cherchais un terme pour qualifier l’ambiance qui règne en ce moment et c’est ce terme qui m’est venu à l’esprit. L’époque est complètement, totalement, absolument, contre cool.
* Il s’agissait de Pierre Robin
lundi 15 décembre 2025
Ecrire
Pas de carnet
encore moins de cahier
comme à l’école
des bouts de papier c’est
pratique
pas besoin de bureau
ni de table
on prend un livre
on pose le bout de papier dessus
et c’est parti
cela ne garantit pas
contre les pensées stéréotypées
mais contre elles
il n’y a pas de recette magique
tu peux juste espérer
avoir conservé
un peu de cette chose
qui ne se décide pas
et qui est là ou pas







