G-0C9MFWP390 Le Carnet de Joe Legloseur

samedi 13 décembre 2025

Actualités personnelles


 

Ne pas se laisser impressionner par les menaces ; la guerre a toujours été là. J’y pense en écoutant Leonard Cohen qui chantait There is a war au début des années 70. Après la lecture de Un homme de Philip Roth, qui commence dans un cimetière et se termine dans une salle d’opération, après la lecture de ce roman qui m’a laissé KO, je me suis demandé avec quoi j'allais pouvoir enchainer. Tout paraissait si futile. J’ai laissé tomber un essai sur Noël (brillant, mais si léger) ; j'ai remis à plus tard le récit de l'initiation spirituelle de Cécile Guilbert ; finalement, je me suis replié sur le livre de  Marc Weitzmann consacré à... Philip Roth.


vendredi 12 décembre 2025

Playlist


 

— Tant pis. Je n’irai pas aux Etats-Unis. Cela ne sera pas possible.

— C’est quoi le problème ? 

—Mon « historique des médias sociaux ».

— Il contient des mots interdits ? Tu y parles du changement climatique ? De justice sociale ?

— C’est pire. Cet historique est totalement vide. J’ai passé du temps dessus à une époque mais je les ai tous quittés.

— Absent des réseaux sociaux ? C’est suspect.

— Je sais. Mais il y a pire. Il y a ce blog, Le Carnet de Joe Legloseur. Il a été déréférencé par Google.

— C’est leur conception de la liberté d’expression.

— Il faut croire. Le « free speech » est à sens unique. Je pourrais leur montrer ma playlist du moment. A part quelques anglais, il y a surtout des musiciens américains que j’aime beaucoup. Mais je ne sais pas s’ils appartiennent à la culture MAGA.

— J’en doute...

jeudi 11 décembre 2025

Revue de presse


 

« Donald Trump a annoncé, lundi 8 décembre, qu’il allait signer un décret dans la semaine pour empêcher les Etats américains de réguler l’intelligence artificielle (IA) à leur niveau. » (Le Monde)

Et, le même jour, dans une tribune signe par l’écrivain  Abel Quentin où l’on pouvait lire ceci :

« Depuis dix ans, tout a été écrit sur ce processus d’aliénation « sans équivalent dans l’histoire de l’humanité », selon les mots du chercheur en neurosciences Michel Desmurget.  Son caractère délibéré a été admis par certains de ses organisateurs. Ancien président de Facebook, Sean Parker a reconnu que le réseau social a été conçu autour de « l’exploitation de la vulnérabilité de l’humain et sa psychologie ». Et d’ajouter : « Dieu sait ce que ça fait au cerveau de nos enfants (…) Les inventeurs, les créateurs – comme moi, Mark [Zuckerberg] , Kevin Systrom d’Instagram et tous ces gens – avions bien compris cela, c’était conscient. Et on l’a fait quand même. » Les experts s’accordent sur le constat d’un gâchis gigantesque, alors que le temps de cerveau disponible avait augmenté comme jamais, au cours du dernier siècle. Depuis 2022, la révolution de l’IA générative fait courir un péril plus vaste encore : que l’homme renonce définitivement à lui-même. »

 

mercredi 10 décembre 2025

Une journée pas pire qu’une autre


 

Levé plus tôt

que d’habitude

livraison d’un colis

annoncée entre 8h et 11h

matinée à attendre

en essayant de s’occuper

mal réveillé

encore du café

message du livreur

qui indique avoir déposé le colis

au point relais

motif : destinataire absent

pas grave

il suffit d’aller le chercher

au Carrefour City

au retour déballage

du nouvel aspirateur

il est très beau

et a l’air moderne

je sens que nous allons

nous entendre

mardi 9 décembre 2025

Sur la religion

 


"La religion était une imposture qu'il avait démasquée très tôt dans sa vie ; elles lui déplaisaient toutes ; il jugeait leur folklore superstitieux, absurde, infantile : il avait horreur de l'immaturité crasse qui les caractérisait, avec leur vocabulaire infantilisant, leur suffisance morale, et leurs ouailles, ces croyants avides." 

Philip Roth, Un homme


lundi 8 décembre 2025

REMARQUABLE


 

Bernard Arnault

paye

proportionnellement

moins d’impôt

sur le revenu

qu’un salarié

au SMIC

 

3 milliards

de dividendes

presque entièrement

défiscalisés


(d'après Gabriel Zucman)

samedi 6 décembre 2025

Académisme cool


 

Lorsque je lis de la poésie contemporaine, je pense souvent à Brautigan. Je me dis que le poète du sucre de pastèque et des retombées de sombrero aurait été très étonné s’il avait su qu’il aurait une grande influence sur de nombreux poètes français de le fin du vingtième et du début du vingt-et-unième siècle. Il n’en avait pas la possibilité et il s’est tiré une balle à cause (entre autre) du manque de reconnaissance que subissait sa poésie dans son pays. Je me dis qu’avant Brautigan, il n’y avait rien de semblable dans la littérature américaine (ce ton ironique et doucement mélancolique, cette fantaisie sans limite, son attention aux détails, etc.). Force est de constater qu’il a donné naissance, ici en France, à un style sympacool convenu et sans surprise, un académisme bien éloigné de l’explosion de créativité qui imprégnait les livres de Brautigan.

 

vendredi 5 décembre 2025

Chapeau !

 

Vous avez peut-être eu l’occasion de voir ou d’entendre un représentant de l’agriculture intensive défendre l’usage du glyphosate citer une étude scientifique qui avait démontré le caractère inoffensif de l’herbicide. Cela en imposait. Hélas, cette étude de 2000 vient d’être vient d’être officiellement désavouée par la revue qui l’avait publiée. Les véritables auteurs de la publication ne seraient pas les signataires mais des cadres de l’entreprise Monsento. On appelle ghostwriting la pratique qui consiste à rémunérer des chercheurs en échange de leur signature pour une étude dont ils ne sont pas les auteurs. Etre payé pour une simple signature, il faut avouer que cela peut être tentant.


jeudi 4 décembre 2025

Brouillage


 

Je reviens de cette annexe que nous appelons l’atelier. Ma mission : repeindre la porte partie intérieure. La contrainte : le faire assez vite avant que le froid arrive (ça caille déjà pas mal et l’endroit n’est pas chauffé). Cette après-midi était consacrée aux préparations, essentiellement gratter l’ancienne peinture qui s’écaillait. Il y a une radio sur place, je l’ai allumée. Il y avait une émission sur les souvenirs d’enfance de Perec. Le son crachotait, il y avait des parasites. J’aime bien lorsque les voix sont en partie brouillées. Il faut compléter, imaginer. Parfois renoncer à comprendre.

J'arrête tout pour regarder l'averse de grêle sur la terrasse.